‹ MélangesChapitre 65 sur 104 · II. — Perfection éminente · texte numérisé non relu

II. — Perfection éminente

La perfection de Dieu se rattache également à sa transcendance.

C'est pour expliquer les créatures que nous affirmons

Texistence de Dieu. C'est pour expliquer les qualités des créatures que nous affirmons les perfections de Dieu, en vertu de cet axiome que la cause a du moins l'équivalent de la perfection de l'effet.

Mais nous sommes ici en présence d'une Cause universelle, qui doit suffire à expliquer tout ce qui est, tout ce qui pourrait être ; donc elle doit avoir une équivalence inépuisable, une perfection infinie.

Remarquez que la conséquence ne vaudrait pas, si la Cause universelle était immanente. La perfection réelle de l'effet donnerait la mesure exacte de la perfection de la cause, comme un mouvement donne la mesure de la f force vive transmise du moteur au mobile.

Mais si la Cause est transcendante, elle n'est plus liée au système. Elle le dépasse infiniment. Si le monde était le double ou le décuple de ce qu'il est en force, en grandeur, en beauté, il y aurait exactemen t les mêmes raisons, ni plus ni moins, d'affirmer la Cause première^ et la même Cause première douée des mêmes attributs. Donc sa perfection suffirait, quelle que fût celle de l'effet. Donc elle est sans limites...

m. — En dehors de tout genre.

C'est peut-être l'application la plus saisissante du principe de transcendance. Si Dieu était dans un genre, Il resterait dans la série. On compose les genres en comparant les espèces par ce qu'elles ont de commun et qu'elles possèdent au même titre (l'homme et la bête sont sensibles et végétatifs au même titre). Or^ entre Dieu et la créature... il n'y a rien qui soit possédé en commun au même titre. Car la créature a d'emprunt le peu qu'elle a. Dieu a tout de Lui-même... Le mot même d'être n'a pas le même sens, suivant qu'on l'applique à

COURS DE THÉODIGÉE 203

Dieu ou à la créature. Non est univocum, dit saint Thomas, sed œquivocum.

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