SUIT
i2. La première monnaie de bronze qui ait jamais été frappée à Athènes, remonte à Tan 406, sous Tarchontat de Callias : elle fut créée immédiatement après la démonétisalion de Tor. (Scoliaste sur Grenouilles^ v. 725).
«5. La comédie dWristophane, les Grenouilles, fut représentée [juur la première fois en février iOo, c'est-à-dire quelques mois après la première émission de la monnaie de bronze. (Argument des Grenouilles).
Kii faisant altenlion à ces dates, on s'explique fort bien ce qu'à voulu (lire Aristophane. Quand il parle, en février 405, des pièces d'un excellent titre dont on ne fait plus usage, il a en vue la vieilli! monnaie d'argent et l'émission temporaire des pièces d or de Tau 407. Il ajoute qu'on leur préfère de mauvaises pièces de cuivre, r/est-à-dire la monnaie d'appoint en cuivre qu'on venait d'émettre pour la première fois en 406. Aristophane met en regard, «rune ))art, les bonnes monnaies d'or et d'argent et les ixjiis citoy^^ns, d'autre part, les monnaies de cuivre sans valeur intrinsf''(|uc; et les mauvais citoyens; en un mot, il raille les Athi-niiMis de trouver pratique et plus commode que l'or et riir^rrit la monnaie de cuivre sans valeur intrinsèque (I).
Huant aux scolies de ce passage, elles paraissent h première vun, je h; viiux bien, condamner cette manière de voir. Le scoliastt' dit ((u'Aristupiiane parle d'une monnaie d*or à laquelle était inrl*' hcaui'uMp de l'uivre (2' : il paraît donc avoir dicté à Bœckh, Mi'ulr l't ii.'iri'.lay licad Ifur interprétation du texte du poète, UM{\> \\>*'y. la lign«' suivante : le scoliaste est si peu satisfait de rr\pih;iii(in qu'il virnt di' ha^îirdtM' qu'il s'empresse d'ajouter
t. \\ rii'<'>' ;iLi-<-:>'>.(' <ii' «'iriM- i>-i !•• !>-iii>iiL'ii:i;.'-i> lie uiiui amii M. Tli. Reina<*ii (jiii iii'«-i-!ii ijJi'iMi r.'.!"!!!! Il- :i'\i»' liWn^fi'jiliani», il e^t arrivé :i la L*oui'ietiu& ,>h^i..,if .ji:.' 1,1 -l'iil'* .".j".! -.iimM i'v;ii-ii- i-^i cvWi" qu'a jiroposèe M. 5»it et que
\I. iti-.iî :< !»■ !■: -w r;ii.:..ti •■ if M. .l.'iiii. «Ml a iTii îi lori qu'Aristophaue faisait
i;ri'' iij.îii-j'iiMi ■•rjiîi' -•./■•:■, .'.f-:.!, «•' />'*•,* /-.^z'^*. Si Aristiiphaue, reaiir- >l I- M K.Mi i.-ii. :i :ii' < >'i II i-M'ilii- iiif |<:n\'iilf aiili(iit*«e. îi aurait semblableiii-'iii l.iii* !■• xiM" Tl'.i. ii|.îi.i-" IrMu .Mii-i'.»riH% lio ri.oyeiis et éont Tivi^i^w-i-i .t\
celle phrase pectificalive : Ajvr.TS $'5tv y.a» tc 7a).y,s jv /i^tiv 'èTiYàp KsAAtS'j yri/xxcîiv vcii.'.îjj.a iv.i^rr^. « Il se pourrait que lu poète fil allusion à /«r mnnnnn' tlf ruirn* fnippôo sous (ialiias [\]. » C'est celte dernière remarque qui, s«hi1c, est dan? la vr»rilé; le scoliaste h'r:?t bien rendu compte qu'il ne pouvait t*tre question d'une monnaie d'or altérée, ce. qui n'existe pas dans l'anliquilé iJi: il s'est rectifié lui-même et repris pour donner une explication plus ralionelle et plus naturelli*, et il a eu raison.
Ainsi, les monnaies d'or (jue nous avons décriti-s plus haut représentent le monnayage de Télé de l'an i07 : elles ont été frappées avec l'or provenant des statues de Victoires consacrées dans le temple d'Athéna. Ce sont des monnaies militaires émises dans un moment de crise politique et financière, fjuand les malheurs publics qui en avaient nécessité l'émission temporaire furent conjurés, Athènes s'empressa de se conformer à son ancienne tradition en ne monnayant plus, en fait de métal précieux, que l'argent : ce l'ut dans la même circonstance que fui créée la monnaie de cuivre, nouveauté spirituellement comparée par Aristophane aux hommes de rien et aux parvenus.
Il importe maintenant de parler du fameux slatèrc athénien, au nom de Mithridate, qui semble, t) fnhri, protester, lui aussi, contre la doctrine monétaire sur laquelle nous nous appuyons. Ed publiant pour la première t'ois, en I8G3 (.'i;, cette pièce d'or
1 Scol . Aristoph. in /i'*'<i. 7?'»; imI. Dijiot. p. 2VG.
(-) ^ o>M sur la pureté «le l'or îles monniue'! untiijues. K. Lenurmant. Lf monnaie dans r Antiquité, t. I, p. \Hl. !.••> i.inx -lau-res ilorés, consacrt'.s par un Laconien ilaus rHéoatonipéilun ei ineniiomio ilans un inventaire île Tan !Î9S. ne •loivent être con»i<.iérés que romnic IVnixre «.le i'au>^Hires et non conmic une monnaie oftiiMelle. C. I. (îr. n* 150, g 30; et". Lenurmant, op. rit, t. 1, p. 2;?6-
(3) Retue i\%onismatiqxie^ nouv. *er. x VIII. p. ITiî.
qui porte les noms de Mithriilale Eupator, roi de Pont, et d'Ariètiûn. ie chef de ses partisans à Athènes. Beulé s'écrie : « Nofis ?omrae:r loin du temps où Eckhel niait qu'on eût frappé de la monnaie dor à Athènes. » C».' slatère. le seul du nouveau style, connu Jusqu'à présent, est la répétition exacte, en plus petite? proportions, d'un tétradrachme du Musée britannique (I'. Si donc nous connaissions la drachme d'argent, remarque B«*ulé. elle serait identique au statère d'or, pour les types. U's îi'jïendes ei le module.
Le slatère dor (|?ii excita l'enthousiasme de Beulé est entré îiu Cibin^'t des Médailles avec la collection de Luvnes; depuis lors, le Musée de Berlin en a acquis un autre exemplaire scmbiahle. mais non du mt'me coin ;2i. Voici la description de ces remarquables pièces.
Tête casquée d'Athéna, à droite (nouveau style).
R. \m. \\\1\\E. MlfJPAAATHS APIITIÛN. La chouclte debout sur Tamphore; à droite, dans le champ, une étoile entre deux croissants, svmbole des monnaies rovales du Pont. L'exemplaire de Luvnes pèse 8 gr. 35; celui de Berlin, 8 gr. 24.
La date do l'émission des monnaies athéniennes au nom de MiLhridate a été ri^'oureusement circonscrite par M. R. Weil(3' entre le l*'" hécalombaeon «.juillet-août) 88 et le 1" mars 86. et l'on connaît les circonstances historiques qui occasionnèrent ce m«»nnuyacre. LWthénien Aristion partit en ambassade auprès du rui de Pont dans les premiers mois de l'année 88. et ce fut au mois d«.' juillet de celte même année que l'alliance d'Athènes av.;.: Miihrulate lut «léfjrjiîivemenl conclue. A Athènes. le ret'.ii:- d Aii^imn. qui revenait oornblt» de présents et de subsides. î"i/ IV:..': ji:i:' di'> :'i\]i.-ui>>ânc«. s «'Xlraordinaires, organisées par
1- lit't'ftJi Muaru.i^. Ari' '. \\. XIll. n° Ti : Th. Keinacb. Trois royaum fi fir' /■.■lM;--Uï'trN'r'-. |i. l'.''i-l'.«T K\»r. •l* la Rerue anmismatiquey 1886*1888..
(J) .î. T: i-j. ieiilri «•: A. ■•••ii palier. Dus Kct>iigL Munzkabinet, p. 96-97: i.. \\'.!:. M'*iheib'.>fj^'i aVi J,i.ur r»/ Athttt, x. VI (IS-Sl), p. 315 ; Th Rei- .'la II. /., . ' »"'.. ji. iî'7.
• ; llui. WVii. /A'.x /y»'f"/.'Mv (i'T A*hcii''r mit Mithrndatfs. dans les Afif-
le parli rnmuïu tio:? Komuins. Arisliorî, lOii stralrgt» nu lh».''Alre de Dionysos pour l'an SH/7, usurpa la lynuuii»', ol, suivant, l'opinion drt M. Th. lloinach, il osL probable qu'ii lit noinnior Mi- Ihridalo lui-nirnui premier slratùmî pour lannpo suivante 87/t> CI). Alhènes se prépara vif,'ourous<'nu'nl à la jruer'ro, et comme au lemfïs do Conon, il l'allut épuiser la n'serve d» l'KlaL pour ballre monnaie au nom de Milln'idalc, le clu'I' suprt^me du mouvrment ronlre lUmie. Le roi de l'ont avait du l'or en (juantité, ainsi tpin lu prouvent ses monnaies [jnntiqu«'s; c'rst sans douln avec les lingots qu'il Iburnit aux Athéniens quu ceux-ci frappèrent monnîiie à son nom. Dans tous les cas, {)uu de mois après le retour d'Aristion, Archélaos, un dtîs u»''n«''raux dn Mithridalc, s'élant emparé de Délos, livra aux Athéniens pour vn battre monnaie les trésors du temple d'Apollon (:i).
Ainsi s'expliijutî tout naturellement, parle simple énoncé di»s faits liistorhjucs, le monnayage athénien de l'or au nom de Mi- Ih rida te : son caractènî exceptionnel ut militaire <''clat«î avec non moins d'évidence que celui du monnayage d'or de l'an M)l, l'as n't'st besoin de dire avec Beulé qu'Arislion lit frapper ces slalèîfs, « par ostentation, pour imiter les souverains d«' l'Asie, do rKgyple, du la Macédoinr, et ilatler snri [uotnclour Milhridate » (li). Curif's, environ ÎK) ans auparavant, h* roi de Syri<\ Anliochus IV Kfuphane liguriî aussi comme [iremirr magistrat sur une série de monnaies athéniennes, cl ('ef>ondant, bien qu^on eût eu intérêt à le llalti'r égahwneMl, on n'émit point de monnaies d'i>r à son nom. Mais de même r[u'à enié du imm d'Antiochus figure en symbole IT'léphant, einhlériie deN Seieucides, lie mémo aussi, sur le statère et sur le ti'tradrachmr' :iu nom de Mithridale, on voit le soleil et la luni», symholo (pii ytarait sur les monnaies pontiques de Miiliridatu et qui éi,'nl reml)iéme traditionnel des Achi*ménidis.
Ijii monnaie d'or d'Athènes au nom de Milliridalt; Inl donc frappi'iî en ST.T» avec les lingots d'or que ir roi de l*o:ii avait
1 1 /fer / fe dr.t E t ttfU'.s tjr''< y ' » r '.v , I ^?<S » .
,*» Appieii. Mithviti. \K\'\\[,
:.<.. R'nrur nutnism"tifjf", ISjîJ, p. 17',»; iM'. lJ.ii.i;iy V.Meiul, livit. Mi's-tnr. Aftica, Inli-od. p. un.
livu'-s iioir.m»^ «nlisiilos ;uix Alhnniens cl qui provonaicnt soit (lo M.'S tn-sois (l'Asit.', <o\[ du pillîiiro de Délos. Co l'ut une monnaie o\ceplionn«.'lio, Iraj^néi? on lempï? de guerre, dans un moment, de dtMresse publique, alors (jue la ville, hlo(iuéf par Syila, ne {loiivail plus exploiloî' les mines d'argent du Laurium(l^; loin d«^ stM'viî' d'ariiunn'nl pour comhallre notre lhi':se. io st:i- Irre de Milhiidaie et d'Arislion en est au c«ontraire la confirmation la plus éi.'.iatanl»'.
Les niriiies cireoiîslanties ont amené, la mémo aniîée, dans un autre pà\s. i'-missiMn d'une autre monnaie d*or aussi en riiunneur di' Mithridale. Kn l'an SS avant notre ère, l'Ilaiie s«* trouvait J'u ph-iii»' icvuiulion : les insurgés de la .guerre îSociaie vijului'i^nt. i'U\ aiis-i, li'ndni la main à Mitliridati;; ils lui envoyèrent un»; amliassadt^ à Per^ame ou à Kplièse: un**, alliance ollènsive lut cout-'.ui*, ri les env«)yL'S samnites quittèrent lo roi de Pun! eu empoiuant d«îs subsides ['2). L'or et l'argent, di^ Mitbridate servireiU aux msuî'mis ilalioles à battre monnaie : un ptatèn? d'ni' uuiinir. dt.- ia eollt'clion de Luvnrs, r<'pr«''senîe ce nKuiiiîiya<:ii iiisurnM-ii<»nn«.'j; bien (|ue frappé en llal;e. il i-s! aux ty|ir> iu.'î^ m<.uiiiai«'S *ie iironze de l;i vii'.e li'Amisus du Pont, rî 11 ptulr rii raraeîèri's usques le nom de Mnuus Ji'iiius, le «'hi'!" pridjai»;»! di' faudjassadi» qui avait U(''i;oci»'' l'alliance. Voin d'ai.lfurs lii d«'Si':-i[)îi>'n lie c«Mt«' curit.nisr médaiiit» :
Tél«" di» l)iun\s<..> ji'Uiie t\ coiironm* de lierre à «iniile. R. t'isle dionysiaque i.-nntre laquelle l'St a[»puy''» un liiyrTÇf oriii' d«' bandidrt'fs tluilanti's; sur la eisle, une mîbride : à
l'cXiTLlUi', riIlSriiplh/U nS({Ur' IKl'ZI h3 l'IMi f^/nifns Jt'tftus Mitin /ilàt\:. Puids : S j!-. .Vl.
L»" p'ji'i^ '.■'!!> .[liiiqM' qui; i''rsî \\i\ stalèi'e, atîique n^mm*^ ios nîi!::i:;n«'s «i"' ;• por ! njiirs r,ii ;;i pièi'i- (i'Alliènrs. F. U'UDpois Ta liiUL'ii»'î!!«'::: ••! !.(];•■ i-' i. l'a. i'muiuî*' tout r<'':rr;imenl encore .\L 'l'h. Il*'ii' l'i:. .: j'''i:;«':;si':ui'nt riipproch»' de l'aîiibassad*»
! \, ■ . M''-'. I :'. . '.' •:i' ■.■■ .■ i- -i-' .;i '';i|iiliiiii{]tiu -rAni-'llt.", OU il»- irutl\:i I .■ * .1 :"A ; ■•■.■• ■,-. î" .:■!■ - ;"■■: •■* •'■' livi'f- ii'aiireiil. V. I': .i. --1 \X\\:i. ;:. i: .•■ i;^.