ATTRIBUTS DE DIEU
Quand nous disons de Dieu qu'il est l'être, nous disons tout de lui. Ego sum qui sum ; mais à une condition : c'est que par être nous entendrons non pas l'être indéterminé, ce summum g enus qui se dégage par l'abstraction de la comparaison des différents êtres; mais la réalité concrète en ce qu'elle a de plus absolu et de plus complet.
Il suit de là que tout ce qui est une perfection, une qualification positive de l'être entre dans la notion de l'Etre divin; de telle sorte cependant que l'Etre divin ne soit pas un composé de ces divers éléments, mais
une force simple, indivisible, en laquelle se retrouve équivalemment et surabondamment tout ce qui ailleurs conslitue un degré de perfection et de réalité.
Nous avons coutume d'exprimer cela par un mot, en disant que Dieu est VEtre parfait.
Mais la compréhension de ce terme est tellement vaste que notre pauvre esprit ne la peut saisir : s'en tenir à cette notion de Dieu^, c'est demeurer dans le vrai par rapport à lui, mais c'est rester dans le vague par rapport à nous.
Que faisons-nous alors ? Comme celui qui ne peut embrasser d'un coup d'œil l'étendue d'un vaste horizon le considère par parties^ en y distinguant plusieurs zones, ainsi nous distinguons en Dieu non pas plusieurs parties, mais plusieurs aspects de l'être, que nous nommons ses attributs'^ le mot est bien choisi, parce que nous attribuons à l'être divin diverses propriétés qui ne sont pas en lui à l'état distinct, mais dont il possède l'équivalent dans son indivisible unité.
Les attributs divins sont des propriétés particulières que nous distinguons en Dieu pour préciser et déterminer la notion de son être, et auxquelles répond en lui un équivalent substantiel indivisible.
Grande controverse entre les théologiens sur cette question : les attributs divins sont-ils oui ou non distinctifs de son essence?
Il ne s'agit pas d'une distinction réelle, objective. En aucun être, bien moins encore en Dieu, les attributs, les propriétés ne sont séparables de l'essence-, l'ensemble des propriétés compose l'essence; l'essence est le support commun de toutes les propriétés.
Mais existe-t-il au moins une distinction do raison ? Evidemment oui, autrement en parlant de l'intelligence de
Dieu, de sa justice, etc., nous dirions des mots vides de sens.
Il y a plus : cette distinction de raison a son fondement dans l'objet : il y a réellement dans l'unité de l'être divin de quoi fonder la distinction formelle de ses attributs, parce qu'il y a toute la réalité équivalant, et au delà, à chacune des notions que nous y distinguons.
Mais cette distinction, actuelle dans notre esprit, n'est en Dieu qui virtuelle. Grande controverse à ce sujet entre les thomistes et les scotistes. Ceux-ci la voulaient actuelle. Echantillon de l'importance que les écoles catholiques attribuaient aux questions métaphysiques. C'est par ce zèle jaloux que s'est conservée pure la notion du Dieu personnel.
Concluons avec les thomistes : Dieu n'a pas ses attributs : il est chacun do ses attributs : il est intelligence et vérité, amour et bonté, justice, sagesse, puissance, etc. Et c'est pour cela qu'il n'y a qu'un Dieu.
Classification des attributs divins : suivant qu'ils caractérisent son opération intérieure ou extérieure.
Les premiers se confondent avec ce que nous appellerons la vie de Dieu. Les seconds sont connexes avec l'idée de la création.