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LES PLANS DE CATHERINE II Î4I

trois parts et força la Prusse à l'accepter, ce qui valut à l'Autriche les palatinats de Cracovie et de Sandomir. En échange, elle fît signer par l'Empereur des articles secrets portant i" la reconnaissance de la convention du 12 (23) janvier 1793 relative au second partage de la Pologne au profit exclusif de la Russie et de la Prusse ; 2" l'extension au cas d'une attaque prussienne de Talliance austro-russe contre la Porte ; 3° la confirmation des engagements contractés par Joseph II en 1782 pour le partage de l'Empire ottoman.

En discutant ces articles avec Markow, Cobenzl lui lit observer qu'il était sans instructions pour la clause n° 3 dont on n'avait jusqu'alors fait aucune mention. «Je vous avouerai ingénuement, répondit Markow, qu'aucun de nous n'avait le projet de l'insérer; c'est une idée personnelle à l'impératrice sur laquelle elle vient de me donner des ordres et à quoi elle tient essentiellement. »

Cobenzl signa sub spe rati. « Entre temps, écrivit-il à Thugut, et par l'occupation de la Crimée, et par la paix de Jassy, la Russie a acquis pour elle tout ce qui devait lui revenir en propriété, tandis que, grâce aux malheurs que nous avons éprouvés, nous sommes restés dans notre ancienne position vis-cà-vis des Turcs. . . Il me paraît, dans le fait, avantageux pour notre cour que l'Impératrice, en nous assurant son adhésion et son concours au lot important que nous convoitons sur l'Empire Ottoman, veuille bien de son côté ne plus faire de conquêtes pour elle, et en cas de grand succès, établir un Empereur grec et un roi de Dacie dans les belles contrées qu'il serait difficile de l'empêcher de garder pour elle-même. Tout le ministère russe, sans exception, désapprouve ce projet de l'impératrice ; il le croit d'autant plus contraire aux intérêts de la Russie que, s'il pouvait jamais réussir, il faudrait d'abord que ce puissant empire s'épuise pour soutenir des souverains de sa création qui, une fois bien établis, deviendraient pour lui des voisins plus redoutables que les Turcs, sans que les liens du sang empêchent les guerres.

suite naturelle du voisinage. Ce grand projet, enfanté par l'Impératrice elle-même, a toujours été son idée favorite et le pivot principal de la réunion des deux cours impériales ; il serait dangereux par conséquent d'y faire des objections d'autant plus inutiles que le cas est encore bien éventuel, et que, s'il n'a pas lieu pendant la vie de llmpératrice, il ne s'exécutera probablement pas sous le règne du grand-duc, qui y est absolument contraire ' . »

L'Empereur signa le traité, mais assurément, par nécessité et pour retenir la Russie d'agir seule pendant qu'il était complètement occupé par la France. La crainte de voir Catherine commencer la guerre contre le Turc revient comme un refrain dans la correspondance de Thugut.

Les négociations avec l'Angleterre et la politique de cette puissance constituaient pour Catherine une autre face du problème, et par suite les rapports des diplomates anglais sont pour nous une source précieuse de renseignements. Les menaces de Pitt en 1791 avaient vite été oubliées, en apparence au moins. L'usurpatrice du trône de Russie se portait en champion de la légitimité et excitait les rois à combattre les Jacobins. Dès le 29 décembre 1792, Grenville écrivait à Auckland que « les ouvertures russes communiquées par Whitworth sont un événement très important ; améliorées, elles peuvent conduire aux plus heureuses conséquences ». Mais les négociations devaient être laborieuses. En mars 1793, le duc de Richmond écrivait à lord Grenville que Woronzow (l'ambassadeur russe à Londres) déclarant qu'il avait ordre de refuser un secours en troupes de terre et n'ofirant que des vaisseaux dont l'Angleterre n'avait pas besoin, il convenait de transférer la négociation à Saint-Pétersbourg. On ne signa le 25 mars à Londres qu'une déclaration de l'intention des deux pays d'agir en commun contre la France. La négociation transférée à Saint-Pétersbourg n'y marclia pas plus vite. Whitworth

I. Archiv fur Kunde ôslerr. Gescl.ncblsi]uellei!, 42 Bd., 80.

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