‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 194 sur 239 · Six. dans le Kumiêinatie Chronicle, 1890, p · texte numérisé non relu

Six. dans le Kumiêinatie Chronicle, 1890, p

(lojà une quarantaine crannccs, cl si cette j)rincesse avait près de 80 ans en 399, elle a pu naître vers 480. Nous (lirons tout à Theure les raisons qui donnent à ces calculs une {jurande probabilité. Avant d'aller plus loin, et [)our plus de clarté, résumons les faits :

Vers oO.'i-.'iOO, naissance de Gongylos I rErétrien,

l^n Î7(), il est chassé de sa pairie et se réfugie en Asie Mineure, auprès de Xerxcs.

V(Ms ^i7.K Xerxès lui donne une petite principauté coni|)renant (iambriuni, PaUegambriuin, Gryniumet M vrina.

\'(Ms Mh)'M\0, il épouse une jeune princesse nomluvc lli^Uas.

Vers \'2*y (?), Gongylos I TKrétrien meurt ; ses deux (ils, (lorgion et Gongylos 11 le Jeune, se partagent son héritage. Le j)reinier, Gorgion, devient despote de Gainhrium et Pahegambrium ; le second, Gongylos II, devient despote de Myrina et de Grynium.

|]n 'M\), Gorgion règne encore à Gambrium et Pahegainhriuni ; Gongvlos II est également signalé, la menu* aiin('u\ à Mvrina et Grynium.

Va\ 'M\). Ilellas, la veuve de Gongylos I THrélrien est à PcM'gaine, où elle olTre l'hospitalité à Xénophon.

11 n'est pas nécessaire de s'apesantir longuement sur les détails historiques qui précèdent, pour se

r(Mulrc conipti» i\uc la nu)nnaie de notre troisième

grnup(\ celle» ([ui a jmur légende rOPPI, appartient

à (iorgion, despote de Gambrium et Pahvgam-

brium, signalé en 399. Comme nous Tavons dit plus haut, cette pièce a été jusqu'ici attribuée à Gorgippia, ville située probablement à Tembouchure du Bosphore Cimmérien. Il suffit de la comparer avec les autres monnaies de Gorgippia pour constater qu'elle n'a aucun rapport, ni de types ni de style, avec ces dernières ; elle ne ressemble même en rien à toutes les monnaies des autres villes du Bosphore *.

Le mot rOPn nous autorise à l'attribuer à Gorgion, le fils de Gongylos l'Erétrien, et cette induction nous semble entièrement justifiée par les types des monnaies de la ville de Gambrium, d'une époque postérieure, qui ont la même tête d'Apollon. Le Cabinet des médailles possède même un petit bronze qui a, non seulement au droit, la même tête d'Apollon, mais au revers un taureau cornupète, pareil à celui qui figure sur la pièce signée de Gorgion. Notre attribution est donc absolument justifiée.

Les pièces du premier groupe qui portent la légende TEY, initiales de la ville de Tcuthrania, et une tête jeune de dynaste, ne peuvent appartenir qu'à un descendant de Démarate. Mais duquel s'agit-il?

M. Six attribue ces monnaies à Proclès 11, le gendre d'Aristote. P]n faveur de cette attribution, il fait valoir cet argument : que la tête du dynaste est imberbe, et que l'usage de porter la barbe longue ne cesse

1. On rite la monnuie suivante : Této d'Apollon. Pj/L. rOPPI* Arc et mnsBue (yumitmatischtr Zeiisc/trtft, t. II, pi. XI, 1 ; U. Head, Hisl. numor, p. 422). Muis il suffit de voir l'image de cette pièce pour constater qu'elle n'a aucun rapport de ntyle avec celle que noui* donnons à Oorgion. D'ailleuri le mot rOPri parait fruste en partie et il doit être complété en rOPriTT*

nEHN

qu'avec la chute de rempire perse. On peut citer. nicuie en numismatique, des exemples contraires à cette assertion, par exemple, la darique qu'on attribue à Cyrus le Jeune, ainsi que des statères de Cyzique qui portent des portraits d'hommes imberbes.

D'autre part, Proclès II, le gendre d'Aristote, n'est cité qu'après Alexandre, en 322, et il n'est pas vraisemblable qu'à cette époque tardive, il eût pu jouir du droit de battre monnaie. La ville même de Teuthrania était en ce temps-là absorbée par Pergame sa proche voisine, ou du moins bien déchue de l'importance qu'elle avait eue 80 ans auparavant. Enfin, le style des ])ièces ne s'oppose pas à ce qu'on les fasse remonter jusqu'au début du iv® siècle. C'est pourquoi nous les attribuons à Proclès 1", signalé en 399 ; elles sont ainsi contemporaines de celles de Gorgion à Gambrium, et do celles qui ont été frappées à Pergame dans les mêmes circonstances.

11 nous rc^ste désormais à fixer l'attribution des monnaies du second groupe, qui portent le nom de Pergame. Le problème est plus compliqué et il entraîne préalablement quelques recherches sur la situation politique de Pergame, au temps de la retraite des Dix Mille.

Les fouilles de Pergame et leurs admirables résultats arché()logi(|ucs ont provoqué, depuis 1875, des recherches ap})rolondies sur les origines si obscures de cctti* ville (jui lut, un instant, le foyer artistique le plus brillant de l'Asie hellénicjue. Il semble que tout ait été dit et que le sujet soit épuisé. Toutefois, je me suis aperçu que les savants qui l'ont traité ont

émis, sur un point essentiel, des opinions contradictoires ^

Pour M. E. Curtius, Pergame appartenait aux descendants de Démarate *.

M. Thraemer^, et à sa suite M. Six, ne mettent pas en doute que Pergame n'appartînt au contraire aux Gongylides.

Enfin, M. Th. Reinach pense qu'au commencement du iv" siècle, a Pergame ne faisait partie ni de Tapanage des descendants de Gongylos ni de celui des petits-fils de Démarate, mais qu'elle jouissait d'une existence indépendante, quoique étroitement associée aux destinés de ces deux principautés. »

Laquelle de ces trois opinions devons-nous adopter ?

Un fait est certain par la numismatique, et comme il est irréfutable, nous le poserons comme base de nos re<*herches : c'est que la ville de Pergame, vers le temps de la retraite des Dix Mille, était gouvernée par des dynastes tributaires du roi de Perse. I/un d'eux, au moins, frappa monnaie à Pergame, à son effigie. Parconsé([uent, Pergame ne jouissait point, alors, d'une constitution démocratique; elle obéissait à un despote dont nous avons l'effigie monétaire, et qui relevait du grand Koi. Ouel était ce dynaste tributaire des Perses? Une pouvait être (|u un descendant du roi de Lacédémone Démanitc, ou d(* TErétrien Gongylos.

1. Ho«*«*rlmoyer. Die Vrnprhn^ der Stadl Pcr^amon, Tiibing'UP, 1885: Th. Keitiiirh. /r* Orif^infn t/r la l'iltf de Perf»anie, Paris, 18S^i (extrait «le lu Revue hintori'fiie): Thrîiniior. Perff.imot, LiMp/.!^. 1HH8 ; Six, ilaiiH le A'm/mmmaiic Chronicie, \H\Hi, pp. 181* et siiiv.

2. K. <hirtius. Histoire t^n'C'iuc, trad. Boiirhé-Lc(>[eref|, t. IV, p. 170. note 2.

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