‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 146 sur 239 · Les monnaies du grand Roi · texte numérisé non relu

Les monnaies du grand Roi

2. Les monnaies des villes grecques tributaires: ){. Les monnaies des dvnastes tributaires;

4. Les monnaies frappées occasionnellement p les satrapes, chefs des armées perses. C'est sur cet dernière catégorie cpie ncjus nous étendrons parlici lieremcnt tc)nt à 1 heure.

Les monnai(»s du grand Roi étaient : en or, dari([iie; en argent, le sicle médique ou drachn pers(\ Il n'v en eut jamais d'autre, depuis Darius I* fils (rilyslaspe. jusqu'à Darius III Codoman (337-33f ladvcrsaire malh('»ureux d'Alexandre.

Si les villes et les dynastcs tributaires, ainsi que quelques satrapes, clans des circonstances déterminées, ont joui des droits monétaires, ils ne monnayèrent que Télectrum, l'argent et le bronze, et c'est un principe universellement reconnu que le grand Roi se réservait exclusivement la frappe de Tor dans toute l'étendue de Tempire. Bien qu'il existe quelques pièces d'or au nom des derniers rois de Salamine et de Citium, de quelques autres dynastes cypriotes et du carien Pixodare, on peut affirmer, comme une vérité démontrée, que le Roi des rois avait seul, dans l'Asie soumise à sa puissance, la prérogative d'émettre la monnaie d'or. Ni les rois de Tyr, de Sidon, de Gebal, d'Aradus, ni les dvnastes ciliciens ou lyciens, ni même, en général, ceux de Cyprc et de Carie, ni enfin les satrapes les plus puissants ou les villes les plus florissantes de l'Asie Mineure soumises à l'autorité du trrand Roi, ne monnavèrent le métal réservé. Les rares d('M*ogations que l'on pourrait citer à cette loi sc^justifient, historiquement, par des circonstances occasionnelles; elles ne sauraient infirmer une règle (|ui a pour fondement, non point le caprice orgueilleux d'un potentat asiatique, mais un grand principe économi([ue V En effet, l'or était Tunique étalon dans l'empire pcMse, où l'électrum et l'argent ne constituaient (|U(* la monnaie d'appoint. Le pouvoir central se réservait donc le monnayage du métal étalon ; la monnaie d'électrum et d'argent, sous ce régime du monométallisme, pouvait sans inconvénient être abandonnée aux villes, aux dynastcs tributaires et

1. Fr. Lf.nouma.nt, La monnaie dans Cantiquité, t. \, pp. 7 et 173.

Sardes, qui fut Tatelier des rois de Lydie, et vraisemblablement aussi le principal centre de la frappe de la darique, n'est distante de Smyrne que de quelques lieues, et c'était peut-être, de toute TAsie, Tatelier monétaire le plus enfoncé dans l'intérieur des terres. L'absence de métal monnayé dans la plupart des provinces de la monarchie perse, quelque singulier que ce fait puisse paraître, avait son reflet direct sur la composition métallique du trésor royal de Suse, fruit des impôts prélevés dans les diverses satrapies de l'empire. Quand Alexandre, victorieux, mit la main sur ce trésor, il le trouva composé de 40.000 talents en lingots bruts, et seulement de 9.000 talents en pièces d'or monnayées.

Ainsi, les monnaies de l'empire perse étaient exclusivement frappées pour les besoins du commerce extérieur avec les Grecs et pour la solde des troupes. Considérées au point de vue de Tautorité qui en ordonnait directement l'émission, elles se partagent en quatre groupes nettement déterminés :

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