Gramatyka dla s{kâf narodowych (ijj8), p
2. Nous avons tout lieu de penser que les vues de Vater sur le verbe polonais et le verbe russe lui étaient personnelles, et nous n'en voulons pour preuve que les premières phrases de la préface de sa Graiiiuiaire abrégée de la langue polonaise (édition française et édition allemande, Halle et Strasbourg, 1807): « L'étude delà grammaire universelle m'ayant mis dans le cas d'étudier la langue polonoise et la langue russe, j'ai exposé dans mes principes de la grannnaire universelle (publiés en allemand à Halle en 1805) quelques-uns des résultats auxquels cette étude m'avait conduit. Il m'est parvenu depuis ce temps-là une grammaire excellente de la langue polonoise, écrite en polonois, en trois volumes, par le vénérable abbé M. Kopczyûski. L'estimable auteur, qui à une profonde connaissance de sa langue joint une sagacité rare et une exactitude scrupuleuse, a donné à la grammaire polonoise une forme entièrement différente de celle qu'elle avait eue jusque-là. » Quant au tchèque, on peut supposer que Vater ne l'a jamais étudié, — ce que suffirait à expliquer le discrédit où était alors tombée cette langue, dans les pays allemands surtout, — mais il n'est pas impossible que Vater, à un moment donné, ait eu entre les mains quelque grammaire tchèque et y ait puisé de précieuses indications : toujours est-il que dans la préface de sa grammaire russe (Leipzig, 1808) il mentionne la langue tchèque (p. xi et xii : o die Sprache Bôhmens und Màhrens »).
5. Lehrhuch der allgemeinen Grainniatik, Halle, 1805, p. 115 et 114: « Die Endigung eines Zustandcs bezeichnet der Deutsche oft durch die Pràposition aus, z. B. aus-brauchcn, aus-essen. Die polnische Sprache hat gerade eine solche Zusammensetzung fur dièse Bedeutung sehr haùfig, und die also zusammengesetzten Verba (Verba perfecta) haben die Eigenthûmlichkeit, dass ihre Praesens-Form, der Bedeutung nach, ein Futurum ist, z. B. pr:iec:(ytam, ich werde durchlesen, zu Ende Icseu... Wenn aber dieselben Pràpositionen, mit Verbis frequentativis zusammengesetzt, nicht dièse Wirkung hervorbringen, sondern z. ^. pr:(eciytyivani ein ordentliches Prae-
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lecteurs qu'il avait consulté nombre de grammairiens et d' « indigènes ' ». Pour ce qui est du polonais, ses vues étaient, semble -t-il, et dès ce moment-là, bien arrêtées, puisque, deux ans seulement plus tard, il exposait en détail, dans sa Grammaire abrégée de la langue polonaise^, le système qu'il n'avait qu'esquissé dans le Lehrhuch. Mais, quant au russe, il était encore hésitant et continuait ses investigations et ses enquêtes : aussi le voit-on, à cette époque même, engager une correspondance sur ce sujet avec le jeune orientaliste russe Boldyrev ', qui se trouvait alors en mission à l'étranger (de
sens ist, so liegt der Grund darin, weil der Begriff der Vollendung durch die Bedeutung des wiederhohlen, pflegen beschrânkt, und dann eben die Fortvvâhrimg (nicht die Vollendung) berùcksichtigt wird. » Il convient cependant de noter que la conscience très claire qu'avait Vater du rôle des préverbes le conduisait à exagérer l'importance des perfectifs composés aux dépens des perfectifs simples ; ces derniers étaient à peine indiqués : « Dagegen folgen jener Analogie ohne allen Grund aile mit Prâpositionen zusammengesezten und auch einige andere Verba der polnischen Sprache, z. B. dam, ich werde gcben, trace, ich werde stossen, ihre Praesens-Form hat die Bedeutung des Futuri. » La valeur des itératifs était, par contre, déterminée avec beaucoup de finesse et de précision : « Wiederhohlnng bedeutet oft so viel, als Fortfahren in einer Handlung und Pflegen » ; et ibid., p. 1 15 : « (Die Forma frequentativa)... wird nicht bloss da gebraucht, \vo der Lateiner das Frequentativum setzen wûrde, sondern immer sobald die Bedeutung des Verbi in einem Satze eiiie lacngerc Daiwr der Handlung mit einschliesst... »
1. Lehrhuch, p. 8 : « Wenn ich den Begriff mancher Form einzelner Sprachen anders bestimme, als die Grammatiker derselben, so bitte ich meine Mcinung nicht bloss durch Autoritaten zu bestreiten, sondern zu pri'ifen, und mir zuzutrauen, dass ich auch ùber die slavischen Sprachen nicht bloss viehrcrc GrainiiuUiker, sondern auch Eingeborene zu Rathe gezogen habe. »
2. Voir la note i de la page 13 de cet ouvrage. — On lit au tableau III de l'édition française de cette grammaire (dédiée à M. A. J. Silvcstre de Sacy « premier orientaliste de nos jours ») que les verbes polonais se divisent en consommés et non-consommcs, et que « cette classification des verbes est d'une très grande importance et particulière à la langue poloiioise ». Il n'est aucunement question du russe dans cet ouvrage.
3. A. V. Boldyrev (i 780-1842), professeur et, sur la fin de sa carrière, recteur de l'université de Moscou, fut avant tout orientaliste et ne s'occupa qu'occasionnellement de philologie russe (cf. biographie dans le l>iuri)a-
1806 à 181 1). Pourtant, en 1808, il se décida à publier sa Russische Grammalik, laquelle ne contenait qu'une application timide des principes si nettement formulés dans le Lehrhuch : l'autorité de Kopczynski et de Smotrickij était opposée, dans la préface ', à celle de Lomonosov, mais le système des temps, tel que ce dernier l'avait présenté, se retrouvait dans le chapitre des conjugaisons ^ Vater employait le mot de dhat^, qu'il avait évidemment emprunté à Smotrickij.
*HqecKiH caoBapL npo-teccopoBT. 11 npenoAaBaTejieâ iiMnepaxopcKaro Mockobc- Karo ynasepciiTeTa, MocKBa, 1855, 2 vol.). Voici ce que lui-même nous apprend de ses relations avec Vater (TpvAbi OômecTBa moômeneïi poccifi- CKofi c.iOBecHOCTii iipii iiMnepaTopcKOM'b MocKOBCKOMt yHiiBepcHTeT'fe, 1816, vie partie, pp. 1 1 3-1 14) : « Bt OuTHOcTb moio bt, TepiiaHiii, T. <î>aTepi>, tpvahcb Ha/ji» co^iiHCHieM-b PyccKofi FpaMMaTiiKH, o'iein. Macro othoc-ii-ich ko mhI; niicb-
MeHHO II npOCII.Tb MCHH pasp-felDUTb MHOria Tpy/IHOCTII, KOTOpWfl BCTp'ÊMa.'IIICb
e.My Booôme bi. namen rpaMMaTim-fe, 11 ocoôjihbo b-b pascyni^eniH r;iaro.'iOBT>. H Dpea-iaraji!) eiiy cboii MH-feiiia; 11 npiisnaiocb, mto nepenncKa moh cb Hiui-b sacTaBHJia mchh o6paTHTb ocoôeHHO BHiiMaHie Moe Ha rjiarojibi. SI Toraa Hce Haimca.i'b pascynt^eHie oô^b aTOM^b, 11 npeiKje Hence-iii nosBii^iacb ■taTepoBa.rpaM- MaTima (1808), iiM-fe.Tb macTÏe npeacxaBiiTb OHoe En Hmii. BbicoHecTBy Beji. KiiflriiHis Mapiii IlaBvioBHlî bt» BefiMap-È. H xaifb, ecTb ;ih HaxoAiiTCfl naKoe- Hiiôyab cxojcTBO btj Moeû Teopiii rjiaro.ioB'b c-b rpaMMaxiiKOio <E>aTepa, to 3to Mor.io npoiisofiTii hjiii oti. Moeii nepemicKH ch HHM-b, ii.iii eme ôoa'fee OT-b Toro, HTO Mbi o5a. CTapancb oTKpbiTb iicTimy, oTKpbi.iii ee btj oaho BpeMH. » Ce témoignage, dont nous n'avons aucun droit de suspecter la bonne foi, dispensera de faire plus loin, dans l'exposé des idées de Boldyrev, la part qui revient à Vater : on verra d'ailleurs que ces idées ne sont ni aussi nettes ni aussi complètes que celles du philologue allemand. Quant à l'étude sur les verbes russes, remise à la grande-duchesse Marie Pavlovna, elle aurait été perdue, suppose M. Bulic {pp. cit., p. 1024).
1. Préface de la Russiche Gramrnatik (Leipzig, 1808), p. xxii : « Ich hoffe meine Léser zu ûberzeugen, dass ich folgende Ansicht vom russichen Verbum auf ein sorgfàltiges Studium desselben grùnde, und ich halte einen wesentlichen Theil derselben fur gesichert durch die Kopczynskische Behandlung des polnischen Verbums, und noch mehr durch die alte Lehre der slawonischen Grammatik selbst, welche doch offenbar der russischen Grammatik zum Grunde liegt, und deren Herausgeber zur Zeit Pcters des Grossen Beobachter der Bildung der Sprache war. » C'est d'autre part à Lomonosov que Vater faisait évidemment allusion lorsqu'il écrivait quelques lignes plus bas : « Man hat dièse mehreren Verba dadurch zu vereinigen gesucht, dass man ihre Infinitive und Tempora als verschiedene Infinitive und von diesen abgeleitete Tempora eines und ebendesselbcn Verbums betrachtet, und in ein Verbum zusammen geworfcn hat. »
2. Cet ouvrage reflète, en sommé, les hésitations de son auteur. La nou -
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L'année même où paraissait à Leipzig la grammaire russe de Vater, Born publiait à Pétersbourg son Manuel abrégé de littérature russe ' . Ce petit livre, qui renferme entre autres choses intéressantes les premiers essais grammaticaux de Vostokov, contenait un exposé bref, mais précis, du système de l'aspect. Les verbes russes y étaient divisés en imperfectifs (uccoBepmcHHhie), perfectifs(coBepiiienHije), itératifs (yiamaxciLinje ou MiioroKpaTnije)et verbes d'unité d'action (o;uioKi)aTinje). La valeur de futur des présents perfectifs était mise en évidence ^, et les perfectifs simples étaient énumérés '. Quant à l'cfiFet des préverbes, il était également bien déterminé ; le caractère imperfectible des itératifs était reconnu +. De plus l'auteur remarquait finement que les itératifs expriment souvent une action qui dure K Cette esquisse pénétrante de la structure du verbe russe était-elle due à Born lui-même ou procédait-elle des vues exprimées par Vater dans son Lehrbuch de 1805 ? C'est ce qu'on ne saurait décider, faute de preuves suffisantes ^. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage fit peu de bruit et les hardies innovations qu'il proposait passèrent à peu
velle théorie, séparant ce qu'avait confondu Lomonosov, est assez clairement exposée dans la préface (pp. xxii sqq.), mais elle est obscurcie dans le corps même du livre par le système -compliqué des temps (pp. 62 sqq.). Par contre les tableaux qui se trouvent à la fin, et qui procèdent plutôt des idées de Vater, sont très clairs.
1. lipaTKoe pyKOBOjcTBo irb poccincuou cjiobochoctii, Ciiô.. l8o8.
2. Op. cit., p. 39 t « OAiioupaTiiLie rjiaro.ibi iiacronmaro upeMCHii ne iiM'feiOT-b, a Bbii)aJKaK)T-b B-b caMOM-b c.iobIî To.ibKO 04H0 iipoiucAïuee ii ôy/iymee BpeMH ».