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SECONDE ANNÉE

La nature de Dieu.

Préliminaires sur les procédés logiques de la Théodicée.

[Leçon 1.) — L'année dernière, nous avons terminé la démonstration de l'existence de Dieu par une vue gêné-

raie de l'Etre divin. Conduits par rinduction à affirmer l'exisience d'un Etre transcendant au système cosmique, nous avons dû lui attribuer un mode d'être correspondant à cette notion, et nous avons développé le concept de la transcendance dans ces quatre propositions :

Dieu est acte pur ;

Dieu est perfection éminente ;

Dieu est en dehors de tout genre ;

Dieu est la synthèse vivante de l'idéal et du réel.

C'était là un aperçu synthétique de la nature de Dieu Mais cette vue sommaire ne saurait nous suffire... L besoin rationnel, moral et religieux, qui nous a fai entreprendre la démonstration de l'exisience de Dieu, nous impose une étude p/ws ajyprofotidie de sa nature et de son action.

Tout notre travail de celte année sera un développement analytique de cette proposition établie l'année dernière : Il existe une Cause transcendante de tout ce qui est.

Le procédé analytique^ dont nous avons condamné l'emploi dans la démonstration de lexistence de Bien, s'impose et sera fécond dans la recherche delà nature divine. C'est que /à, le p)oint de départ étant idéal ^ la. conclusion était destituée de vérité réelle; ici au contraire^ lepoint de départ étant une donnée réelle découverte par Vinduciion, les conclusions seront aussi des vérités réelles.

Il y a cependant^ dans cette analyse de la notion de Dieu, un double péril d'erreur.

S'il s'agit de la nature divine, le danger consiste à trop assimiler l'être de Dieu à l'être créé...

A l'égard de l'action divine, le péril est le méme, mais il prend une forme particulière; il consiste à trop assimiler, non plus seulement l'être transcendant à l'être créé quel qu'il soit, mais le mode d'agir de cet être au |

jmode d'agir humain, le seul que nous connaissions par jle dedans. C'est l'anthropomorphisnie.

i Pour bien conduire cette étude, nous devrons d'abord concentrer le plus de lumière possible sur la notion fZ'aséité qui est bien ici la notion-mère^ la vraie caractéristique jjour nous de l'essence de Bien.

L'aséité établissant une opposition primordiale entre l'être divin et l'être créé, nous chercherons dans la comparaison de Tun et de l'autre l'indication des attributs qui conviennent à Dieu, attributs que nous appellerons positifs ou négatifs, suivant que nous en obtiendrons la notion ou en affirmant de Dieu avec suréminence tout le positif qui est dans les êtres, ou en niant de lui toutes les limitations qui sont en eux...

Nous passerons ensuite à V action de Dieu. Nous essaierons d'entrevoir quelque chose de son action interne, sans nous défendre d'emprunter en passant quelques lumières à la théologie. Puis nous étudierons faction extérieure de Dieu dans ses racines et dans le développement de son opération créatrice et conservatrice.

Dans toute cette recherche atialytique, nous resterons rigoureusement philosophes j mais nous bénéficierons en même temps de notre qualité de philosophes chrétiens. Nous demanderons donc au dogme et à la théologie, non pas des preuves — // y aurait là une pétition de principes — mais des confirmations, des éclaircissements, des vérifications parallèles.

La nature de Dieu.

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