‹ Mélanges numismatiquesChapitre 39 sur 109 · Tôte casquée d'Athéna à droite · texte numérisé non relu

Tôte casquée d'Athéna à droite

R. A8E. Deux chouettes affrontées, la tête i

rées par une pousse d'olivier.

fi/. 1, — Heclé, i gr. 45. Cabinet de France blié cette heclé en la considérant coi

(J) Barclay V. Head. Britith .Viw.

Périclès et comme anlérieure k l'hemi-sta- . sous le n° 2 (Ij.

VLbéna à droite, debout è droite.

eeté, gr. 73. Cabinet de France et musée

s'en rendre compte par le tableau ci-dessus, série normale des pièces d'or qu'une seule int le poids doit être d'environ 2 gr. 90. On re un jour ; en revanche il existe deux variélu'il en soit, il n'est pas douteux que toutes t venons de décrire soient contemporaines :

style et, sur toutes, le type du revers est enune aire creuse qui n'est que l'ancien carré , graduellement vers l'efTacement complet :

raclères distinctifs des monnaies de la fin orLe maintenant de déterminer à quelle époquelles circonstances cette émission exlraor- 3 d'or a eu lieu.

nt delà 2> année de la 93* Olympiade (juilu Péloponnèse, qui durait depuis tant d'année plus de fureur que jamais. A Athènes, u stratège en remplacement d'Alcibiade; h s avait remplacé Lysandre comme navar- !3 escarmouches, Callicratidas qui commanï sur les côtes de l'Ionio, parvint à bloquer c défait, dans le port de Mitylène : Athènes B. Ce fut alors que les Athéniens, qui avaient alheurs, résolurent de taire les plus grands itruire en toute hâte une nouvelle flotte avec urces de l'Etat.

, dit Curtius, k puiser largement, pour sau- .résor de la déesse Poliade, On alla jusqu'à i en monnaie les statues d'or de la déesse

3ull. de corrapond. hellMiqua, %. VI (1881}, p. 210. mUmatih, t. V (1878), p. 3 et pi. 1, 4.

de la Victoire, et tout ce qui se trouvait dans le vesl Parlhéoon, en Tait de métaux, à l'exception d'une couro fut livré iiux Hellénolames et porté de Ift à la MoDoaie sans doute aussi lea autres comp.irliinenls du Trésor qua les derniers capitaux de la ville (1). » Dans son < ceate sur les Victoires en or de l'Acropole, M. P. E établi queces statues, mentionnées dans un inventaire soriers d'Athéna antérieur è la guerre du Péloponnèse fort probablcmeot au nombre de dix, et que deux d'ei ne furent pas converties en monnaie; le poids moyen cune d'elles était de deux talents d'or ou environ 52,4( mes (2). ûrÂce à ces ressources extraordinaires, cent c vaisseaux, composant la dernière flotte d'Athènes, p mer : ia bataille des Arginuses fut gagnée au mois de bre de l'an 406, c'est-à-dire dans le troisième mois de 1: née de In 93* Olympiode, sous l'archontat de Gallias.

Le fait que nous venons de rapporter est attesté form par le scoliaste d'Aristophane qui afHrme, d'après H( et Phiiochorus, que sous l'archontat d'Antigène, on fi des Victoires d'or aûn de les convertir en monnaies témoignage est confirmé par celui de Démétrius d'AI< («pi 'Ep\i.r,is.iaz, § 281), qui voulant donner un exempl malica! d'euphémisme rappelle l'équivoque ingénieuse à avait eu recours, jadis, un orateur athénien pour prof peuple de porter au creuset les Victoires d'or. Parle détruire eût été une impiété; l'orateur subtil proposa se de s'en servir : t Servons-nous, dit-il, des Victoires d'alliées dans cette guerre ■ (4).

11 ne sera pas inutile de rappeler ici, pour confîrmei moignages, que déjà en l'an 4:^0, lors de l'invasion de I par les Péloponnésiens, Périclès, voyant Athènes à

(Il Curlius, Hitt. grergire. (rail. Boucli^-Leclercq. l. 111, p. (87.

[2) P. Foucart, Let ricloires en or de l'Acropole, dans le Bull, d, hetUnique. erril l8S9. p. S9l et S93.

13) Scol. Arhtoph. in Ran. ven 720, p. 296 de l'ëd. Didol.

(4) Sv/xf-n'à/iiOn: TiU Ni^iii; <■"{ tôï ssii/joi, Beulé qui a connu rappelle que Quialilien dil dana le rnSme Eens équivoque : Victoriis esse (IX, 11, 92). Baulé, Monn i'Athinea. p. 70-71 ; P. Foucart, Op

BS, avait aussi, au témoignage de Thucydide, parlé de ilé éventuelle de frapper monnaie avec lor du temple ,. Prévoyant l'invasion, t Périclès, dit Thucydide, enga- :itoyens à prendre courage, en leur faisant le détail de ^sources : ils recewtient h peu près GOO Inlents par an Lde leurs alliés, sans compter les aulres revenus, et ils incore dans la citadelle 6,000 talents d'argent monnayé, vait eu 9,700, mais le reste avait été dépensé pour les !s de la citadelle et pour le siège de Potidée : il ne , pas Tor et l'argent non monnayé porté en offrande particuliers et par le peuple, ni tous les vases sacrés aient au\ pompes et aux .jeux, ni les dépouilles des it autres richesses du même genre qu'on ne pouvait moinsdeSOO talents. Il ajouta les trésors assez consi*

des autres temples dont on pourrait se servir : et si ;s ressources ne surflsaionl pas, on pourrait faire usage dont était ornée la statue de la. déesse elle-même; il lue cet or pur pesait 40 talents et qu'il pouvait s'enles il observe que si, pour le salul public, on se servait ésors, il faudrait les remplacer dans leur totalité > (1). 'e de l'antiquité comme celle du moyen fige est remplie astances critiques du même genre, où, pour subvenir fssités de la guerre, on porte au Creuset les trésors et itos des temples ou des églises.

phane, dans le passage de sa comédie des Grenouilles ni cité depuis Eckbel, et dont on a tiré, comme nous le

des conclusions erronées, fait allusion à une monnaie ihënes : c'est, nous dit le scoliasle, l'émission qui eut i07, au milieu des circonstances graves que nous avons

plus haut, et dans laquelle on fit fondre les Victoires mporte de citer en entier le passage du poète : « J'ai remarqué que notre cité se comporte envers les bons et i citoyens, comme envers la vieille monnaie d'argent et tlle monnaie d'or. Ces pièces sont d'un excellent titre it, certainement, les plus belles de toutes les monnaies ; ppées et bien sonnantes elles ont cours partout, en

7dida, Guerre du Ptloponniie, II, xiii.

Grèce et chez les barbares. Cependant, nous ne nous en servons plus et nous leur préférons ces méchantes pièces de cuivre, récemment émises et si mal frappées. Ainsi agissons-nous à l'égard des citoyens : les savons-nous bien nés, modérés, braves, honnêtes, instruits dans les exercices du gymnase et dans les arts libéraux, ils sont en butte à nos outrages ; nous employons au contraire ce ramas d^étrangers, d'esclaves, de gens mal nés et ne valant guère mieux, arrivés d'hier et dont jadis Athènes n'aurait pas même voulu pour victimes expiatoires. Insensés ! changez de conduite ; employez de nouveau les honnêtes gens... » (1) Bœckh et Beulé n'ont pas interprété ainsi ce pas* sage de la comédie des Grenouilles. Dans la phrase : tàpxaiov vé- {xuixa xal To xaivbv xpw^fov, ils voient une antithèse entre l'ancienne monnaie d'argent (dpxaiov v6[jLtff[i.a) et la nouvelle monnaie d'or (xaivbv yj^^cio^) de mauvais aloi qui aurait été frappée pour subvenir aux frais de la guerre (2). < Aristophane, dit Beulé, blÂme les Athéniens qui préfèrent à leur vieille monnaie d'argent pure, bien frappée, bien sonnante, de misérables cuivres frappés de la veille et d'une mauvaise fabrique. Athènes fondit un certain nombre de Victoires en or pour subvenir aux frais de la guerre ; mais, soit que l'or destiné à la statuaire fut moins pur de titre, soit que l'on eût mêlé à dessein une quantité d'alliage trop forte, la nouvelle monnaie encourut le blâme d'Aristophane. Cependant, le poète nous apprend lui-môme qu'elle fut en grande faveur, peut-être par un effet de patriotisme. Dans tous les cas, elle dut être retirée par la suite, dès

(1) Aristoph. Ranœ» vers 718 à 733 ; cf. Barclay V.Head. ffist. rium,, p. 31^, note. Voici le passage principal du texte d'Aristophane :

ii Tf rkp'/^xXov và/JLÎsux /aè ro xoctvôv ypxtsivj,

OUTI yko TO^rOtS'tV OU^CV où X!X(êdï;/SU/£8V0(|,

xaè juiévoii ôpdùiç xOTTsèvi xat nixtaBaviaftivoii ?v Ti rôti "E/zifjçt xai tocç îxpBipoiat Travrax^^'j Xf»«û/*s^' oùSkvy à/ià ro'ùroiç roîç ttovripoU x*^^'®'*t X&ii TS xxl Ttoûviv xoTtitoi r& xscxcffru xôfifiari...

'2) Bœckh, Die Staatshaushriltung der Athener, 2* éd., 1. 1, p. 33-3L

de la république Furenl remises en élat meiU alëres el divisions do slalères qui dalenl du ■esont d'un litre très pur. On pourrait marquer ide, l'administration si prospère de Conon, et

l'époque oli cette fausse monnaie d'Antigène ;ircu)ation » (1|. Ainsi, d'après Beulé, on aurait

407 une Causse monnaie d'or, et aucun exemmonnaie de mauvais aloi ne serait parvenu our soutenir une pareille Ihèso, il s'appuie sur coliasle dont nous parlerons tout k l'heure.

A. Barclay V. Head rejatte l'interprôlation que >orlée plus haut et que M. Six lui avait, le prcement suggérée; il se rallie à l'opinion de comme lui qu'on frappa à Athènes, en 4U7, une lée d'un peu d'or et de beaucoup de cuivre, puis, le métal des monnaies d'or d'Athènes qui nous

est d'une très grande pureté, il pense aussi len du monnayage altéré de 407 n'est arrivé josime après la guerre, sous l'administra lion de

recouvra son ancien splendeur, c'est à ce mo- 94, qu'il place l'émission des pièces d'orque nous i sernientainsi comme un reflet de la prospérité

développement commercial de celte époque (2). i arguments de sentiment et qui ne reposent sur it solide : ce monnayage de l'or était si peu> le résultai de la prospérité commerciale, qu'à

florissante de son histoire, cette ville ne mongenl, métal que lui fournissait en abondance les um. Pour bien comprendre le passage d'Arisjrle de se rappeler Irois faits essentiels :

!8 monnaies d'or ne fut que temporaire et elle l'été de l'an 407, sous l'archontat d'Anligèae

Hellanicus).

lieid'Ai/idnet, p. ~0-"l.

Md. Hùt. numorum, p. 314; AUica, Introd. pp. XXVIl ei

2. La première monnaie de bronze qui ait Athènes, remonte à l'an 406, sous l's elle Tul créée immédiatement après la d (ScoliasLe sur Grenouilles, v. 7S3).

3. La comédie d'Aristophane, les Grenoi pour la première fois en février 40â, mois après la première éndission de la (Argument des Grenouilles).

En faisanl attention à ces dates, on s'exp voulu dire Aristophane. Quand il parle, e ces d'un excellent titre dont on ne fait plu vieille monnaie d'argent et l'émission leraf de l'an 407. Il ajoute qu'on leur préfère d« cuivre, c'esL-à-dire la monnaie d'appoint c d'émettre pour la première fois en 40G. Ai gard, d'une part, les bonnes monnaies d' bons citoyens, d'autre part, les monnaies intrinsèque et les mauvais citoyens; en Athéniens de trouver pratique et plus ( l'argent la monnaie de cuivre sans valeur i

Quant aux scolies de ce passage, elles [ vue, je le veux bien, condamner cette ma' liasle dit qu'Aristophane parle d'une monm mêlé beaucoup de cuivre (2) : il parait donc Boulé el Barclay Head leur interprétatic mais lisez la ligne suivonte : le scoliaste c l'explication qu'il vient de hasarder qu'il

(1] Il ni'eiil ai-'ivftlile Je cilei- ioi le (^-moifriiage île qui m'êcril qu'en relisniit le lesfe ii'Ari*(opbKne. il

M. Head a rejeU'c sur rautoii^é Je M. Jelil). Ou a cm i

que M. Kuinacli. avait raiilu établir une pamlle ftatii mont, ilans le vers 711', opiiosé deux catégories de cilo

JB : iûvatts S'âv %a.î ib xaXxoOv Xtfsw ■îmfip

ixén;. « Il se pourrait que le poète lll

? aiivre frappée sous Cttllias [1). » C'csl

je qui, seule, est dans la vécilé; le sco-

iiaste s'est bien rendu compte qu'il ne pouvait élre quoslioQ

d'une monnaie d'or allérée, ce qui n'existe pus dans l'anli-

quilé (2); il sest rectifié lui-même et repris pour donner

une explication plus rationcile et plus naturelle, et il ii eu

raison.

Ainsi, les monnaies d'or que nous avons décrites plus haut représentent le monnayago de l'été de l'an 407: elles ont été frappées avec l'or provenant des statues de Victoires consacrées dans le temple d'Alhéna. Ce sont des monnaies militaires émises dans un moment de crise politique et Qnancière. Quand les malheurs publics qui en avaient nécessité l'émission temporaire furent conjurés, Athènes s'empressa de se conformer à son ancienne tradition en ne monnayant plus, en fuit de métal précieux, que l'argent : ce fut dans la même circonstance que fut créée la monnaie de cuivre, nouveauté spirituellement comparée par Aristophane aux hommes de rien et aux parvenus.

11 importe maintenant de parler du fameux statëre athénien, su nom de Mithridate, qui semble, à priori, protester, lui aussi, contre la doctrine monétaire sur laquelle nous noua appuyons. En publiant pour la première fois, en 1863 (3), cette pièce d'or

iWScol. ArUtoph.inBan.1th\éA. DiJol, p. 2ï6.

(1) Voyez sur la pureU ds l'or Ae% itionaaie» antiques, F. LenormanI, La monnaie dam l'Antiquité, I. I, p. 187. Les faux sUlères dor^s, consacras par un I conien daa« l'Hëcatompâdon et menlionnés dans un inventaire de l'an 398, ne i ivenl être conaiilërés que comme l'œuvre de faussaires et non comme une r nnaie officielle. C. I. Or. n" 150, § 38; cf. Lenormant, ep. cit. t. 1, p. ÎZ6- S ;.

fe 3) Reem numitmaligu», nour. aèr. I. VI11. p. 176.

qui fiorte les noms de Mithriilate EupaU d'Aristion, le chef de ses partisans à Alhè ■ Nous sommes loin du Lemps où Eckhel ni de la monnaie d'or à Alhèncs. > Ce slalèro, elyle, connu jusqu'à présent, est la répélit petites proportions, d'un tétradrachme d que (!). yi donc nous connaissions la drachn que Bculé, elle serai! identique au statàre d les li^gendes et le module.

Le slalère d'or qui excita l'enthousiasme au Cabinet des Médailles avec la collection lors, le Musée de Berlin en a acquis un sut blable, mais non du mèrae coin (2). Voici 1 remarquables pièces.

Tète casquée d'Athéna, à droite (nouveau R. AeE. BASIAE. MIOPAAATHI APISTIO

bout sur l'ampbore; k droite, dans le chi tre deux croissants, symbole des monnaie L'exemplaire de Luynes pèse 8 gr. 33; celui

La date de l'émission des monnaies alhé Milhridate a été rigoureusement circonscrit entre le 1" hécatombaeon (juillet-août) 88 ot l'on connaît les circonstances historiques ce monnayage. L'Athénien Aristion partit er du roi de Pont dans les premiers mois de 1 au mois de juilletde cette même année que I avec Mithridale l'ut délinilivemenl conclue tour d'Aristion, qui revenait comblé de prés fut (èlé par des réjouissances exlraordinaii

(1) Brilùh Mtutum, Altica, pi. XIIl, qo 5; Th. R dt rAiie-Miiuure, p. 19&-leT (Eilr. de la Sevua num,

(1) J. Friedlaander et A. von Sallel. D<u Koenigt. J R. Weil, Minheilungen dei Initii. tu AlA»n, t. VI ( nach, toc. cit., p. 197.

(3) Rud. Weil, Doî BUndniis der Atheiitr mit Hit Ifieilungen d. K. Initit. tu Alhfi, t. VI, p. 325.

tnnomi dus Romuins. Aristion, éiu stratège itii théâtre 'SOS pour ruD 8S/7, usurpn la lyraonie, et, 3uivanl l'opi- VI. Th. Ilcinach, ii est probable qu'il fit nommer Milui-mëme premier stralùge pour l'année suivante Athènes se prépara vigoureusement h lu guerre, et lu temps de Conon, il l'uUnt épuiser la réserve de l'Ëlut tre monnuie uu nom de Milhridate. le chef suprAmc du ent contre Home. Le roi de Pont avait de l'or on quann que le prouvent ses monnaies ponliques; c'est sans oc les lingots qu'il fournit auv Athéniens que ceux-ci nt monnaie â son nom. Dana tous les cns. peu de mois retour ii'.\ri3tion, Archélaos, un des généraux do Mi- , s'ctant emparé de Délos, livra aux Athéniens pour en lonnaie les trésors du temple d'Apollon (â).

s'explique tout nuturellemcnt, par le simple énoncé des toriques, le monnayage athénien de l'or au nom de Mi- : son curactèi-e exceptionnel et militaire échite avec ins d'évidence que celui du monnayage d'or de l'an 407. il besoin de dire avec Beulé qu'Aristion fit l'ruppor ces , a par ostentation, pour imiter les souverains de l'Asie, 'pte, de la Macédoine, et flatter son protecteur Mithri- (). Certes, environ 90 ans auparavant, le roi de Syrie, us IV Bpiphane ligure aussi comme premier magistrat I série de monnaies athéniennes, et cependant, bien lût eu inlérôl h le Hatter également, on n'omit point reaies d'or à son nom. Mais de même qu'à câté du nom chus figure en symbole l'éléphant, emblème des Sclcule mAme aussi, sur le stnlère et sur lo tétradrachme au : Mithridate, on voit lo soleil et la lune, symbole qui sur les monnaies pontiqucs de Mithridate et qui était me traditionnel des Achéménides.

onnaie d'or d'Athènes au nom do Milhndate fut donc I en 87/6 avec les lingots d'or que le roi de Pont avait

Heinnch. /.ci itialcgcs nir les iiiod.ioiVi d'Athènes, p. IB {V.\U. tle

des Etudes grergiiei, ISeS).

lien, Mithrid. XXVIll.

îu« ntimismalique, 1SC3, p. 179; cf. llarctay V.Head, Bril. Muséum.

livi-és-cominc subsides aux Alhcnicns ci qui pro^ de ses Irésors d'Asie, soit du pilloge de Déloa. Ce r naie exceptionnelle, frappée en temps de guerre, d ment de détresse publique, ulors quo la ville, b1oqu> ne pouvait plus exploiter les mines d'argent du I loin de servir" d'arj^umcnt pour combattre notre H 1ère de Mithridalc et d'Arislion en est au contraii' mation la plus éclatante.

Les mêmes circonstances ont amené, la mùmc un autre pays, l'émission d'une nuire monnaie d' l'honneur de Mithridalc. En l'an 8K avant notre or trouvait en pleine révolution : les insurgés de la gu voulurent, eux aussi, tendre la muin ii Mithrîdate voyèrent une ambassade à Pergamo ou h Ephèso; offensive fui conclue, et les envoyés samnites quitt de Pont en emportant dos subsides (2), L'or et l'ar thridate servirent aux insurgés itatioles ù battre d statère d'or unique, île la collection de Luyncs, re monnayage insurrectionnel; bien que Irappé en t aux types des monnaies do bronze do la ville d' Ponl, et il porte en caractères osques le nom do Mii le chef probable de l'ambassade qui avait négoci Voici d'ailleurs la description de cette curieuse méc

Tète de Dionysos Jeune et couronné de lierre à (

R, Ciste dionysiaque contre laquelle est appuyi:

orné de bandelettes flottantes; sur la ciste, une

l'exergue, l'inscription osque IH1-Zlh3l-IW (ifinius

fiiitls). Poids : 8 gr. 50.

Le poids nous indique que c'est un slatèrc altiqu monnaies d'or pontiques ou la pièce d'Athènes. F. longuement étudié et il l'a, comme tout récemr M. Th. Reinach, iii;.;énieuscmcnl rapproché de

(1 ■ A|>|iieii (Mil/ti-iil. 3'.») dit qu« loi-s de In capilulalioii d'Allira |iliis à l'Acroiiole que JO ]iïi-es U'or H 60 livras U'argeut. lï; DioJ. feic. XXXVII, IT, II et U.

Dvée dnns le Pont dool elle reflète le monnayage; me n'en a jusqu'ici bien nellement, selon nous, décriLable carnctèro. Uompois se borne à dire que cet îi vivant témoignage d'un acte « d'adulation et de l'égard du roi de Pont >, et qu'il n'a d'autre but iacrer le souvenir de l'ambassade qui lui fut enson plein succès (1). Pour notre part, nous voyons nnayuge de l'or, aussi bien en Italie qu'à Athènes,

qu'une fantaisie ou un souvenir commémoralif : s lingots d'or envoyés par Mithridate que ses alliés, naissent pour chef suprême de l'insurrection, frapnonnaie d'or; cette monnaie miiitaii-e, émise dans tances analogues à celles qui lirent envoyer au V^icloires en or du Pai'thénon. est nécessitée par les de guerre et par la crise politique et Qnanciôre. Son 'est donc que l'application d'une loi constamment ns r.-intiquilé grecque et romaine, et son caractère et politique est le même, par exemple, que celui du

frappé par T. Quinclius Flamininiis après la con- Macédoine, ou celui des aurei que frappait Sylln rator h la télé des troupes qui combattaient Mithriasurgés Samnites (2j.

(" mars de i'an 8C avant J.-G. qu'eut lieu la prise ar Sylln (3) : les espérances des confédérés étaient ; retour; Mithridale après avoir fuit trembler Rome uver bientôt pressé jusque dans ses derniers res. Les subsides qu'il avait envoyés à Athènes et en ' nt guère d'aulre résultat que de nous transmettre ;s qui attestent sa richesse et les proportions l'orl'avait prises l'insurrection générale qu'il avait mtre Rome.

s, I^s types iiio-iêtaires de l(t gtierie sociale, p. ï"-' et Jil. III , Hisl. delà iito.iii. vimai.K. I. Il, |i. 110: It. Weil, dans la yiimiiinnti^ , t II, |i. 8H; A., von Sollfl. d.-ini la Xeit. f. îi'um- ■h lleinnfili, Trais ronauoien de VAnit-mneiu-e, p. 197. n, liSoix-iaies de lu Bfpubliqiit romaine, t. I. \>p. iOTi e< sulv. I. Dus RU.idiiiss der AlUeiier mit Mil'iradates , itmi^ Ie4 Mil K.d. IiiiliCitls su Athen. I. Vl;iRHi;, p. 330.

Avant do m'arrêler, je dois dire un mot d'une petite série de monuments monétitormes, en or, que j'ai systématiquement exclus de celte étude : ce sont ces petites pellicules estampées à Taide d'un' poinçon, en relief d*un côlé, en creux de Tautrc, qu'on appelle des bractéates. Malgré l'autorité de Beulé, de M. Moramsen et de Fr. Lenormant (1), je ne saurais considérer les bractéates antiques comme de véritables monnaies; Lcnormadt lui-même a essayé de répondre à l'avance au doute qui pourrait être émis sur ce point, en partageant les bractéates ea deux catégories, celles qui auraient servi de monnaies et celles qui auraient simplement été cousues comme des paillettes sur les vêtements (2). Les bractéates d'Athènes sont au type de la chouette et sans légende; telle en est la fragilité qu'avec un module de 15 millim. environ, elles ne pèsent que 30 centigr., 15 centigr. et moins encore. Or, remarquons que, dans la série des monnaies antiques, les plus petites divisions sont précisément les plus globuleuses, ce qui se comprend aisément, étant donné que la monnaie est destinée à un usage quotidien, à une manipulation incessante : la ténuité des bractéates est un obstacle à ce qu'on puisse les regarder comme de vraies monnaies. Leur type n'est pas un argument bien sérieux, car-uorabre de monuments, tels que les poids et les tessères, sont aussi marqués d'une empreinte pareille à celles des monnaies. Quarit au poids, remarquons qu'il s'agit de moitiés, de quarts, de huitièmes d'oboles, c'est-à-dire de monuments de quelques centigrammes, et pour d'aussi petites divisions il n'est pas possible d'accorder une sérieuse valeur scienliGque au poids que nous constatons aujourd'hui. Au surplus, on a de pareilles bractéates pour tous les pays et tous le© siècles de l'antiquité : il en est qui portent les types de Cyzique, de Sicyone, de Panticapoe, de Ténédos, de Mélos, d'Alexandre ou môme des empereurs romains : tous ces monuments, qui ne sont pas rares dans les collections, et sur les bords desquels on l'emarque assez souvent lo-s trous qui servaient à les iixer sur les vêtements do

(1) Beulé, Monnaies d'Athènes^ p. 63-64; MommseD, Hist. de la ^nonn, romaine, p. 77, t. l; Fr. Lenormant. La monnaie dans Vantiquité^ t. I, p. 263. (2) F. Lenormant, op, cit,^ t. I, p. 38-39.

luxe, ne peuvent ôtre considérés que comme des bijoux monéliformes ou comme des monnaies fictives qu'on plaçait dans la bouche des morts pour payer àCharonledroitde péage : on les trouve presque toujours dans les tombeaux (1).

Pour conclure en quelques mots, si Ton accepte les données de ce travail, on reconnaîtra que Eckhel qui se refusait à ad* mettre qu'Athènes eût jamais frappé de la monnaie d'or, était plus près de la vérité queBeulé, qui soutint la théorie opposée, et citait avec retentissement un si grand nombre d'exemples à l'appui. Deux fois seulement dans toute son histoire, Athènes frappa de la monnaie d'or : en 407 et en 87 av. J.-C. Dans les deux cas, ce monnayage fut exceptionnel, imposé par des circonstances politiques que nous connaissons : Athènes, pas plus que toute autre ville de la Grèce, ne pouvait déroger à la doctrine monétaire de toute l'antiquité qui réservait aux rois ou aux généraux à la tête de leurs armées le privilège du monnayage de l'or.

{1)J. Friedlaender ne coasidère pas les braclëates comme des monnaies. Zeitichrift fûv NumUmatik, t. V. (1878), p. 4.

gP(r-VF''ir-V'-^ff-w-<

Page 1