‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 117 sur 320 · LES PLANS DE CATHERINE H I · texte numérisé non relu

LES PLANS DE CATHERINE H I

écrivait le 20(31) janvier 1794 à lord Grenville : « Je ne serais pas surpris si le renseignement que je vous ai donné il y a quelque temps au sujet des mesures que cette cour veut prendre pour amener l'indépendance de la Moldavie se confirmait. On a toujours la pensée qu'une députation de cette province doit venir demander à être placée sous la protection de l'impératrice'. » Il en concluait qu'il devait se défier de ceux auxquels il avait affaire et ne signer qu'un traité nettement avantageux.

Le 14 (25) février 1794, il communiquait encore à Grenville les difficultés que la question turque entraînait dans les négociations au sujet d'une alliance anglo-russe. Il éprouvait des scrupules à céder aux vœux de la Russie et à faire dépendre le secours qu'elle devait fournir contre la France dans cette guerre du fait qu'il n'y aurait pas de guerre russo-turque. « D'après les meilleurs renseignements, écrivait-il, les Turcs ne pensent point actuellement à attaquer les deux cours impériales s'ils n'y sont pas absolument forcés par celle de Saint- Pétersbourg. Mais la crainte n'est que trop fondée que si l'impératrice voit à la fois l'occasion favorable d'exécuter ses plans contre les Turcs et ensuite la possibilité de se soustraire à ses engagements contre nous, elle préférera la guerre avec la Porte à une participation à notre guerre actuelle. Je suis donc forcé de demander la suppression de cet article avec plus d'opiniâtreté que je ne le ferais si j'étais convaincu de la droiture de ces gens-là. Malgré la saison avancée, je préfère laisser Votre Excellence décider elle-même plutôt que de m'exposer au danger de payer sans obtenir la chose. Dans tous mes entretiens avec les ministres de l'Impératrice, je me suis efforcé de leur faire saisir d'une part, les dangers d'une guerre avec la Porte, de l'autre, que les avantages territoriaux qui en résulteraient pour eux ne pouvaient être mis en comparaison avec le danger auquel l'Europe et eux-mêmes seraient exposés si de nouveaux systèmes venaient à s'établir et servaient avec

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