‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 100 sur 320 · Bibl. nat. Dupuy, vol. 85, f. 337 et suivants · texte numérisé non relu

Bibl. nat. Dupuy, vol. 85, f. 337 et suivants

4. Catalogue des actes de François /er, t. VII, p. 492, n" 26061 ; cf. id. p. 470, n° 25802.

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vilaine affaire. Accusé de faux ainsi que son clerc Jean Monnault par François d'Argillières, sieur de Vallescourt, lieutenant général de Clermont en Beauvoisis, il avait été cité devant le Parlement de Rouen, auquel on avait adjoint pour la circonstance dix conseillers du Parlement de Paris '. Ragueneau fut suspendu de son office pour un temps ; son clerc fut « condamné à faire amende honnorable et banny à temps pour le cas privillegié et pour le delict commun renvoyé à l'evesque » ; et tous les deux ensemble « es despens, dommaiges et interestz ».

A la suite de cette condamnation, François l", à qui l'arrêt parut « bien cornu » et non « tel que les mérites du personnage le requeroient », considéra l'office de Ragueneau comme vacant et, sur requête du cardinal Jean de Lorraine, il l'accorda à Lazare de Baïf. Mais Ragueneau protesta énergiquement lorsque Baïf, le 30 juin, demanda l'enregistrement de ses lettres de provision. « Les gens du roy mandez dirent qu'il n'y avoit que trois cas esquelz on povoit dire ung office vacant et d'icelluy pourveoir, assavoir par mort, par résignation et par forfaicture. » Ne trouvant aucun de ces cas dans les lettres de provision, ils refusaient de recevoir et instituer Baïf et ils admettaient l'opposition de Ragueneau.

Le 4 juillet, Baïf ayant retiré ses lettres du greffe, on lui demanda s'il persistait « en la réception qu'il avoit requis audict estât ». Il répondit affirmativement et, pour bien montrer qu'il n'avait aucune animosité personnelle contre Kagueneau, il expliqua dans quelles conditions il avait été pourvu de sa charge, qu'il n'avait pas sollicitée. « Falloit entendre, dit-il, que, en faveur du cardinal de Lorraine, cjtti Fn Ions jours iioiury et enlretenii, le Roy, y a ung an, promit audict cardinal le premier office de maistre des requestes qui vacqueroit, dont luy [Baïfj n'avoit rien sceu, sinon par le récit

I. Calaloi^iie, etc., t. III, p. 149, n" 8172 (29 octobre 1535), et p. 16S- 169, n" 8272 (29 janvier 1536).

LAZARE DE BAIF MAITRE Df-S REQ.UETES 12}

que luy en feit lors ledict cardinal et oncques puis il n'y pensa. Advint que ces jours passés, il alla à Fontainebleau où cstoit le Roy ', comme encores est, et ledict cardinal et le grand maistre de France-, pour saluer le Roy et lesdicts seigneurs, lesquelz il trouva ; et luy dist ledict grand maistre que le Roy l'avoit retenu son maistre des requestes au lieu dudict Raiguegneau. Après se présenta au Roy, lequel quand il le veit luy feit bon recueil et luy dist ces paroUes : « Mons"" de « Bayf, je vous retiens maistre des requestes de ma maison, car « foy de gentilhomme, je ne me servirav jamais de Raigue- « gneau. » Et tournant sa parolle audict grand maistre, luy dist : « Mons'' le grant maistre, faictes despescher ses lettres. » Et est tout la poursuitte qu'il en feit jamais en fliict. »

La cour, pour toute réponse, commanda à Baïf de rapporter ses lettres au greffe. Celui-ci n'en fit rien et, pour vaincre la mauvaise volonté de la cour, il recourut cà de puissants appuis. Il avait déjà pour lui le cardinal de Lorraine ; il s'adressa au cardinal Jean du Bellay, au logis duquel le greffier du Parlement le trouva lorsque le ii juillet il alla lui réitérer Tordre de la cour.

Jean du Bellay, par l'intermédiaire du greffier, fit savoir au Parlement qu'il avait à lui faire, à ce sujet, et d'ordre du roi, une importante communication. « Et parce qu'il avoir prins des pillules ledict jour et ne pou voit sortir, envoyoit prier le premier président de faire ses excuses envers la court et luy remontrast qu'elle ne touchast aucunement audict affaire, ains supercedast jusques ad ce qu'il eust parlé à la court, de ce dont le Roy luy avoit baillé mandement, estant asseuré que si autrement elle taisoit, elle rendroit le Roy très mal content. »

C'est seulement une semaine après, le 19 juillet, que Jean du Bellay vint au Parlement présenter les lettres missives du roi et demander la réception de Baïf. Il prononça un long discours. Après unexorde insinuant, il déclara que François I",

1. François l^^ était à Fontainebleau depuis le 5 juin; il y resta jusqu'au 3 ou 4 juillet.

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