Tpy.u.i. 1812, II»; partie, pp. 75 et
qui, dans la langue actuelle, sépare profondément le présent proprement dit du présent-futur ; il se contentait d'indiquer que les emplois de certains présents avaient été spécialisés et restreints au sens du futur, sans essa3'er de définir ni de classer lesdits présents \ Quant au rôle des préverbes, créant des perfectifs composés à côté des perfectifs simples, il le méconnaissait entièrement -. Remarquons enfin, en fait de terminologie, qu'il divisait les verbes « iio iiapy^-tiioMy hx^i. bhav », mais sans insister particulièrement sur le mot nw^'b et sans paraître vouloir en faire l'expression d'un système '.
Les idées de Boldyrev n'avaient, comme on voit, ni la parfaite cohérence ni la rigoureuse exactitude de celles de Vater, de Born et de Tappe ^ ; mais elles eurent sur les idées de ces derniers l'avantage de pénétrer dans le public russe et de bénéficier d'un certain retentissement 5. Elles ne remportèrent
1. Tpy/iLi, 1812, nie partie, p. 41: « IIoejiiiKy mm ynoTpeSjiajiii *opMy HacTOflinaro EpeneHii, inejiafl osna^nTb npoiiciuecTBie 5y/iymee, to oti> coro nponsoiu.io, ito iiacTOflmee Bpe.Mn oueHi> MMoruxT) rjiaro.ioB'b ;imuii.iocb Tenept nepBonawa.ii.Haro cBoero HasHayenin, ii ynoTpeô;iaeTca e;ïiiHrTBeHno kaki. 6y;iymee, na iii». iio/iiiecy, iisûepy, Hacrpow, ocTpiiry... etc. » S'il avait compris la théorie de la composition préverbale, Boldyrev eût ajouté : tous les verbes non-itératifs munis d'un préverbe. Ce qu'avait si bien vu et exprimé Vater lui a donc complètement échappé.
2. Tpyabi, 1812, nie partie, p. 38: « ...II B-b caMOM-b a-Èji-É nacTiina, iipiiOaBJifleMaa ki> iiacTOHmeMy BpeMeHii npocraro rjiarojia, MOîKeT-b To.ibKO ii3M-I;HiiTb HtitoTopbiM-b oôpasoMt 3Himeme cajiaro irjiaro.ia, a ne lui-feeTt n He 40jiH£Ha iiMÈTT. Hiii;ai;oro B-iianin na iiepeMljHy BpeMemi ; n wrIj KaîKeTCH, mto, TOT-b cTa.mj 6bi rmexHO TpyaiiTi.ca, kto 6m xoT-È.Tb ^OKasaTb ceMy npoTiiBHoe. » Cette négation de l'influence des préverbes sur le temps était fondée par Boldyrev sur la comparaison avec d'autres langues où les présents des verbes composés ont la même valeur temporelle que les présents des simples : Xsyoj, auXÀÉycij ; voco, advoco ; io fdo, io confido ; je fais, je refais; ich gehe, ich entgehe ; I viove, I rernove.
3. Tpy^M, 181 2, Ile partie, p. 70 : « r.iiaro.iibi moikho pasa'fe.'iinb no Hapy;K- HOMy Hx-b Bii^y Ha ana KJiacca : na nepBona'iajibHbie 11 npoiiSBOAHMO. »
4. M. Bulic (op. cit., p. 1025) affirme au contraire qu'on ne trouve ni chez Vater ni chez Tappe une analyse aussi fine et aussi brillante des formes verbales. Nous voulons bien reconnaître que le système de Boldyrev était exposé avec un grand talent, mais nous contestons qu'il eût la rigueur de celui de Vater et de Tappe.
5. On trouvera dans le livre cité de M. Bulic (pp. ici 5 et 1023-1025) l'indication des critiques que soulevèrent les articles de Boldyrev.
358 ANDRÉ MAZON
pas, à vrai dire, un succès immédiat et n'éliminèrent pas d'un coup le système de Lomonosov et de l'Académie : elles ne furent d'abord, pour ainsi dire, qu'artificiellement accolées à ce dernier, qui conserva longtemps encore les partisans les plus intransigeants. Le livre de Safranov, défendant, quarante ans plus tard ', l'intégrité des conjugaisons de Lomonosov, témoigne assez de la lenteur des progrès accomplis. Ces progrès, à dater de l'article de Boldyrev, n'en furent pas moins décisifs.
Dès 1821, dans sa Grammaire russe précédée d'une introduction sur la langue, slavonne'', Ch. Ph. Reiff, qui connaissait admirablement la littérature grammaticale russe et allemande 5, superposait habilement la théorie des aspects au système des temps. Il ne réalisait point, à vrai dire, la séparation des verbes confondus par Lomonosov, mais il mettait suffisamment en évidence les principales particularités de l'aspect. « Les modes et les temps, écrivait-il •*, présentent plusieurs points de vue sous lesquels leur signification peut être envisagée ; de là dans les verbes russes les branches (bhaw), qui sont les différentes formes qui caractérisent ces divers points de vue. » Quant à voir dans chacune de ces branches des catégories de verbes différents, Reiff le croyait possible sur la foi de Vater et de M. de Jacob \ mais il n'adoptait pas cette vue révolutionnaire.
1. Illa*!^^!^!)!^, O BlIAaXl, pyCCKIIXli rjiarOJlOBIj BT. CHHTaKTlI'ieCKOMTj OTIIO-
lufiiiii, MocKBa, 1852. — L'auteur de cet ouvrage soutenait notamment, contre les « faiseurs d'aspects » (« Bo.iAisjibiBaTejin niiAOBb »). que le russe ne pouvait posséder tant de verbes dénués de présent et, comme il disait, « décapités » : « CearojioBLie r;iarojibi » (op. cit., p. 14).
2. Parue d'abord à Pétersbourg en 1821, puis rééditée à Pétersbourg et à Paris en 185 1. Cette grammaire est en français.
3. Il suffit, pour en être convaincu, de lire l'introduction de la grammaire ci-dessus ; l'auteur nous y apprend notamment que la grammaire de Puchmayer, parue à Prague l'année précédente (Lelirgebaude der nissisctien Spraclje, Prag, 1820), lui était connue.