‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 122 sur 239 · R. Mowut, duns la Revue numismatique, 1893, pp. 33 a · texte numérisé non relu

R. Mowut, duns la Revue numismatique, 1893, pp. 33 a

M. Mowat, je relève encore une double corne d'or, îixîpa;, une corne simple en or massif, xépa^; une Stéphane d*or; un stéphanos posé sur le tronc de Ptolémée Soter et formé par Tassemblage de 10.000 pièces d*or... Signalons enfin un caducée d'or de 45 coudées ; un foudre d'or de 40 coudées; des aigles d'or de 20 coudées ; une égide d'or ; 3.200 couronnes d'or; une couronne mystique d'or de 80 coudées, ornée de pierreries, celle-là même qui encadrait la porte du temple de Bérénice 1'*, vingt boucliers d'or, etc. »

Jamais aucun pays du monde ne fit étalage de pareilles richesses; c'était véritablement 1 âge de l'or; tout était rutilant d'or et d'argent. L'extraordinaire abondance de ces métaux ayant conduit à en fabriquer des objets de luxe de dimensions colossales, de là à frapper des médaillons d'un module et d'un poids inconnus jusque là il n'y avait qu'un pas. Les Egyptiens de l'époque ptolémaïque, dignes héritiers des constructeurs des Pyramides, ont pensé atteindre l'idéal en donnant des proportions gigantesques à leurs œuvres : ils ne se trompaient pas tout à fait, car il est bien certain que tout ce qui est plus grand que nature, tout ce qui attire les regards par sa masse insolite, frappe notre imagination, nous inspire le respect, l'émotion, parfois même l'admiration, en dépit des défauts qu'une saine analyse peut relever.

C'étaient surtout les mines situées entre la mer Rouffc et le haut Nil, à la hauteur de la seconde cataracte, qui fournissaient en si grande abondance Tor et l'argent répandus à Alexandrie avec tant de profusion. Agatharchide nous donne des renseignements abondants sur l'exploitation des mines qui se trouvaient à dix journées au sud-est d'Kdfou [Apol/ofiopft/is ma^/ui\, Fj'extraction du minerai, les procédés techni([ues du lavage constituaient la besogne pénible de prisonniers, de cotidamnés et d'esclaves qui déversaient ensuite les lingots et la poussière d'or dans le trésor royal.

C'était là, en grande partie, la source des immeaees prodigtilités de la cour des Lagides. Hécatée prétend que ron extrayait annuellement de ces mines d'or pour la somme fabuleuse de 533 333 talents d'argent ^^ c'est-fa-dîre pour plus de trois milliards de drachmes. Ces miùes, l'avidité insatiable des maîtres de TÉgypte les eut vite épuisées, et le monnayage ptolémaïque subit, dès avant l'arrivée des Romains dans la valléç du Nil, le contre-coup de la raréfaction de Tor et de l'argent. Non seulement on ne frappa plus de ces beaux médaillons dont nous avons fait connaître ici les plus grands spécimens, mais après Ptolémée V Epiphane (204-181 av. J.-C), on ne rencontre même plus de pièces d'or dans la suite monétaire des Lagides.

1. Letronne, Œuvres ehohiet, publ. par E. Fagnan, t. II, p. kkO,

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