Tête Cisquée d'Athéna à droite
R. A0. Clîouolte debout à droite.
A/ l/i. — IIvmHieclf'\ 0 j^r. 75. Cabinet de France et musée de Berlin {;1].
Ainsi qu'on peut s'en rendre compte par le tableau ci-dessus, il ne manque à la série normale des pièces d'or qu'une seule division, la trttf}, dont le poids doit élre d'environ 2 «2:r. 90. On la trouvera peut-tMre un Jour; en revanche il existe deux variélés de Vliectê. Quoiqu'il en soit, il n'est pas douteux que toutes les pièces que nous venons de décrire soient contemporaines : elles sont de môme style el, sur toutes, le type du revers est encore encadré dans une aire creuse qui n'est que l'ancien carré creux s'acheminant ^graduellement vers refï'accment complet : c'est là un dos canictères distinctifs des monnaies de la fin du v^ siècle. Il importe maintenant de déterminer à quelle époque précise et dans quelles circonstances cette émission extraordinaire de monnaies d'or a eu lieu.
Au rommencemenl d<; la :>* annén de la \)\V- Olympiade (juillet U»7}, la jiuerre du Pélo[)onnèse, (jui durait depuis tant d'années déjà, reprit avec plus dti fui'iîur que jamais. A Athènes, liMUOn avait été élu sti'atè^e en remplacement d'Alcibiadr; à S^parle, Callicratidas avait remplacé Lysandre connne navarque. Après tjuelqur'S escarm-juches, (^allicratiilas qui commandait à lin vaissraux sur les eûtes de l'Ionie, jjarvint à bloquer Cunon, après l'avoir défait, dans le pur! ib» Mitylène : Athènes n'a\ait plus (bî Hutte. Ce l'ut alors que lus Atln'niens, qui avaient déj; subi tant d»î malheurs, résolunMil de fuir»; les plus ^M*ands saciilicesel tb' construire eu Inuti' hâte unr nouvtjjU' Hotte avec li's d<.*rnières ressources dr iKtat.
• On n'hésita pas, dit (liurlius. à puiser laryoruent, pour sau- \'i'V rKtat. «iaiis b' lr«'Sui* diî la liét'sst! Puliadt*. On alla jusqu'à couvoi-iir ilurtreiice en nionnaiiî U»s statues d'ur de la déesse
(1 K. Muret, ilaiis li» linii. df r,.r,\\\pnnd. lulieniqf", i. VI (ISS^;, p. ilU. \i) /eiUchrift fur Sumiamaiik, l. V ■;1^T^', y. 3 el [il. 1. 4.
de la Yictoiro, et tout ce qui se trouvait dans le vestibule du Parthénon, en fait de métaux, à l'exception d'une couronne d'or, fut livré aux Hellénolamcs et porté de là à la Monnaie; on vida sans doute aussi les autres compartimenls du Trésor; on risqua les derniers capitaux de la ville (1). » Dans son étude récente sur les Victoires en or de l'Acropole, M. P, Foucart a étnbli quo ces statues, mentionnées dans un inventaire des trésoriers d'Atliéna antérieur à la guerre du Péloponnèse, étaient fort probablement au nombre de dix, et que deux d'entre elles ne lurent pas converties en monnaie : le poids moyen de chacune d'elles était de deux talents d'or ou environ 52,400 grammes j2]. (jirace à ces ressources extraordinaires, cent cinquante vaisseîiiix, composant la dernière flotte d'Atliènes, prirent la n)i'V : lîi bataille des Arginuses fut ga;;née au mois de septembre de l'an 400, c'esl-à-dirn dans le troisième mois de la 1II« année de la î):{« Olympiade, sous l'archontat de Callias.
Le fait que nous venons de rapporter est attesté rormellemenl par le scoliaste d'Aristophane qui affirme, d'après Hcllanicus et Philochorus, que sous l'archontat d'Antigène, on fit fondre drs Victoires d'or afin de les convertir en monnaies (3). Ce témoignac'e est confirmé par celui de Démétrius d'Alexandrie (TTsp- 'Ep;jLr,vî{i;, S -^l\ qui voulant donner un exemple grammatical d'euphémisme ra[)pclle l'équivoque ingénieuse à laquelle avait eu recours, jîidis, un orateur athénien pour proposer au peuple de porter au creuset les Victoires d'or. Parler de les détruire eût été une impiété; l'orateur subtil proposa seulement dtî s'en servir : « Servons-nous, dit- il, des Victoires comme d'alliées dans cette guerre » (i).
Il n«' >«'ra pas inutib» de rappeler ici, pour confirmer ces témoiunajifs, que déjà en l'an VM.), lors de l'invasion de TAtlique par le^ ÏV'!opr)nnésiens, Péri dès. voyant Athènes à bout de
Il ''rii'iu-. /I,-f f/if't/>'\ f::i'l. H.-ij.in'-I.i.i-ifivc;. t. III. ]i. 4S7.
* 1*. l'-u.'.ir:, f.'S ri'fnii-t'y t-,t ,,,' tir r A'i'ftpf'ff'. ilaiis lo linti, lie corrtsp. hfth-.iitji"-. nvril l'^s.*^, \^.2\'\ t-i i''.»:^.
:i' S.u}. Arisf'.jJi. ni ]i",i. vi-rs 72l». \>. ?î»ri ,|p ré.l. Diduf. .4; \yf/:rz'.'iVx T^',- \kyj\i l't^ t'w -',/£■/',,. Heiil»* qui a connu ce pftssav« r.i]i;>eil<* que ^iiiiutilien dit (ian^ le niômo sens équivoque : Vivlorii\ utaiduni t-' »X. 11. yi';. HpuIm, Momt d'Athènes, p. 70-71 ; P. Foucart, Op. cit^
ressources, avait aussi, au témoignage de Thucydide, parlé de la nécessité éventuelle de frapper monnaie avec l'or du temple dWthéna. Prévoyant l'invasion, € Périclùs, dit Thucydide, engagea les citoyens à prendre courage, en leur faisant le détail de leurs ressources : ils recevaient à peu près (iOO talents par an du tribut de leurs alliés, sans compter les aulros revenus, et ils avaient encore dans la citadelle G,0()0 talonls d'argent monnayé. Il y en avait eu i),700, mais le reste avait été dépensé pour les Propylées de la citadelle et pour lo siège de l^otidée : il ne comptait pas l'or et l'argent non monnayé porté en offrande par les particuliers et par le peuple, ni tous los vases sacrés qui servaient aux pompes et aux jeux, ni les dépouillos des Mèdes et autres richesses du mémo genre qu'on ne pouvait estimer moins de oO() talents. 11 ajouta 1ns trésors assez considérables des autres temples dont on pourrait se servir : et si toutes ces ressources ne su l'Usaient pas, on pourrait faire usage de l'or dont était ornée la statue de la déesse elle-même ; il montra que cet or pur pesait -iO talents et qu'il pouvait s'enlever. Mais il observe que si, pour le salut public, on se servait de ces trésors, il faudrait les remplacer dans leur totalité » (1). L'histoire de l'antiquité comme celle du moyen âge est remplie de circonstances critiques du même genre, où, pour subvenir aux nécessités de la guerre, un porte au creuset les trésors et les <?x-volos des templ(?s ou des églises.
Aristophane, dans le passage de sa comédie des (jrenouiiies si souvent cité depuis Kckhel, et dont on a tiré, comme nous lo verrons, des conclusions erronées, fait allusion à une monnaie d'or d'Athènes : c'est, nous dit le scoliaste, l'émission qui eut lieu en 407, au milieu des circonstances graves que nous avons relatées plus haut, et dans laquelle on fit fondre les Victoires d'or. Il importe de citer en entier le passage du poète : « J'ai souvent remarqué que notre cité se comporte envers les bons et honnêtes citoyens, comme envers la vieille monnaie d'ai'gent et la nouvelle monnaie d'oi'. Ces pièces sont d'un excellent titre et ce sont, certainement, les plus belles de toutes les monnaies ; bien frappées et bien sonnantes elles ont cours partout, en
.1 Thucydide. Guerrt du Péloponnèse^ II, xiii.
Givoo ei chc'Z l»;; ijurlcvres. Cerjendimt. nou^nenous en servons plus et nous leur p:c:-^:'on5 ces mécbanies pièces de cuivre, réce.T.T^er.t ^n-iiies e: si rz'.x. rrappées. Ainsi agissons-nous à Té- ^':irJ liés c\:o\'K':'.î: : '.•?? --.ivor.s-i.oi;* bien né*, modérés, braves. hor.nèiei?, IriS.ruits Jânî le? exercices du Cïvmnase et dans les
• Mm
avis iib'-i'ai.x. i'.? -"Or*: er. b;.:.c ii r.o? ùuirages : nous employons au conira'.i'o ce lun'îis d'é:ranj?ers. d'esclaves, de sens mal nés tL ne v:i!a::' ejôre niie.;.\. an^ivês dhier et dont jadis Athènes naui-aii pas n:vn:'.' Vvi/.à pjur victimes expiatoires. Insensés! cb^l:■.i:^•z ci»- cirui/.i:»* ; ♦ n:oiovez de nouveau les honnêtes ^'er-s... I I B.L. ;': ♦.: Bo .:!•!• ii'or.l pas interprété ainsi ce passa i:»* lie iu c.':r.--.i.o ii-.> Gy^ii'.''irh<. Dans la phrase : Tis/xîsv v;- \L'.zj.i v.x: -.: v.T.tié yzjz.z», i.s voieni une aniiihèse entre l'ancienne niur.naie «i ari:-.:.: àzyx'.z* '*z'j.'.z'±x et la nouvelle monnaie dor y.r./;> '/^zjz\z> ti»? n^auvais aloi qui aurait élé frappée pour subvenir aux !:;i;- de la i:'.î-?r:e 2 . t Aristophane, dit Beulé. biAîr.p 1rs A :!':••:: ier. s qir. pr».' i-rvr.L à leur vieille monnaie d'arpenl :.';:v. bi-n ;:'ap'.'"e. b>.n Sjnnar.ie. de misérables cuivres î'rapp'.'S i.i».* .1 veill'j e: ii'.:::e n:aLiva.se fabrique. Athènes tondit i.r. C'.Tlaiiî :.'::nbre d': Viji'j.rr'S en ov pour subvenir aux frais lio la jj.r:''- : n^iis. -j.t .jr.f l'.-r destiné à la statuaire fut p.....Ln- i.jrii'- ■;•.:'..■. -• 1: q/.. ï.n ».Mjr mêlé à dessein une quanîî'.t' iia:lia r" ir-ri :":r;e. "a •:.j.:\'\.*- monnaie encourut ie biàme if A; :>;■..;.':: .:.". t.l* ; • nia:.:. 1».* ;-".M'-:e n«ji:s app.'^enil lui-même q : t ..r* :.;• v:: .^iran:»- "a-.t ■..:•. :.e'i.-f^: :•• par un efl'f t d»/ paîriul:>!:.e. iK-.ns :>. ...^ !:•> ca^. » ;!•■ -î:;! ••::•. rt.'li:ée par la suiîo, dès
1 A .-• .. ;.■ M, :■. ".* "''. : ]'. :•.... V H-.m i Mut:, niini.. {-. 3ll.
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que les finances de hi république furent remises en ptiil meilleur» car les statères et divisions de statères qui datent du siècle d'Alexandre sont d'un titre très pur. On pourrait marquer la victoire de Cnide, l'administration si prospère de Conon, et Tan 393, comme l'époque où celte fausse monnaie d'Antigène fut retirée de la circulation » (II. Ainsi, d'après Beulé, on aurait fabriqué en l'an 407 une fausse monnaie d'or, et aucun exemplaire de cette monnaie de mauvais aloi ne serait parvenu jtisqu*à nous. Pour soutenir une pareille thèse, il s'appuie sur un passage du scoliasle dont nous parlerons tout à l'heure.
Do son côté, M. Barclay V. Ilead rejette l'interprétation que nous avons rapportée plus haut et que M. îSix lui avait, le premier, ingénieusement suggérée : il se rallie à l'opinion de Beulé et il croit comme lui qu'on frappa à Athènes, en -iO", une monnaie composée d'un peu d'or et de beaucoup de cuivre, puis, constatant que le métal des monnaies d'or d'Athènes qui nous sont parvenues est d'une très grande pureté, il pense aussi qu'aucun spécimen du monnayage altéré de 407 n'est arrivé .jusqu'à nous. Comme après la guerre, sous l'administration de Conon, Athènes recouvra son ancien splendeur, c'est à ce moment, vers Tan 394, qu'il place l'émission des pièces d'orque nous possédons et qui seraient ainsi comme un reflet de la prospérité matérielle et du développement commercial de cette époque (2).
Ce sont là des arguments de sentiment et qui ne reposent sur aucun fondement solide : ce monnayage de l'or était si peu, pour Athènes, le résultat de la prospérité commerciale, qu'à l'époque la plus florissante de son histoire, cette ville ne monnaya que de l'argent, mêlai que lui fournissait en abondance les mines du Laurium. Pour l)ien comprendre h» passage d'Aristophane, il importe de se rappelor trois faits essentiels :
I. L émission des monnaies d'orne tut qu<» temporaire et elh» eut lieu dans Tété de l'an i07, sous larchontat d'Antigène I Philochorus, Hellanicus .
(l) beulé, MvHnaics iV Atluiies. [». 70-71.
'*) barclav V. Hea-l. Hut. numorutn, ;-. :J14; AiiUa, Iiitr-jJ. yy. XXVI I ei