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II. Les verbes composés ont deux aspects principaux

1° imparjait, subdivisé en indéfini {n pascMarpiiBaio Baui 11

coqimeniH) et défini (buxo^iitc jiii bm co^iBopa?) ; 2° parfait, subdivisé en indéfini (nTimbi BbiK.iioBa;iii gmj r.iaaa). défini (/laBHo jin bbi Bbi-Êxaiiii iist. ropo^a) et uniple (inimti BbiK.iiOHy.iii eMy riias-b).

Cf., pour les détails de ce système, pp. 245 sqq. de l'édition russe et pp. 250-255 du tome I de la traduction française de Rciff.

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position préverbale, règles fixant le caractère perfectible ou imperfectible de chaque verbe, n'étaient point aperçues. Enfin le mot niiAi., héritage de la plus ancienne terminologie grammaticale, était adopté par Grec et, grâce à lui, définitivement intronisé dans la grammaire russe. Ce même mot était spirituellement interprété, plutôt que traduit, par Reiff: « aspect », au lieu de « catégorie » ; et c'est à l'ingénieux contresens de ce dernier que la langue française doit d'avoir été enrichie d'un emploi nouveau du mot « aspect », à savoir L'aspect des verbes slaves ' .

Vostokov, dans la préface de sa Grammaire russe de 183 1 % indiquait lui-même, parmi les ouvrages qui lui avaient été le plus utiles, la grammaire de Grec et le Lehrgcbaiide der riissischen Sprache de Puchmayer >. C'est en effet à ce dernier qu'il avait partiellement emprunté son système des conjugaisons, s'en tenant, quant à l'aspect, aux divisions et subdivisions sémantiques de Grec, ingénieuses d'ailleurs mais inutiles. Nous ne pouvons douter cependant que Vostokov n'ait entrevu les variations morphologiques au moyen desquelles

1. Il convient cependant de remarquer que le contresens de ReifF n'est certain que du point de vue ancien et du point de vue moderne : le grec eTooç ne signifiait, sans doute possible, que « catégorie grammaticale », et d'autre part les Russes d'aujourd'hui ne comprennent pas autrement le mot Biijx. Mais quel contenu sémantique prêtaient à ce dernier les grammairiens du premier quart du xixe siècle ? Nous avons vu que Boidyrev divisait les verbes " iio nai>y;i;iioMy iix-b Biijy », c. a. d. suivant « leur apparence extérieure, leur aspect ». Il est possible que Grec ait entendu le mot Bii^-b comme Boidyrev et, lui-même, conseillé, ou du moins approuvé la traduction de ReifT par le mot français « aspect ». Au reste Reiff lui-même était visiblement hésitant, car, dans la seconde édition de sa Gramviaire russe précédée d'une introdtiction sur la langue slavotnie (Saint-Pétersbourg et Paris, 185 1), il s'en tenait au mot « branche » (mu-b) employé dans la première édition du même ouvrage (cf. plus haut, p. 358).

2. BocTOKOBT., PyccKaa TpaMMaxiiKa, Cnô., 1831. Ne pas confondre avec la Grammaire abrégée du même ( Coupamcjniaii pyocuaii riiaMMaTiii:a, Ciiô 1830).

3. Préface de l'édition de 183 1, pp. iv et v. — Sur la grammaire russe de Puchmayer, voir plus haut p. 348, note 3, et p. 358, note 3.

l'aspect des verbes chez les grammairiens russes 361

s'exprime la notion d'aspect, car il constatait que les verbes subissent des modifications coordonnées à la durée, à l'achèvement et à la répétition de l'acte qu'ils représentent \ et cette constatation, dont au reste il ne faisait pas le point de départ d'une théorie nouvelle de l'aspect, le déterminait à étudier en détail, pour la première fois, le mécanisme de la formation des itératifs en -i.iBa-, -iibu-, les seuls qu'il ait réussi à bien définir ^ Quant au rôle des préverbes, il en comprenait toute l'importance, mais, à défaut de pouvoir en fixer les limites, c'est-à-dire de pouvoir établir la distinction des perfectibles et imperfectibles, il se contentait de donner une longue liste, nécessairement incomplète, des perfectifs composés K On peut conclure de là que, s'il n'a pas su esquisser le plan complet du système de l'aspect, Vostokov a, du moins, eu le mérite d'attirer l'attention des grammairiens russes sur les caractères morphologiques de ce système et, en outre, de mettre à leur disposition une vaste collection de faits qui s'y rapportaient directement.

Vostokov avait indiqué plutôt que traité la question de la morphologie de l'aspect ; ce fut l'archiprêtre Pavskij qui, le premier, étudia cette question et, ce faisant, inaugura une période nouvelle dans l'histoire de la théorie des aspects du verbe russe.

La troisième partie des Observations philologiques de Pavskij,

1. Édition de 1831, p. 100, § 61 : « r.iiaro;ibi npiimiMaiOT'b nepcM-tubi Dt oiioii'ianiflx'b II BT> cocTaBlj cbocm-l, Riin osnaiieinfl iipoAo.iJKeniii, ccepuieiiin n noBTopenia A-ÈncTBift, 'ito nasbiBacTCii biiaûm-i, r.iaro.ia. » Cette définition purement morphologique paraît annoncer une description morphologique des aspects qu'on ne trouve nullement dans la suite de l'exposé.

2. Édit. de 1851, pp. 130 sqq., chap. IV de la I^e partie, § 79. — Ni la première formation itérative à suffixe -â-, -/i-, -b&- ni les anciens itératifs du type HocnTb n'ont été nettement dégagés par Vostokov.

3. Édit. de 1831, pp. 151-192, chap. IV de la I^e partie, § 86 : « rmicoi:i, rjiarojioB-b coBepiueHHbixTj no npe;iAoraM-b. » L'erreur de Vostokov est ironiquement relevée par Pavskij dans la Ille partie de ses <I>ii.in.inrii'io(i:in HaôjiioAeHiH, p. 224.

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parue en 1842 ', ne contenait, à la différence des ouvrages précédents, aucune trace du système des temps de Lomonosov ; d'autre part, exempte de toutes les divisions et subdivisions sémantiques où se complaisaient les grammairiens antérieurs, elle exposait avec exactitude et dans toute son ampleur le système morphologique de l'aspect. Pavskij reconnaissait trois « degrés » (cTeneun) : le premier degré (nepsan cxerieuL), correspondant aux perfectifs ; — le degré moyen (cpeAnaa cxeneiiL ),correspondant aux duratifs ; — le dernier degré (nocji-fe/ïHHfl cTeneiib), correspondant aux itératifs. La répartition des diverses formes verbales entre ces trois degrés était opérée suivant une méthode rigoureuse. Les perfectifs simples étaient classés à part ; les duratifs étaient reconnus déterminés (oAHooopasHbie) ou indéiérininés (paanooopasHue) ; les itératifs étaient suffisamment définis par leur suffixation et leur système d'accentuation pour être distingués des duratifs ^ Quant au rôle des préverbes, il consistait à abaisser d'un degré les duratifs et les itératifs, c'est-à-dire à transformer les premiers (verbes du degré moyen) en verbes du premier degré Çprév. -}dur. ^^perf.^, et les seconds (verbes du dernier degré) en verbes du degré moyen (prév. -\- itér. = dur.) : cette dernière constatation avait le tort d'impliquer que les itératifs simples formaient une catégorie sémantique différente des duratifs '. Enfin les perfectifs étaient divisés en déterminés (oAHooopasHue) et indéterminés (pasHooopasHue). En un mot tout le système dont le schéma avait été donné par Vater se retrouvait dans l'étude de Pavskij, mais complété et précisé dans ses détails *.

1. <l>ii.'iojorii'ie(:Ki}i iiaô.iio.ieiiin IlpoToiepefl T. IlaBCKaro naxb cocTaBOMt pyccKaro ,<i.n,ii:a. TpeTte pascyiiueiiie : o r-iarcrÈ. Ciiô., 1842 (I''c partie, 1841 ; Ile partie, 1842). Ce même ouvrage a été édité une seconde fois en 1850, avec compléments et corrections.

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