I. Reproduit ici aux 2/3 de l'original
en la possession de Postel. Dans une lettre écrite de Venise en février 1555, celui-ci mande à son fidèle Masius ' qu'il lui envoie en communication un lexique latin-arabe dont il s'est rendu acquéreur : « Itaque in hujusrei fidem,etiam quod hactenus in prœstantissima meorum thesaurorum parte posui (volui dicere librorum) hoc unum ad te mitto, tanquam mihi, hoc est Lexicon latino-arabicum, cui ob voluminis vetustatem, licet a principio sint aliquot folia vetustate erosa, nam exemplar est, ut videtur, ante 800 annos scriptum, tamen quidquid superest, non potest esse nisi tam preciosum quam rarum ^. »
L'ex-libris qu'une fantaisie de lettré dicta un jour à Postel sous la forme de douze vers octosyllabiques, offre cette particularité fâcheuse qu'il ne nous est pas parvenu intact. Le premier quatrain, grâce à la place qu'il occupe sur la gauche de la page, vers la pliure de la feuille, n'a souffert d'aucun dommage. Mais les deux autres, écrits au contraire de façon à empiéter sur la marge extérieure, se trouvent réduits, à la suite d'un ébarbage des plus maladroits et depuis on ne sait quelle époque, ici de deux ou trois syllabes, là d'une seule, le tout constituant les rimes de sept vers sur huit.
Au deuxième quatrain, le mot final du second vers n'est, par bonheur, amputé que d'un membre : on lit sans peine vigilant. Quant aux deux rimes féminines manquantes, elles sont obligatoirement les mêmes que celles du premier quatrain. Il est vrai qu'aux environs de 1575 certains versificateurs restés rebelles aux entraves de la nouvelle poétique ne se piquaient pas toujours d'observer les lois d'alternance
1. André Macs (1515-75), orientaliste flamand, collabora à la Bible polyglotte d'Anvers.
2. Cf. Chauffepié, Nouveau dictionnaire historique et critique (Amsterdam, 1753, in-f°, t. III, p. 228).
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édictées par Ronsard et Baïf, lesquelles interdisaient à deux rimes soit masculines, soit féminines, de se suivre à moins de chanter à l'unisson; mais cette considération ne doit pas entrer ici en ligne de compte.
Au troisième vers du troisième quatrain, le mot connu s'impose de lui-même. Enfin le sens et la nature du dernier vers de la pièce réclament un monosyllabe à rime féminine, plus ou moins synonyme de néant, d'où la restitution du vers correspondant, que justifie pleinement la biographie de l'auteur.
Voici, du reste, la teneur de cette singulière épigraphe, que M. Seyboi.d a jugée bonne à publier en note dans sa préface latine, mais sans aucun commentaire et telle qu'elle subsiste, sauf cependant deux petites fautes de copie qu'il y a ajoutées par mégarde; la voici à l'état complet, du moins autant qu'il est possible, en pareille matière, de déduire ce que l'on ignore de ce que l'on connaît, car il est bien évident qu'une restauration de ce genre, si ingénieuse qu'elle soit, si judicieuse qu'elle puisse paraître, revêtira toujours dans une certaine mesure, un caractère essentiellement conjectural :
Ce liure fust de Guj Postell Oui de tout veoir fist diligence (Soy cognoissante home mortel) Pour chasser de soy hbliance
Riche ne fut, dont pour^e enfance Lefeist cslrc si vigi}[}ûnt] Que en tout bon scauoir [gallant.^ Escoute conte en bien \il pense :\
Estant a richesse venu Lors la laissa pour son [Amie ;] Quant il voulut estre \cogneu,] De soy et daultruy fonda [/;»V.]
Ce texte donne lieu à quelques observations.
Vers I. — Livre est écrit avec n consonne^ comme plus \om povix (y. 5) et sçavoir (v. 7). — Giij Postell, apocope de Guilielmus Postellus.