Même buste de Ma'nou, à droite
Rev. K ) AT^ 0 J A>i (ND*?D133;D, Mdiwu roi), en deux lignes, dans le champ, comme sur les pièces précédentes.
M. 12 mill. Cabinet de France. PI. III, fig. i3.
i3. Même buste de Ma nou, à droite.
Rev. <.xLT\ fVJLAj\ (KD*?û IJÎJ^Û, Ma mu roi), en deux lignes, dans le champ, comme ci-dessus.
JE. :2 mill. Cabinet de France. PI. III, fig. i3.
Les différences à signaler entre ces quatre monnaies que nous avons choisies comme types, sont les suivantes :
Sur la pièce n"* 10, la tête du roi Ma*nou est nue, comme celle de Wâël, tandis que, sur toutes les autres monnaies, elle est coiffée de la tiare que ne
quitteront plus désormais tous les rois, jusqu'à la chute du royaume d'Édesse. Doit-on conclure de cette particularité que ce Ma nou à tête nue est différent de celui qui porte la tiare ? Dans cette hypothèse, il faudrait faire remonter la monnaie dont il s'agit, au moins jusqu'à Ma nou VII bar Izate (i23 à iSg ap. J.-C). Je n'ose hasarder une pareille conjecture parce que la pièce a, pour le module, la disposition de la légende, la forme des lettres, à tous points de vue en un mot, un aspect identique à celui des monnaies de Ma nou coiffé de la tiare. Elle ne peut donc en être disjointe; elle s'y rattache si étroitement qu'elle se confondrait avec elles sans cette particularité de l'absence de tiare. C'est pourquoi je proposerai de donner cette pièce à Ma nou VIII bar Ma'nou, qui a pu la frapper soit pendant son premier règne, avant l'usurpation de Wâël, soit dans la courte période comprise entre la fuite de Wâël devant les légions romaines en i65, et le traité qui, en 166, mit fin à la guerre en investissant officiellement, de nouveau, Ma'nou VIII, du pouvoir souverain. Bref, il y a place, dans la longue carrière de Ma'nou VIII, pour l'émission de cette pièce, sans que nous soyons obligés de l'attribuer à un prince homonyme.
Au point de vue paléographique, les monnaies de Wâël et de Ma'nou donnent lieu à d'intéressantes remarques. Tantôt l'écriture est cursive, en lettres liées, comme sur les n^ 10, 11 et i3;
xz=,tôz^ les lettres soct détachces, îscdées et plus âzçulc-j-ses, zoznmt dans la légende da n' 12, on tllt-s g::: uc aspect carré, à tel point que Mionnet et W Lasgiois hj^nx^ d aventure, tourné la pièce sers dessus deisoiis. ont cru v reconnaître une It^tziit laxizLt ou grecque i;- D est sing^erde constaier de pareilles di^érences graphiques; elles son: T>lus étocnaL^tes encore sur les rares monnaies de Wâël, puisque ce prince n'a régné que deux ans. Or, sur les pièces de Wâël, nous trouvons des mots doct les lettres sont liées et arrondies, tandis que d'autres mots ont leurs lettres anguleuses et sans ligatures; le nat' a la boucle tantôt en haut, tantôt en bas ; le lamed a parfois la fonne d'un croissant, parfois celle d'une équerre, sur la même pièce. Il était utile de souligner ces particularités en raison de la rareté des monuments épigraphiques en caractères estranghelos, dont on peut chercher à fixer l'époque en se fondant sur la paléographie monétaire.
La lecture Matwii Malika étant certaine, et l'attributioD de ces pièces à Manou VIII étant, elle aussi, à peu près hors de doute, puisque des monnaies d'Abgar contemporain de Commode leur ressemblent et en sont la suite naturelle, nous nous sommes abstenu ici de discuter les attributions plus ou moins singulières et les lectures
il) Mionnet, Suppl., t. VIII, p. 410, n^ 58; V. Lamglou, Numismatique des Arabes avant l'Islamisme^ p. 129 et pi. IV, i«
fantaisistes que d'anciens numismatistes ont données de ces légendes (i).
A moins de supposer, ce qui serait tout à fait invraisemblable, que Ma nou VIII n'a plus frappé monnaie pendant son second règne, après le départ des Romains, il n'y a aucune raison de croire, avec M. R. Duval (2), que toutes les petites pièces de bronze dont nous venons de nous entretenir, ont été émises dans la première partie du règne de Ma'nou VIII, plutôt qu'après sa restauration. Parmi les considérations qui nous portent à admettre qu'elles appartiennent plutôt à la seconde partie du règne qu'à la première, nous ferons surtout valoir celle-ci : que le type monétaire nous donne les traits d'un roi déjà âgé, et que ces petits bronzes ressemblent d'une manière saisissante à des pièces qui ont été frappées, les unes à légende syriaque, les autres à légende grecque, au nom et à l'effigie d'Abgar VIII, contemporain de Commode et de Septime Sévère, dont nous allons parler.