HÉROD., IV
2. Waddingtox, Mélanges de numismatique ^ 1861, pp. 3-4. Cf. Fr. Ls^QH* HAUT, La monnaie dans l'antiquitéf U H, p. 6.
en F]gypte qu'en Palestine et en Arabie, étaient les statères d'argent des rois de Tyr et de Sidon, et surtout les tétradraehnies d'Athènes. Durant les v® et IV'' siècles, Athènes ne cessa d'entretenir les relations commerciales les plus actives avec Gaza et avec rKgypte. Le hic d'Kgyple et les produits variés de r Arabie arrivaient au Pirée, et l'argent d'Athènes, les chouettes, se répandaient dans la vallée du Nil et l'Arabie; et cela en dé|)it des révolutions incessantes dont l'Kgypte fut le théâtre. Ces guerres elles-mêmes, dirons-nous, contribuèrent à rendre populaire l'argent athénien dans ces pays orientaux, car les (irecs, les Athéniens surtout, y jouèrent un rôle prépondérant, soit par leur polili(|ue, soit surtout par leurs généraux et leurs troupes de soldats mercenaires enrôlés dans les armées des belligérants. Tantôt nous voyons T Athénien Chabrias organiser, vers 380, l'armée de Xcctanébo et lui an)encr un contingent de mercenaires grecs ^ ; tantôt c'est Iphicrate, qui, en 373, conduit contre l'Kgypte une armée greccjue au service du roi de Perse V Plus tard, enfin, des bataillons recrutés chez les Grecs d'Kuropc ou d'Asie sont conduits en Kgypte ou dans la Syrie du sud par Ghabrias, par Agésilas, par Diophantos d'Athènes, par Lamios de Sparte'. Un corps considérable de soldats grecs était dans l'armée d'Artaxerxès III Ochus (pii rccoii([uil TlOgypte, en IJ^i.'), tandis que le noyau de I armée du roi d'Kgypte, Nectanébo, était formé de vingt mille Grecs.
1. Cf. MjMprro, Ili.%t. une. t/t x peuple» fie C Orient ^ p. T»'»."» ^'i' édil.). lî. (i. Mii««|>«''i-o. op. cit.. p. •'•'•<'>. W. il Maop«'>ro, np. cit., p. <»."»3.
P.'ur p':yf?r ces mercenaires grecs à leur solde. Persc'-e* K^'vj»*ien> avjiienl besoin d'argent moniiavé, et ji înjiiht^renient d un numéraire frappé â des lvpe> :iuXijueU ctaient habitués ces soldats. Les relations coiiHîiercîJiles avec Athènes et l'incorporation de> :!ieri enjires îrrecs dans les armées perses et é*:vpticmif->. tclle> S'»nt les deux causes qui firent attluer l\ir^«nt il Athènes en Orient et qui provoquèrent 1 e!ir.'-^i'»n de monnaies aux types athéniens en l]^'vj»te, t n Pale-^tineetjusqu en Arabie. aL'Egvpte, dit M. Ma>j>ep». avait peu île numéraire : les habitants s en tenaient, dans le> transactions ordinaires de la vie. au >y>tenie d eehange. D'autre part, les mercenaires ;^rer«* ne v. lulaient pa> être payés en nature ou en métaux n'»n mMnnayé>; ils exigeaient des espèces s<»nnantes pi»ur prix de leur sang. Ordre fut donné aux indigeno de verser au trésor lor et l'argent brut ou travaillé quiU p«»urraient avoir, sauf à être reniboursé> graduellement j^ar les nomarques sur le produit des taxe-- iulure> *...
Le< detaiU hi^t«>ri(jues «jui précèdent expliquent 1 àUlnenee. en Kgvpte. dans la Syrie du sud et en Arabie, des telradraehines athéniens d'ancien stvle: il> nous font r<»mprendre ilans (pielles circonstances le^ <liet< ile> armées perse> et égyptiennes frappèrent des nionnaie^tjui ne >'>nt que la e<^pie de ces chouettes atlienieiini's (]ui , depui> longtemps, circulaient dans le pav<.
Tout (I ahoid.Mii >e r«>ntenla d imprimer.sur les pièces d origine at tique, des rontremarques destinées à en
autoriser ofriciellement la rirrulation. C'est ainsi qu'un tétradrachmo athénien traneien style, qui delà collection Fiompois*estentréauCahinetcIes Médailles, porte, en contremarque, un^ araniéen, sur la joued'Athéna. (^)uan(l le numéraire athénien, circulant dans le pays, fut insuffisant pour la solde des troupes, on frappa des monnaies pareilles autant c[ue possible à celles qui venaient d'Athènes. Mais ces pièces de fabrique orientale se distinguent aisément des pièces d'origine attique par leur style tout particulier et par des fautes de gravure. 11 en est sur les([uelles les détails de la coiffure d'Athéna ont été mal compris ou grossièrement reproduits. La légende AGE est plus ou moins altérée et devient, par exem|)lc, AOE. AOE, A03, etc. Les plus caratéristiquesdeces monnaies sont celles sur lesquelles les lettres AGE sont remplacées par des légendes araméennes, de style barbare, dont Tinterprétation a fort intrigué les numismalistes. Sur un certain nombre de ces curieux tétradrachmes, on retrouve le nom de Mazaios, ce fameux satraj)e de (lilicic (|ui, (Ml 351, dirigeait, au nom du roi de Perse, une exp(»(lition contre Tenues, le roi révolté de Sidon. Les uns, frappés dans quelque port palestinien, Ascalon, Azotou Gaza, portent son nom écrit correct(*ment "'HJ'H, comme sur les pièces ciliciennes ou syriennes"'. Sur d'autres, on a la légende HHIH^ (sic)^ dans hujuelle, à mon avis, il ne faut rien voir autre chose f|u'une altération barbare et inconsciente du nom de Mazaios. Je dois toutefois mentionner l'opinion contraire» d(» M. Six, qui voudrait reconnaître ici
1. Collrctioi Ferd. Iiompoi.%. (^alalo^ur tU vente (1882), n* 1107.