‹ MélangesChapitre 12 sur 104 · Encyclique Mirari vos · texte numérisé non relu

Encyclique Mirari vos

véritable; qu'il vaudrait mieux, même aujourd'hui, se montrer plus difficile^ et qu'un gouvernement chrétien devrait viser à rétablir l'intégrité du droit chrétien.

Les autres se portaient àl'excèsopposé. L'hypothèseleur semblait si conforme aux besoins actuels, si avantageuse pour la religion dans le temps présent, qu'ils avaient peine à concevoir qu'un régime plus exclusif eût mérité jamais les préférences des catholiques. Sans doute ce régime avait été celui de l'Europe chrétienne au moyen âge. Mais avait-il donc produit de si bons fruits? Et rhistoire de tant d'abus, de tant de conflits, de tant de divisions funestes, aboutissant au grand schisme d'Occident, puis à la grande révolution religieuse du xvi'' siècle, enfin à la Révolution française, ne ^devaitelle pas nous rendre de plus en plus sympathiques au modus Vivendi que le droit moderne a fait prévaloir?

De là à rentrer dans la thèse libérale, il n'y avait qu'un pas, et plus d'un esprit sincère s'y laissait entraîner d'une façon inconsciente.

Léon XIII, est il besoin do le dire? n'approuve pas l'attitude chagrine des détracteurs de l'hypothèse. Mais aussi ceux qui ne voient que cela dans l'Encyclique montrent assez qu'ils ne l'ont pas lue. Léon XIII ne veut pas qu'on dise que, pratiquement, le droit chrétien ne sert de rien. Et c'est à célébrer ses bienfaits qu'il consacre une des plus belles pages de sa Lettre.

Malheureusement ce morceau échappe à l'analyse. Bien qu'assez étendu, il est d'une contexture si serrée qu'en l'abrégeant on le dénature. C'est donc dans le texte même qu'il faut lire cette fière énumération des avantages que procure à la société civile sa fidélité à respecter les droits de la société spirituelle ^

Il y a dans cet éloge de la ce constitution chrétienne des

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