‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 42 sur 239 · I. — l'nnons, par exemple, la monnaie de Ver · texte numérisé non relu

I. — l'nnons, par exemple, la monnaie de Ver

' Kri ii'ij^ î'viM-.iiif à rniiMa::»' tir Millier, les monnaies ilo Tarlliijf .jri.; M. /ii|».'l jiioposL' «]«» ivpiH'iiT ;i 1 Kspa;:iu? soiil l»'s «iii- \:i\i\i-r> : Mrîjl.i, t. II, |i. sT, n'* si «a suiv.. ar;:''nl; p. S*.», n"* li»'.« tl Ih». Il -'•■fit; p. •.«!, li' l-Jfi. aiiîi'ril; p. Oi, n'iiii, lnoiize: p. lui, n" 2h''p -l li'lT. lii iii/f- : p. In.J, ir :Ho, bioiizi^ p. I *•». n** -^ ln«'ii^'* : p. I *••, li- *. ■• vl •». lirons».!*.

mina. On ne saurait plus aujourdhui sériousemcnl conlesler la loclure de celle pièce qui |)orle •T:a"n roScsn. Venniaa roi. Nous ne connaissons, dans Tliisloirc qu'un seul prince qui ait porté le nom de Vermina : c'est le fils de Syphax, roi de la Numidie occidentale ou Massécylie, et l'adversaire de Masinissa.

Le raisonnement de M. Zobel au sujet de cette médaille est dépourvu de toute vraisemblance. J*admots, dit-il en substance*, que la légende punique renferme les éléments du nom de Vermina, VRMND- Mais le prince de ce nom, fds de Syphax, est connu seulement pour avoir fait la guerre à Masinissa sous les ordres de son père, et pour être venu au secours des Komains à la bataille de Cirta où périt Syphax : il ne paraît pas avoir régné. En tout cas, il n'a pas eu assez d'importance pour qu'on puisse lui attribuer les tétradrachmes qui paraissent porter son nom. Son père n'en a point frappé; à l'époque où il vivail, Carlhage n'avait elle-même que de petites pièces d'argent et n'eut pas permis à ce roitelet d'émettre d'aussi belles monnaies. Les légendes phéniciennes enfin accusent une autiquilé plus reculée, et les deux seuls exemplaires connus de ces pièces ont été trouvés en Espagne.

Nous répondrons que le père de Vermina, Syphax, a lui aussi, contrairement i\ l'aflirmation de M. Zobel, des monnaies donl les types sont très étroitement apparentés à ceux di^s pièces de Vermina. I^aléographiquemenl, les légendes des monnaies de

* /obel de Zaïigroniz, op, ril., p. I l.'i-H t.

]• ïî'îî-. t"- i* «.-nim'? U: ?l\l»/. I»? hpe. le nu-tal bas l'i;!-!^. 'J-!- j'ir-i>?s. Sur !♦•> unes et les aulres. la jtj' ni'- '■< j':irei!leraent inscrile à lexergue. «laii^ un V .: .-i: h'? ».'l ti-n lettres très ténues. On trouve on A:!:::-.' :Ur>i l'ien qu'en Espagne des monnaies i\r

Kîuiîi, iji;-'! qi:\rn «Jise M. Zobel, Vermina a ^iw- ,»...].. ; y..\i j./re .i|»f>s la liataille de Cirta: l'époque il ■ s;i m- 'il n"e-t pas ronnue. mais en Tan 200. il O'iî' lut a^eo les lîomains un traité qui lui garanlissail Li p:"i>essi:n de t'jule la portion de ses Étals ijiii n .i\ait pas été conquise par .Masinissa*. Vermina u a i tmais rien eu à démêler avec l'Espagne où il ni* peut ;\\"ir frap|»é monnaie, et si Ton persislait à Afuli'ir allrihuer les pièces en question à quelque dut' in«*"nnu du même nom avant commandé des armées carlhajinoises en Espagne, aux argumenis iiU'Mjués jilus haut. n«.»us ajouterions encore que la t'orniiilf in-<MMt'' -ur los mnnnaies, rz^'S^r, irz^", Ver- //'■'/.' " . rsl tell''ni'.*nl i^oufnrmt^ à la formule adoptée par tniis li'> autre- rnis Numitles et Mauritaiiien>. qu'il t'aut, dr» tuuli' nécessité. rap[irocher cette pièce de sc^> «'nn;;énrres.

l>ret\ tiMit concourt à démontrer que la monnaie (|ui [UM'Ie Ymnlnn roi a été frap|»éc en Afrique par

' l.t N iii..!;:i il- > li ■■ Syj'liax, ;ttl[ibu''»'« tout d'abord ù Boccliiis II p.ir Mull- : t. III. i'. VI int •■•.•'• iv-titu-'-s ;i Svphax par ce savant \\,\\\^ II- S./'/* /.'.*<' -!•• > :i "ir.rnj-. \. -'^t >ini!iili*='r qu'il ne vul Il II .iihMiM'- in-ii!i.'ii <!•■> in-'iin.iiv- ■l-.- ^vj»lii\ (Jaii> VlUsV-rin «ii-

'n lUtii lit |i. I|i' II] .

NnM'/ I . M ill' I. .N'j//i. '/. l'-ii . Afii'fui, Sujijil.. p. 70-71. • Mulli I, /■. Mf.. I. III. )■. :ts. r. • i.. à #*.».

le fils de Syphax, roi des Massécyliens : s'il y a, dans la iiumismalique africaine, un poinl scicntinqucnient établi, c^esl bien celui-là.

2. — Les monnaies sur lesquelles se Irouvenl les lettres nn ou n, et que, nous donnons à Hiempsal ou à Iliarbus, conformément au principe de lecture établi par M. Berger, ne sauraient ôlre espagnoles, quoi qu'en dise M. Zobel. Kn effet, pas plus que Vermina, ni Hiempsal !•' ou II, ni Hiarbas n'ont régné en Kspagne et n'ont pu frapper monnaie dans ce pays. Ce serait par une hypothèse invraisemblable que que M. Zobel essayerait d'interpréter autrement que M. Berger les lettres nn, surtout élant donné l'ensemble des abréviation similaires citées plus haut.

3. — Parmi les monnaies que M. Zobel de Zangroniz propose de reporter à l'Espagne, se trouvent les monnaies d'argent marquées d'un Ni que MuUer attribue à Jugurtha; le savant espagnol voit même dans la lettre x Tinitiale du nom de Oadës \ Or, nous sommes en mesure d'établir que ces monnaies ne peuvent être qu'africaines.

Des deniers de la République romaine frap|)és vers l'an 6i av. J.-C, par Fauslus Sylla, (ils du dictateur. ont des types destinés à commémorer le souvenir des hauts faits d'armes de Svlla. L'un de ces deniers romains porte une tête qui est la copie de la tête lauréc qui forme le type des monnaies de Jugurtha : tout le monde Ta reconnu et c'est un point acquis depuis longtemps ^ Or, que cette tête laurée soil

' MiiUiT, op. cit., Suppl., p. t»l.

* lialteliMi, M>mnni*s d»- ht lirgml'liifuf rom/f/fif, l. I, p. V-2.

rello (le lilcrculc *ifricain dont les rois numides prt!^tvndaioiil descendre, ou qu'elle soil le portrail même de Jugurlha, du moment que Fausius Sylla Ta reproduite sur le denier romain, c'est pour rappeler la part glorieuse que prit son père Sylla k la bataille de Cirla, en Gi7de Rome (107 av. J.-C), et dans laquelle Jugurtlia et Bocchus furent défaits. Ce tY|)e ne saurait se rapporter à l'Espagne, puisque Sylla ne combattit jamais en Espagne. La monnaie étrangère qui servit de prototype et fut copiée par le monétaire romain ne peut donc être espagnole ; elle est sûrement africaine. Aucune considération de lieu de trouvaille ou de composition de trésor, ne saurait prévaloir contre cet argument historique.

Comme toutes les monnaies d'argent attribuées par Muller aux rois numides forment une série homogène, qu'on ne saurait disjoindre, il s'ensuit que si celles que nous venons d'examiner sont africaines, toutes les autres le sont également. Que conclure de là, sinon que si la répartition de ces pièces entre les dilTérents rois numides est encore incertaine, la patrie de ces monnaies ne Test pas; c'esl bien l'Afrique et non TEspagne.

Nous ne saurions invoquer, ainsi que nous l'avons dit plus haut, des arguments aussi concluants pour les monnaies carthaginoises. Cependant, on peut remarquer que la fréquence de ces monnaies en Ks|):i<:ne, le seul argument i\\w M. Zobel ail fait \aloir, ne pn)uve pas grand'rliose. Est-ce que les monnaies de Curinthe et de TAcarnanie, par exemple, ne sont pas jiarticulièremenl abondantes en Sicile et dans c«»rlainrs parties de la Grande Grèce ?

L'affluence des monnaies carthaginoises en Espagne atteste simplement Timporlance du commerce entre Carthage et TEspagne. Nous pourrions encore faire ressortir le contraste particulièrement frappant qui existe entre le style et les types de ces monnaies et le style et les types des monnaies des villes puniques de la côte, telles que Abdère, Malacca, Gadès. Je crois enfin, que M. Zobcl de Zangroniz se trompe quant à la date de ces monnaies carthaginoises et à l'époque de l'enfouissement des trésors de Mazarron et de Cheste qu'il fait remonter à la première moitié de la guerre punico-romaine en Espagne (218-206 av. J.-C). Ces monnaies carthaginoises ne sont pas plus anciennes que celles des rois Numides enfouies avec elles, c'est-à-dire qu'elles sont à peine antérieures à la prise et h la destruction de Carthage par Scipion en 146. L'absence de monnaies romaines dans les trésors de Mazarron et de Cheste ne prouve pas que l'enfouissement ait eu lieu avant l'arrivée des Romains en Espagne, mais seulement, puisqu'il s'agit de pièces africaines, qu'il a eu lieu avant la conquête définitive des royaumes numides d'Afrique. Quant aux événements qui ont pu faire transporter sur la côte d'Espagne les deux trésors africains de Mazarron et de Cheste, ce serait peine perdue que de chercher à les déterminer. Qui sait, pourtant, si ces trésors ne se rapportent pas à l'époque contemporaine d'Hiempsal II, où Sertorius, allié de chefs africains et à la tôte de mercenaires recrutés eu Mauritanie, mettait la main sur l'Espagne?

Bab.

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