‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 129 sur 320 · LE COSTUME DES ÉLÉGANTS AU XIW" SIECLE · texte numérisé non relu

LE COSTUME DES ÉLÉGANTS AU XIW" SIECLE

dut bientôt intervenir, et, dans le second canon du synode de Cologne de 1337, est en effet expressément blâmée l'habitude très répandue de porter partout des poignards, que certains introduisirent même dans les églises « in grande cleri scandalum » et « in omnipotentis Dei offensam ' ».

Sur le chaperon (v. 23), notre poète ne nous donne aucun renseignement de détail, mais nous savons par d'autres sources qu'au xW siècle « on eut d'immenses chaperons dont la cornette fut allongée au point de tomber plus bas que le dos et d'aller battre les jambes, comme une queue de bête^ ». C'est sans doute cette cornette qu'il faut entendre par le mot coquille du vers 24; toutefois je ne trouve nulle part ailleurs « coquille » rendant le latin citciillaK Du reste, le passage en question est évidemment corrompu, comme le montre la répétition des mêmes mots par derrière à la rime des vers 23 et 24. — Les jeunes hommes dont notre poète satirique trace le portrait portent leurs cheveux d'une manière qui était à la mode à partir de la fin du xiii'^ siècle : entre la séparation des cheveux était laissée une touffe dont on faisait une grosse boucle relevée sur le front ^ — « comme aux chevaux », dit notre poète (v. 49). Et l'auteur du Roman de Faiivel dit (en 13 10) des chanoines élégants de son temps :

Ne vivent mie clerjaument, 780 Anciés vivent bestïaument...

A Fauvel sont fis et neveus :

Adorciilol sont lor cheveus. Il sont de l'Yglise fillastre, Quer euls font trop le gentillastre...

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