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Nature de l'acte créateur

On n'en peut guère parler que pour dire qu'elle nous échappe.

La création ne se constate pas, elle se conclut.

Elle est le seul rapport possible entre deux termes incontestables : le fini et l'infini. Donc il faut l'admettre.

Mais la notion que l'esprit humain s'en fait est des plus obscures; et la difficulté réelle se complique d'une difficulté apparente.

Au fond toute production est mystérieuse, quand même le terme produit n'est pas tiré du néant, mais

1. M. Cousin se défend de nier la création en la disant nécessaire.

d'un germe antérieur et d'une matière préexistante.

Seulement l'habitude d'assister à des productions de ce genre nous fait croire que nous les comprenons.

Et quand on nous parle d'une production ex nihilo, nous sommes déconcerlés.

Au fond il n'est guère plus difficile de concevoir que là où rien n'était quelque chose commence d'être, qu'il est mystérieux de concevoir que là où existait une forme d'être une autre forme apparaisse.

La vraie difficulté est là : comment ce qui n'est pas matière ou forme^ peu importe, peut-il devenir?

Cette difficulté, il ne nous appartient pas de la supprimer.

Elle nous est commune avec tous les penseurs, panthéistes, positivistes, etc.

Et ils ont mauvaise grâce à nous reprocher l'obscurité de notre idée de création ; car la même obscurité se trouve dans leur idée du devenir.

Seulement nous donnons à ce devimir une raison [ d'être, mystérieuse sans doute, mais réelle : la volonté d'une puissance infinie ; et eux, ils maintiennent le devenir sans lui donner de raison d'être ; que dis-je? en niant qu'il y en ait une : c'est substituer l'absurdité à l'obscurité. — Citer M. [lenan,qui explique les transformations de l'universel devenir, par les deux facteurs : le temps et la tendance au progrès.

L'absurdité est si forte qu'après avoir tout soumis à l'influence d'un idéal qui n'est pas réel^ il est obligé d'avouer que cet idéal est absolu et complet en soi. Il a donc un être à soi?

Ainsi la nature de l'acte créateur nous échappe, mais son obscurité ne saurait fonder une objection contre le fait de la création.

DOUZIÈME CONFÉRENCE 28 février.

IL — Principe de l'acte créateur.

C'est la puissance infinie de Dieu.

Les théologiens ont examiné cette question : uni puissance finie peut-elle créer ?

Réponse, Non : parce que d'abord tout ce qui est fin: est créé, il n'y a que l'infini de nécessaire [ut supra] ainsi une puissance finie est une puissance créée; l'éner gie qu'elle aurait pour créer, elle l'aurait reçue de sor créateur; elle ne serait jamais que cause seconde.

Mais du moins, comme cause seconde, une puissance finie peut-elle coopérer à la création?

Non; car entre l'agent tout puissant et son terme oi ne saurait concevoir d'intermédiaire (indiquer, sans ^ insister et sans VéiSihVir, Voccasionnalisme).

Non encore ex analogia ]iout ce qui s'opère dans k monde se réduit à des transformations : il ne se crée point de matière. Aucune substance nouvelle n'apparait dans l'univers, à part les principes pensants, lej âmes; mais si l'âme était créée par la génération corpo relie, l'effet dépasserait la cause K

Ecriture Sainte : In principio creavit Deus cœlum et terrain.

Unus est altissimus Creator omnipotens^.

Ego sum Dominus faciens omnia^ extendens cxlos so-

1. Bon sens : cette production ex nihilo, que tant de philosophes refusent même à 1 'énergie infinie, comment l'attribuer aune énergie bornée qui a si peu de pouvoir même pour modifier?

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