‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 50 sur 239 · LES MONNAIES D'OR D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

LES MONNAIES D'OR D'ATHÈNES

Eckhel ne connaissait pas de monnaie d'or qu'il pût avec certitude attribuer à Athènes (1). Avec sa critique pénétrante et sa logique inflexible, Timmortel législateur de la numismatique révoque en doute le témoignage des auteurs plus anciens que lui, qui prétendaient avoir vu, dans divers musées, des monnaies d*or d'Athènes. Tel est son scepticisme que la pièce d*or du musée Hunter, h Glascow, qui venait d'ôtre publiée par Combe (2) et qui est pourtant bien authentique, ne lui inspire pas confiance, et il réserve son jugement Jusqu'à ce qu'il ait pu voir l'original mémo. A la vérité, ajoute-t-il, Aristophane, dans sa comédie des (ïï/rnonillfs, parle d'une monnaie d'or athénienne, mais c'est par ironie, et le contexte prouve qu'en réalité cette monnaie n'existait nullement. Le scoliaste d'Aristophane, dans les Chevaliers ^3), l'ait aussi allusion h dt»s monnaies d*or d'Athènes qui auraient été frappées avec l'or extrait dos mines du Laurium. Or, dit Kckhel, il est évident que le scoliaste se trompe, puisque les mines du Laurium n'ont jamais fourni (jue de l'argent. Après cette enquôle, ajoute le savant viennois, on ne me reprochera pas de rejeter l'autorité de Polkix qui l'ait aussi allusion à des monnaies d'or alhéniennoî; |4;. Les autre? témoignages de l'antiquité relatifs à la monnaie d'Athènes sont unanimes à

(1) Eckhd, JJoctr, mon. vet. t. II, p Mk [2' Combe, Afi/Jtr Hunier, pref. p. 9.

3) Eckhe! renvoie aux scoiies du vers 1091 : ce sont eu réalité les scolies du vert 1U93. Voyez Scotia gratca in Aristophanem^ éd Didot, p. TU. yi} Poilus, IX, 33.

ne citer que de? pièce? ilartrenl ei de bronze, et quand il est fait allusion à des pièces d'or, il est cîairement indiqué qu'il s'aeii de monnaies éirantières, comme les dariques, les cyzicènes, les Uimpsacènes. qiii avaient cours à Athènes. En outre, Thucydide ill, lî< . à i'ùccasion des malheurs de la guerre du Pôlop.:•n^iè^e. vou.arj". apprêcifr ia réserve métallique de rEiài. <iîî ir.î"o"..o cor.sisiaiî en six miiîe talents d'ar?ent mo:iiKiy..' r[ *t. cr.\q cxt.:< ::ile:ils d"or et d'argent en lingots : 'je {.•:l^^.ii:l' ii'.':i::e à . r.'-.r.iire iniplicilement qu'il n'y avait pas ii\'!" mjn;ia\i'.

Lurfqîi'ii êjr;v;; son tirand ouvraLîe sur /.es monnaies d'Athfr,:'y. lU'ii'.é k\a[ îoproridi'f [i qi.isîK'n. on melîant à profit les élénv.'îv.> : -l'.voaix .Tii-' .»■ :• :r.p< :iv:ii: pfiil à pt-lit accumulés : il :i C'.irîsaji- ' i;v. ii::iv.;L:'«' ir.:.o:' à :a :y.«.'n:iaje d'or (D. o2 h "il. Apî'î- >'r;:'r li. •::.';«' ]v p'..iisir tie rai'!-':- K.Khfi do son hypercri- Uquo. H»' r.t' air.i-.'îiC'.^ ijuau momt-nt où ii écrit, le doute n'est \f'.'i< it:\'i\\.< : .\::îr:..»> a mjnr.ay-' ."■.:. .-i tuules les grandes colieciiuii? il»' '."K.î: ■«■pf pus>èdi'îi: dos exemplaires de ce monnayasT-'. li s'au'iî dor.c pour Beu.é. inuins d'affirmer un fait, que dt' d-'lvraiiner la valoiirdes mor^naies dor et d'eleclrum d'Alhène- et i"ép..que uù f'.'.es oni i»;»^ frappées. Selon ce savant, ces p;éci.'? >e ».':a-st/:iî à dfs ip..-ques successives de l'histoire •i'Aiht'.'nes: •'.le> î'i'^'.eru;/. . m:is lioule. toujours pou nombreu- >».•-. mai? :. ne d'-iît'.' pa^^ que lis lacunes encore considérables q-.i'jn '. = 1 l'-j'::»'' d*^ coii-itater Ji:î> ia suite chronologique de .;.• :ii jrinriy.iiîe do i'or, u-? parv.ennent à être comblées par les 'jjC'jjveries d»' l'avenir. « li y a. dit-il. des échantillons de louî'.> l'.-s époques, du ::ièc!e de Pi si s î rate, du siccîe de Pèriclès, 'iu r ècl»' d".\le\andr»^: il y «mî aurai: mémo de postérieures au >.'-:'.*' tiA!»-\.iridr-.' aMiartenant au nouveau stvle. » d! Partant

•}•: .:•■ pr.ncipe. Hfulé applique à lOr la classification chronolo- .::.q'i.' q.;il a -';i!/.i' jiu jr l'a-yerit. car, dit-il, un art aussi sincéri* q ;*• ';":•::•: i':*»/ v." pouvait avoir deux systèmes dans le îij'"'in- :«:!ip^ »■•: iia:is .a mT-me branche df iarl. •

Li : :..'*or.'- ■!•• H»u'.''- a !•:•• adupiéi» sans contrôle par divers

'éi lJ"a.-, M'j-ifi-iif.^ d'A*ù-'ifv, ;.. 04-1.1"»: V, aiis»i ce que liii Beulè plus uni. iH'.i' '.i /»V- •■. rt'i.'ô'/î'xr.//<-,. TiO'jv. svr. t. VIII [l'?0?* p. 1T6l

stavanls, nolummnnt MM. Mommson(l), Fr. Lonormant {"2) cl Fr. Hultsch (3). Mais aujourd'hui, clic ne parait plus avoir le môme crédit. Uans la remarquable introduction qu'il a placée en tôle de son catalogue des monnaies do l'Attique du musée hritanniqui?, M. Barclay V. Head n'admet que doux ou trois époques dans le monnayage de Tor ot de l'olectrum à Alhùnes : il regarde comme probable l'allribution ù Athènes de monnaies d'clectrum dts le début du monnavago, au commencement du VI* siècle: il place une émission di» monnaies d'or on l'an 3913 avant notre ère, sous Tadminislration do Conon ; la troisième enfin est de l'an S7-8G, lors de l'alliance dtîs Athéniens avec Mithridate. Nous sommes loin, comme on le voit, de Téparpillemeni chronologique proposé par Beulé ; c'est un grand point d'acquis, mais n'y a-t-il pas liou d'atloiudro encore à plus de précision et de délorminor plus nettement les circonstances dans lesquelles ce monnayage de l'or s'est produit? C'est ce que je me propose d'examiner ici.

On est généralement d'accord, depuis I^eulé, pour attribuer h Athènes une hoclé d'électrum, de flan épais, qui porto pour lype une chouette de prolil «^ gauche: le revers est occupé par un carré creux partagé par des lignes diagonales en relief. Nous connaissons environ une dizaine d'exemplaires de cotte petile médaille du commencement du vi* siècle : leur poids s'échelonne, suivant le depié do cuuisi rvaliun, mire I gr. W et i pr. i9{V.

La chouette qui forme le type de celte monnaie, remarque Beulé. rappelle tout h fait par son style les pièces d'argent du

(1) Moinm<i«n. Ilist. de la m^mii. romaine, t. I, p. 7»S. (2i Fr. Lenormant, La mo/ttwie dmux Vantiqvitc, t. I. p. 17k. (3) Fr. Hultsch. Griech. imd nvm, Mctroioffie ('2* «?il.) p. 2-23. CI) CeUe médaillé est ti s'il n-e dans Beulé. p. 11). ot dans Barclay V. Head, Altica, pi. I. 1.

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temps de Solon ; elle est, comme sur ces dernières, tournée à gauche, tiindis qiio plus tard la chouette est presque constanamont ù droitn. Puis, après avoir formulé quelque hésitatioQ dans son attribution, à cause de la l'orme du carré creux du nîV(M's, Beult'î se rassure en s'appuyant sur l'autorité de savants tels qno Hoockh et Ch. Lenormanl, et surTexcmpie des c.■llJin(îî^) d»i Paris, do Londres, do Turin, où la pièce en question »îsl cla>s»}n h AthètiPS. 11 l'attribue au siècle de SSolon et de IMsistratr ; I\ l.)»» l;i dos rapprochements du penre de ceux dans losqu»'ls Hf'iil.'î «.'xci.'ilt?, entre l'émission de cette monnaie et les rolalions (\o So!i.»n avec Crésus, le voyage dAlcméon à la cour du rui de Lydie, le goût de Pisistrate pour la magnificence et son d<!'sir d'imiter Clvsus qui avait t'ait frapper des monnaies d'or, rôclal plus grand donné au nouveau système monétaire de îSolon.

Kxaminons la monnaie en question au double point de vue du m^'lal nt du typo. Boulé la dit en or, tout en reconnaissant que ct't or osl d'un litre très faible. Il hasarde même l'étonnanlo n'iloxion qui suit : • Un remarquera, dit-il, combien la (j«)ul«Mir <*t la nuluro de l'ur sont différontos sur cette monnaie l'I sur li'S niunnaies di'S sièclos suivants. Elle est pâle comme U* [iri'tondu rUMitruni. fl peut- rire la quantité d'argent l'erapurto-t-oll«' sur la quanti h- dur dans ce mélange... Les villes les \)\{i< richos alli"*i ai»?nt i'ur à un point à peine croyable. » (2» Si M. Mummsrn n'avait pas di>rnh'' la sanction de sa grande aiitiiiiti* :i rMpiniijii lir Hcul*'* n'iative à la monnaie qui nous «•ri.'uiii» ,'î', .1'* c'i»nshii''riMMi> comnio siiporllu de réfuter le pass;<i:i' qu»î i'iiu vii'nl dr lire. ('.•* que Beulé appelle /«* ff>*^tt*nHu rlrrtrnm v\ \\\\\ Ml' <«'iMit r[ii»' dif Pur blani'lii par une opération t!;niiliii«'!i^»'. îir-l ;m':'i' i;hc>s<» ijui* i'or blanc d'Hérodote /^-jsb; "/.îj-/.;: . «l'H- :unrîjis>Mic'n! naturj'llfnii'nl î«*s sables du Pactole et ji.'s nii:î»"> tiii Tuiuliis, «•( qui a scrsi à fabriiiuer notamment les niur.îi.'ih's df Lydii' »■: i-rlirs d«' (^yziquf. Li»s anciens n'étaient

1 Lit- il-.'. Mu,i>t'H'.s li'At/o .i'\. {>. t\7i: ci. iioerkh. ÏHt Staatikaiuhalîung der i^ Muinin'ïL'n. Unt. dt Ui tnunnait rvuiaitie^ t. I, p. 73.

point aussi naïfs que veut Ir croirn Beuir» : la monnaie d'eloc- Irum circulait pour de Vefrrtnim o[ non pour de V or pur. Nous savons parfaitement aujourd'hui qiielle élait la vjilour relative de l'electrum pur rapport à Tor. Lr* slatèro d'oiocirum de Cyzique. par exemple, du poids fli> \\\ yr. îTi. u'avail. dans le commerce, que la valeur d'une dariquo d'or pui* de H \iv. iO. On compte, d'après les analyses chimiques du (iur de [.uynes et les recherches toutes récentes île MM. K. \\, Hoffmann, (ireenwelK Percv Oardner et Harclav Head (1 nui^ dans releclrum des cyzjcùnes.il y a seulement environ \\\ pf»ur 100 d'or, c'est-àdire un poids d'nr de 7 ^r. .')8, et *\h pour 100 d'art;»uit, soit un poids d'arf^cnl ih.» 8 «^i-. sri. La valeur relative de Por et de l'urgent était, il est vrai, livrée aux fluctuations du commerce et de 1a production, mais ses variations ne sont pas bien considérables, et l'on peut admettre, d'une façon «générale, qu'à Athènes, au i\' sièrli», le poids d'argent de S gr. S,S équivalait à 0 ^r. tii (i'or. En additionnant 0 gr. «ii avec le poids d'or efrectif, 7 gr. 58, on obtient, à peu de chose près, le poids exact de la dariquc. Ainsi calculait-on, etjamais, dans Tantiquilé, une pièce d^electrum ne fut admise dans la circulation commerciale pour une pièce d'or du même poids.

D'ailleurs, il est reconnu par tous aujourd'hui que le métal de la monnaie attribuée à Athènes est non de l'or frauduleusement altéré, ce qui n'a jamais existé dans la monnaie antique, mais de l'electrum au môme titre que les cyzicènes. Son poids ftsl identique à celui des hectés de Cyzique même, et dos autres monnaies d'electrum qui alimentaient, au w^ et au v* siècle, le commerce de la mer Egée (2). Ce poids, comme l'a reconnu M. U. Koehler(Jl), représente le sixième du stalère eubnïque,

(Ij Kotfniauii «i.'in'^ yvwi&niiiti.\cht: /.> itsrhrift, i. \\\, p. 1 t*l rfiiiv. (Aienno, 18S1 ; Oreeiiw»*!!, EU'' trum loimnjc of' ( i/cics, p. Ifi rt ^niv. : l'<?r'ov Ciariliicr, Tht' tfjy:/i'inf/e-vaiiff of ( i/zUt'in' Utitlrra Vi-xw-^ Stnn. (•hro;ii<U'. l^{^7. p. ISÔ a lOO: ii. Heuil, EUt tvinu Ctn'ns and their Ajicci/îc OraritJ/^ danii S ion, ChroluV/tf, ImS;. p. L'TT ;i ."^iW.

i Ore«?ikwell. Elertvtnn ct'in'if/e of Cyzi<i*s^ p. IJIn ii"^ 10.'». ItJO: IloaJ, hlUcirxoH coiiis and fhnit' npvrifiv (iruriiy, p. 1-1 et pi. XI, n* 4j elMiiv.; cf. p. 18, n*» 70 <»t suiv. 'Kxtruit du Suminw. chvtmi'h', X^^^').

(:*; Mittht'ilungen lUs hoix. dcvtsvh. hxstiti'ta ia Athcti, 1884, p. :)50.

le tiers de la drachme, et il no concorde nullement avec ce qu'on appelle Tancien système ulliquc, qui procède par moitiés et non par tiers dans rétablissement de ses divisions. Fuut-il donc admettre qu'au début de son monnayage, Athènes, qui au vi* siècle, étail depuis ionj^^temps le cenlre d'un commerce considérable, a émis de la morinaie d'elcctrum, suivant en cela Texemple (les f»randes villes de l'Ile d'Eubée? M. U. Kôbler n'est pas éloigné (le Ir; croire ; il conclut qu'il est possible que noire pièce d'eh.'clruni ait été rra[)pée à Athènes avant la réforme d'Hip- ])ias, cl il appui».' sou opinion sur le type de la chouette que porto la pièccî, rt sur li» li»»u drs trouvailles, les hectés d'electruni en question ayant été trouvées en Atlique; il ajoute enfin, et M. llead après lui, qua du moment qu'il est prouvé que les villes (i'Kubée, comme Ghalcis et Erétrie, ont frappé des monnaies (roloclnim, rien no s'oppose à ce qu'Athènes ait égalenuMit participé h ce monnayage.

Kn ce (lui concerne le lieu dos trouvailles, il ne saurait servir d'argument dans le cas |)résent (I) et l'on peut appliquer à la pièc«î d'r'loclrum fai-gumont que M. Imhool" Blumer a victorieusement t'ait valoir contre lattribulion à Athènes des pièces d'argent anépigraphes qui, dans Ueulé, figurent en télc du monnayago îilhénien. Bien que ces pièces d'argent aient été trouvées on Altniue, il est aujourd'hui démontre qu'elles sont d(* l'Eiibéo ciiî. il «Ml est do ces monnaies comme des statères d'argent au type du Pégase, qu'on a longtemps regardés comme syracusains, parce qu'on les rencontre surtout en Sicile : il est iléfinitivoniont établi que ce sont des pièces de Corinthc, de TAcarnanio ou de l'Italie méridionalo, importées par le commorco. La pr/*sonce dos pièces d'argent et d'electrum dans les cha[ïij»s (je rAtti(|ue prouve (juo ces monnaies circulaient h Aihèni's et. rioif d»; plus. Kilos y étaient reçues dans le commerce (Tjmnio io seront plus tard les sLatèros do Lampsaquc, de Cyziquo, do IMiocéo, doni il est si souvent fait mention dans les inscriptions d«^ rAtticjuo.

1; N'a-i-oii pas au-»^! Trouve on Atrique lie nomtiretix slatAivs d'elrctrum «ie C\/.i(\uff, ji.'ir exemple? Voyez Grceiîwell, Elcctrum cninage of Cysieus^ p. ■!?. ['•i Iniliout' Hl limer. Lr. stfatOfC tnoiirtaire cuboiguc, dans V Annuaire de la Son, 'r flr ,iuutismnti*i*'t , 'i* tiiiii. 1>n;?. p. W, l0;î cl suiv.

Lo type de la choiiellc lui-mômc, qui figure sur nolrn monnaie d'eleclrum, ne consliluc pas un argument bien solide pour établir qu'elle a dû èlve rrappéc à Athènes. C4ette chouelte est tournée à gauche, tandis qu'tîlle devrait rogarder à droile; son slyle n'a rien de commun avec celui des pièces sûrement alhéniennes ; cnlin, cette mi^me chouette et ce même carré creux se constatent sur un didrachme et une obolo qui, de l'avis de ions aujourd'hui, sont de rKubéo (1). Sîins nous arrêter à l'opinion de M. Barclay Mead, qui a proposé de classi^r ces pièces d'argent à Alhenœ Diades ('AOfiva: al \\iltz], ville de la pointe septentrionale de lile, l'ondée par une colonie d'Athéniens (2j. j'ai hâte d'arriver à l'attribution plus acceptable, récemment formulée par M. T. Jones. Cet érudit a fort ingénieusement remarqué qu'on donnait le nom de XxXxC; à une espèce particulière de chouette, dont le plumage est couleur de cuivre (/aXxs;) L'oiseau yjùs'Ai^ est mentionné notamment dans ce passage de riliade i\l\\ 290) :

XaXy.{oa y.'.x*At;5y.5UJ' Oîsi, hlziç lï •/.jjjlivBiv.

« Pareil & I*oi:>eai] crianl qui haliite les montagnes

Kt que les «iieux appellent yjxtf.ii, les }iommes /./.vevoti. »

Dans les scolies de ce pussairi», 1»î mot /aX*/.''; est donné comme synonvme de v/.aj; ; Suidas le définit dr niùme : Xa/aïc, âiccc ip'tiz'j ^t v/.ai;, et le scuIiîisIj^ d'Aristophane lui donne ii* même sens (3 . M. .lunes attribue donc le didrachme doni il s'occupe à Chalcis d'Kubée, [)uis(iue la chouelte lut, à l'origine, le type p:i riant de celte ville. On trouve de même le phoque sur les monnaies de l*hocée. la grenade sur cellrs de îSidé. la pomme sur celles de Mélos, la rose sur celh's d«! Hhodes, Pan sur celles de Panticapée, le crabe sur celles d'Acragas, le coq sur celles

(I. lnihr»oi'-Bl limer, Lr st/.strmc tutnnitiii'c 'l'hotr/t^f. \oc. cit. j». lOj.

(2i Eiarrlay V. Hea*!* Coialugitr of ffr*t:k (.'onis. Attira^ Iiitrotl. p. xii; (entrai Gre*fcf, pi. XXIV. 1^. lî»; Ili.y(. m'htortnn, p. .jOl'. Sur Aihoiiîr iMades, voir U. Krrhler. hiliAvh nnd ofti.\rh': liinnl, p. lî>i).

:'k<) Srol. iii Anstopii. Arr.s. vei> *'•)! .t.*«i. iM-îor. p. IMO;.

d'Himfra 'r,j.iz%\ le ppr?il sur colles de SéIinonte,etc. Ajoutons oncorv. comme fxomij'.o J..- typo pariant, les monnaies de Veiia on Lucanio, au type du lion. M. de Wille a ingénieusement dcmoriin» que le lion o?t le symbole ethnique des Vélialcs, leur viil»' >'i''iarit ■.•niiinuiremenl appelée Hvh'n, nK le mol à>.£'.t;TT,; sijiniMani /'// //'!//, d'après un hons spécial signalé dans le Grand

L*'> a:'j!imtnîir ilf M. Junes, on co qui concerne le didrachmc ot i'nhoit» ail lypc \\\' ia chou»'! te. pinivent, selon nous, s'appliqu»M* (il? plaint i-n point à r.oiro h«'c!»'' d'oloctrum : il nous semble que c«Mtt.: pièce doive ôtr*.* d»^tinitivemenl cl!iss»'*e à Ghalcis d*E!tibtM' ; r.l oiiîro 1«* rapprochf mon! du type de la chouette avec le nom dr '/x't.'flz. il lU' srra pas superflu d'aioulor que. d'après une fradilioii r«'(iM'iiih' [lar Sirahon x. p. HT, la ville de Chalcis pr«';l.»Mîrlait avoir «'t»' londoo avanl la guerre de Troie par une col(»ni<' innirnin; v«MHh* d*.\tlirîu.s sou> la conduite de Pandore, fils d'Ki'i'chlhi'M; : après la LTurrro d«.' Truie, Cothos conduisit :i (Ihabi** iin«.' s«'cond«: coloiiio «l'Alhéniens. Athènes et Chalcis ayant une parenti'; d'origine, il n'y a rien d*ôlonnaiil h ce que les deux vilk-s aient eu les mêmes 'traditions mythologiques et les mêmes types monétaires au début; des laits analogues sont si t'rtMiuents dans la numisniîitique grecque qu'il serait superflu d'en énumorer d(?s exemples.

Rappelons enfin que Chalcis, comme Erélric, eut positivement, à l'oriiTine, un monnavage d'electrum dans le svstcme des statères tit» Cyzique. On lui attribue avec certitude des pièces d'i'li'ctrum qui ont, au revins, un carré creux identique à celui iW riii'c'tt' (jni nous occupe: lo poids est le même aussi; le type sriil rs[ dilTérrut : c't?st un aiglo dévorant un lièvre '1 gr. 80;, un ai'jlr volant I gr. \± ou une rouo à quatre rayons ;i gr. H»: {■!),

I/lircîi' au typi' delà roue était, ello aussi, attribuée autrefois à Ailièîn's. Iifii'i' W) [»ar!e encon.' d*um* autre pièce d*ar au

. j .!. .il» \\ irt-', iliiii'* 1.1 liffiif iiinui^i,uttiqin\ t. III, 1838, p. ■*'.

(L* Hrili.yh Mi'srmu. ('r,ifi'/i/ firfcrt\ |il.xx. 1.2, .1; Head, Jlist. Huniovi'm. |i. ."ini; r. Ki'flili-r. 3/"'U-/*i'»ft/».- an/' /-.'l'^/ocvi, dans les Mittheilvtiffeu d. arvh, àf-î.s-h. /.^>.•/■•"'^ :>' Athcéi, t IX. p. X>0.

type de l'osselet, avec un carré creux au revers. Cette pièce, classée à Athènes dans le catalogue de la vente Wclz de Wel- Icnheim, en 1814, aurait été délruilo. suppose Beulé, parce que les héritiers de Wellenheim so seraiont laissé influencer pnr l'opinion d'Eckhol qui a déclaré l'aussos toutes les monnaies d'or d'Athènes. Si cette pièce d'or, ou plus sûrement d'electrum, était véritablement authentique, fOle doit étro restituée à l'Eubéc, comme toutes les pitces d'argent au type de l'osselet qui elles-mêmes étaient aussi. Jadis, placées à tort en tète du monnayage athénien il).

Je crois que nous pouvons conclure à présent qu'Athènes ne monnava jamais Telectrum : du moins toutes les monnaies d'electrum (jue lui attribuait Beulé, en les croyant en or altéré, sont sûrement des monnaies de Tile d'Eubée, comme les pièces d'argent qui portent les mêmes types et que Beulé regardait aussi comme athéniennes. La seule pièce d'electrum qu'on eût, jusqu*ici, laissée à Athènes à cause de son type de la chouette est elle-même de Ghalcis, dont la chouette constituait les armes parlantes.

Durant cette longue période de plus de deux siècles qui s'étend de la chute des Pisistratides à Alexandre, Athènes ne cessa que par intervalles d'être la cité la plus riche ei la plus florissante de la Grèce. Son commerce avait pris une extension extraordinaire; ses monnaies, partoutpopulaires à cause de leur bon aloi et delasimplicitédeleursysième, étaient universellement reeues dans les transactions, sur les cotes de l'Afrique aussi bien que sur celles de l'Europe ou de l'Asie. Des inscriptions nombreuses attestent que l'or abondait sur le marché d'Athènes, mais on

1/ Imhoof Blumer, Si/xt. euboïqve^ op. cit., p. 1(.»3; liritisk Muxevitx^ Central G fdccu^ Iiitrod. p. xLvi; Atticit, Inirod., p. xii; Head, Uisturia numorion , p. 303 et 'M^J.

le cite toujours, hâlons-nous de le dire, sous la forme d*espcces étranfrcres ou de lingots. On s'est étonne de ce lait; on s'est refusé à admettre que la capitale comnnerciale de la Grèce n'ciil pas monnayi; l'or. Beulé (!■ trouve surprenant que sous l'administration do Conon et de Périclès, Athènes, si riche, HU dépourvue de monnaies d'or; il croit que des trouvailles ullérieurus en l'eronl découvrir, en petite quantité toutefois, puisque les inscriptions do la (i:i du v* siècle qui miîutionnent dans le trésor du Parthénon. avec des lingots d'or, des cyzicènes, des stutèn-s de Phocée et de Lampsaque, ne parlent jamais de s!alcres altiques. Forcé de déclarer que le siècle de Périclès est le plus stérile en échantiiîuns de monnaies d'or, Beulé disperse au hasard, depuis la {in du v*- siècle Jusqu'à la mort dWlexandro et à la guerre Lamiaque, les quelques pièces d'or d'Athènes que l'on connaît : il atli'ibue un demi stalère à Périclès, bien que dans un lii-^cours que Thucydide lui prèle i2\ Périclès ne cite parmi U's trésors des Athéniens que de l'argent monnayé et de l'or vn lingots; pour des raisons de style, il croit pouvoir tlonin'p à l'époque de Philippe et d'Alexandre le stalère, l'hecté et lo (|iiart de stalère. .Athènes a encore frappé, selon lui, d»*s pièces d'or après la mort d'Alexandre pour ne pas se laisser dé[)asser en magnificence par des gén«''raux tels que Lysimaque,

IMohMllée et iSi'leUCUS.

Fr. Lenormanl m i'5«t pas élijign»? de partager complèlemenl lavis de Heult» : il déclare qu'il y eut, i)i<."n qu'exceplionnellemi'nt, i unt.' monnaie d'oi' athénienne, et l'on en possède, dit-il, des sjM'cimi'us tie diversr's ép(ique>, qui rentrent tous daïis l;i péiinde dont je vii'us li'indiquer le> limites ». c'est-«à-dire la (in du V siècle et la plus granile partie du i\'. i.'J;

.le ip'jis que celte thèse est de tous points erronée. On peut dé;à '.a t.'umhaitre au imm de la di m; tri ne moni) taire de l'antiquité, en d«»monlrant que le monnayage de l'or a été cxclusivemenl, à partir de iinvention de la daricjue, un privilège du roi de Perse.

'Ir Mtt i/»'/»''A li'Af/tf-ii'jf. y. *»T.

'*^, Tli':k-\'i'. If . 11. i:î: o:. 1*. F^Uiar'. I.'S Virtoh-tA m or d^ FArroyole. dan^ 1*» Ih'il. 'h' I nrr. h*'U.. nvnl !>*??><. p. ?S;^.

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puis des rois grecs et dos chefs d'armôes, en Orient et d»ins les pays qui, voisins de la mer Kgée, avaient été habitués h la monnaie du grand roi; il fut de môme, plus tard, un privilège de Yimperatvr, puis de Tempereur dans le monde romain.

Les pièces d'or que l'on rencontre dans le monnayage autonome et municipal de certaines villes do TAsie mineure, de la Macédoine et des autres contrées que baigne la mer Egée, ne sont pas autant qu'on pourrait le croire, une exception à celte loi; il est presque toujours possible d'établir historiquement, ou bien que ce sont des monnaies frappées par des rois, avec des types urbains, ou bien des monnaies émises dans des moments de nécessité par des chefs d'armée, des usurpateurs ; ou encore, et ce cas ne se présente qu'à la basse époque, qu'elles sont frappées par des généraux romains du temps de la République, à la tôle de leurs armées d'Orient. Nous ne parlons bien entendu que du monnayage de l'or pur et nous laissons de côté les monnaies d'electrum. Les statères d'or de Lampsaque, Cyzique, Clazomcne, Cios, Abydos, ne sont que des monnaies militaires frappées par les généraux grecs, lors de la guerre du Péloponnèse, dans les diiïérentes villes où ils séjournaient avec leurs troupes : ces généraux faisant la guerre dans des pays oii l'on était habitué à recevoir la darique d'or dans les transactions commerciales, et la solde des soldats étant, en général, d'une darique par mois, il fallait bien frapper, pour solder ces troupes, une monnaie qui, pareille à celle du gran<l roi, eût le môme caractère régalien et fût reçue avec la môme faveur sur le marché public : plus tard les généraux romains ne feront pas autrement. (Juant aux anciens généraux d'Alexandre, s'ils s'empressent de frapper de la monnaie d'or, c'est pour bien affirmer qu'ils sont investis des droits régaliens. Nous ne multiplierons pas, ici, les exemples qui pourraient corroborer cette doctrine : les cas de dérogation sont si rares que lorsque nous ne pouvons les expliquer historiquement, il n'est pas téméraire d'admettre que c'est parce que les renseignements nous font défaut. Pour en revenir à Athènes, il n'y a donc pas lieu de s'étonner de la rareté extrême du monnayage de l'or dans cette ville : c'est le contraire qui serait surprenant. Athènes se conformait, comme toutes les autres villes de la Grèce et de IWsie, à la doctrine monétaire de l'anli-

ti;mp? (le Pôriclès ol comme antérieure h l'iiemi-slatèrc décrit sous le n** 2 (I).

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