Gr. Pal., p
2. Parisinus gr. 3069 (Regius 2829), fol. 305 \', partie datée de M94. — Ce volume, grand in-40 de 3 14 feuillets, se compose exclusivement de fragments extraits par A. Politien de nombreux auteurs grecs et de Boèce. C'est une farra^o très intéressante.
3. Mélanges d'archéologie et d'histoire, p. p. l'École française de Rome, t. XV, 1895, p. 8 et ss.
4. Pendant l'impression de cet article, un nouvel examen du Parisinus 2421 (voir ci-dessus, Alphabet VIII) nous a permis de relever (au fol. 34 ro) un groupe non identifié qui devrait porter le no 39.
LES DIXAINS CATHOLIQUES
ET Jaqjjes Estauge imprimeur a Bale
Le catalogue des livres du Comte de Lignerolles a décrit, pour la première fois, sous le n° 1418, une plaquette dont on ne connaissait jusqu'ici l'existence que par une mention de la Bibliothèque française de Du Verdier '. Il s'agit du recueil intitulé :
Les DiXAiNS II CATHOLiavES, || TIREZ || d'aucuus lieux communs de II la Sainte Escriture, & || consolans les || fidèles |1 ^ Il A Basle. Il Par Bernardin Vvilmach ^ |1 M. D. LXI [1561]. In-8 de 12 ff. non chiffr., signât. A-C. Lettres rondes.
Ces Dixains catholiques sont en réalité très protestants. Le premier est adressé par jAauES Estauge « A excellente & magnifique dame, Madame de Palais : »
Droitte Pallas, par ton sens & maintien As aucun lieu remply de ton renom :
Mais encor plus le tien zèle chrestien En toy ardant, augmente fort ton nom. le ce voyant (ô d'Hollande la fleur) Ores ces vers t'ay voulu présenter.
Les prendras-tu ? Certes sans rien douter le croy que oy : car il n'y a nul pleur Ne rien Papal : mais récréation En l'escrit saint du grand Dieu de Sion.
Ces vers ne brillent certes, ni par l'inspiration ni par la facture, mais ils tirent leur intérêt de la personne à laquelle ils
1. Ed. Rigoley de Juvigny, t. II, p. 278. Du Verdier cite l'édition au nom du libraire Jean Mareschal.
2. Cet imprimeur n'est pas autrement connu dans les annales de la typographie bâloise. (Communication de M. le D^ Bernoullij. — B. Wilmach n'est, croyons-nous, qu'un pseudonyme.
sont adressés. Cette « droite Pallas», dont la renommée s'est répandue en plusieurs lieux et dont le zèle chrétien a rehaussé le nom, ne peut être autre en effet que Yolande de Brederode, femme de Jaques de Bourgogne, seigneur de Palais et de Bredam, ce parent de Charles Quint, que son attachement à la réforme obligea de quitter les Pays-Bas, et dont nous avons raconté la vie errante et voyageuse à Cologne, Strasbourg, Bâle et Genève '.
Mais une question se pose ici : d'après les principaux généalogistes de la Belgique, Madame de Palais serait morte en 1557. Dans ce cas, le présent volume ne pourrait être que la réimpression d'une première édition parue avant cette date et actuellement perdue.
Outre la dédicace à Madame de Palais, les Dixains catholiques renferment 46 pièces, dont 12 seulement sont signées, savoir :
de Guillaume Gueroult% quatre dizains : Aux amys et
1. VExciisede noble seigneur Jaques de Bourgogne, seigneur de Palais et de Bredam, par Jean Calvin, avec une Introduction par Alfred Cartier, Paris, Lemerre, 1896, in- 12, et 2^ éd. revue et augmentée, Genève, 191 1, in-8.
2. La France protestante ne fait aucune mention de ce fécond écrivain. Guillaume Gueroult était de Rouen. Ayant embrassé la réforme, il se retira à Genève, probablement en même temps que son oncle, le libraire Guillaume- SimonDu Bosc, lequel fut reçu bourgeois en i $47. Après être restéquelques années dans cette ville, il se rendit vers 1550, à VienneenDauphiné, et entra comme correcteur dans l'imprimerie de BalthasarArnoulIet, mais il ne tarda pas à revenir à Genève, où on le retrouve dès le milieu de 1 5 5 3 . Dans l'intervalle, il avait épousé une femme « rière la papaultc », avait été à la messe et s'était confessé. Le Consistoire, qui surveillait toujours de fort près la conduite de ses ressortissants, lorsqu'ils séjournaient en pays catholiques, le manda aussitôt à sa barre (Registres du Conseil, 31 août 1553). Déjà avant son départ il avait été condamné à l'amende et à quelques jours de prison pour paillardise et paroles sinistres contre les ministres (Rcg. du Conseil, 5 avril 1 549). Gueroult reconnut s'être confessé « craignant la mort », mais il ajouta n'avoir quitté Genève qu'avec le consentement des magistrats, dont il avait obtenu un congé de deux ans. Ce ne serait donc point, comme le prétend Th. de Bèze dans sa vie latine de Calvin, afin de se soustraire au châtiment dont il était menacé pour sa conduite déréglée. Le Consistoire se borna à lui défendre la cène et à le remettre devant Messieurs, mais en
LES DIXAINS CATFIOLIQ.UES 3,0.9
fidèles (f. A4 v°) ; Des estrangers (f. C r°, 2 pièces) ; Des martyrs à Paris conmnei (f. A3) et huit dizains de P. Bord '. : Aux amys et fidèles (f. B.) ; De vérité cachée {i. B v°) ; De vierile (ibid.); Du mesme précèdent (f. B 2); Comment on entrera en paradis (f. B 3 v°) ; V Eglise (f. C v°) ; V ascension de Christ (f. C 2 v°); Du Diable (L C 4).
Parmi les trente-quatre dizains anonymes, les deux premiers portent pour titre : « l'Auteur commence » et « d'un tombé en povreté au Lecteur. » Le poète s'y plaint en termes touchants d'être tombé dans la misère, de se voir abandonné de ses anciens amis et d'être obligé de servir après avoir été maître lui-même :
même temps, une accusation beaucoup plus grave était dirigée contre Gueroult. Dans une lettre communiquée au Conseil, Balthasar Arnoulletquise trouvait alors en prison à Vienne pour avoir imprimé dans cette ville en 1553, le Clvistianisini restitiitio de Michel Servet, chargeai! Gueroult d'avoir corrigé l'ouvrage, sans l'avertir que ce livre fûtretnpli de propositions dangereuses, réprouvables et hérétiques. Les magistrats décidèrent d'interroger à cet égard Servet, dont le procès se poursuivait alors (Reg. du Conseil, 21 août 1555 ^^ Actes du procès, dans Catvini op., t. VIII, pp. 740 et 758). Celui-ci déclara avoir au contraire corrigé lui-même son livre en cachette et Gueroult ne fut pas inquiété. Mais, dès l'année suivante, il s'attirait l'animosité de Th. de Bèze pour avoir entrepris une traduction des Psaumes (voir à ce sujet, A. Cartier, Arrêt s du Conseil de Genève etc . , 1893, p . 156) et ses relations avec les Libertins le rendirent plus suspect encore. Aussi, lorsque les chefs du parti quittèrent la ville après Téchaufiburée du 16 mai 1555, jugea-t-ilà propos de les imiter (Registres du Conseil, 19 et 23 juillet 1555). On le retrouve de passage à Lausanne en février de l'année suivante avec Perrin et Vandel et encore en 1562 (Calvini op., t. XVI, p. 26 et XIX, p. 474), mais c'est à Paris et surtout à Lyon, où il publia de nombreux ouvrages, qu'il passa le reste de sa vie. Le spirituel et mordant pamphlet qu'il avait fait paraître en 1559, ^°"^ ^^ titre à' Episiredn seigneur de Brtisquet aux Syndic:^ et Conseil de Genève, avait d'ailleurs exaspéré les magistrats alvinistes et Gueroult se donna garde de tomber en leurs mains. Un mandat qui lui fut délivré par les échevins de Lyon en mai 1569 (communication de M. J. Baudrier) montre qu'il vivait encore à cette date, mais celle de sa mort est inconnue. On trouvera dans Du Verdier (11, 86) et dans le Manuel du Libraire (n, 1790) la liste de ses principales productions.
I . Le prénom ne permet pas de penser au pasteur et professeur Jaques Des Bordes {France prot., 2* éd., V, 265). Nous avons trouvé d'autre part dans les archives de Genève, la mention d'un Pierre Borde ou Bordes, de
O quel regret j'ay d'avoir esté maistre Et puis servira cet heure présente...
Il semblerait naturel tout d'abord d'attribuer à l'auteur de la dédicace à Madame de Falais, les pièces non signées de notre recueil, mais il convient toutefois de rechercher au préalable qui était ce Jaques Estauge.
Les documents d'archives conservés à Bâle mentionnent la présence dans cette ville, en 1541 et 1542, d'un Hans Estauge de Lyon, en allemand Ki'mdig, imprimeur ', et d'un Jacoh Kûndig, appelé aussi Pareils, désigné de même comme imprimeur venu de Lyon, lequel fut reçu bourgeois en 1537 et que l'on signale encore en 1538, 1553 et 1562-.
On connaît;, d'autre part, un certain nombre d'ouvrages tous parus sous la rubrique de Bâle et sous le nom de Jaqms Estauge, lorsqu'il s'agit de textes français, de Jalwh Ki'tndio pour les textes allemands, enfin de Jacohus Parais pour les éditions latines '. L'adjectif Ki'mdig, dans les dialectes de la Suisse allemande, a la signification d'économe, parcimonieux * et le nom de Parais n'en est que la traduction latine; l'identité de Jakob Kûndig et de Jacobus Parcus n'est donc pas douteuse.
Mais Jaques Estauge est-il le même personnage que Jacob Kûndig alias Parcus ? Notre cher maître et ami, M. Emile Picot
Cosne-sur-Loire, bailliage d'Auxerre, reçu habitant le 30 mai 1553 et bourgeois le 26 novembre 1556. Un passage des Registres du Conseil (8 octobre 1562) montre que Pierre Bordes s'occupait à transporter des marchandises à Lyon et nous constaterons plus loin que Jaques Estauge était un lyonnais venu à Bâle. Nous faisons d'ailleurs ce rapprochement à titre de simple conjecture.
1 . « Hans Estauge von Lyon, zu deutsch Kûndig der Drucker » (Rechmingshnch der Frohen und Episcopius, herausgeg. durch R. Wackernagel, Bâle, 1881).
2. « Jakob Kûndig von Lyon, der Drucker, genannt Parcus » (Ibid.).
3. Les marques employées par cet imprimeur ont été reproduites par Heitzet BernouUi, Basler Bûche rmarken, n" 197 et 198 et par Kôgler, Baskr Biichermarken bis ijso (Zeitschrift fur Bûcherfreunde XII, livr. 9).