‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 219 sur 320 · Op. cit., nie partie, pp. 15 sqq · texte numérisé non relu

Op. cit., nie partie, pp. 15 sqq

3 . André Mazon, MorpJiologie des Aspects du vcrhe russe, Paris, 1 908 (Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Section des Sciences historiques et philologiques, 168^ fascicule), pp. 5 et 6.

4. Pavskij, lui-même nous l'apprend dans la préface de son ouvrage, avait étudié les grammaires tchèques de Nejedlv et de Dobrovsky et la grammaire slovéue de Kopitar (pp. cit., I^ partie, pp. 3 et 4).

l'aspect des verbes chez les grammairiens russes 363

Si, même aujourd'hui, le livre de Pavskij semble à peu près parfait, il doit apparaître comme évidemment insuffisant en ce qui concerne l'interprétation historique des formes expressives de l'aspect. Le défaut de perspective y est remarquable : les deux formations itératives (cà suffixe -u-, -h-, -bûd'une part, et à suffixe -i,iBa-, -hbu- d'autre part) y sont entièrement confondues ; le type itératif ancien hociiti. n'est pas rapporté à la catégorie des itératifs, et ces deux erreurs tiennent surtout à ce que Pavskij n'a pas reconnu que la formation nouvelle en -biBa-,-iiBa- était devenue éminemment représentative de la valeur itérative, tandis que les formations antérieures avaient, totalement ou partiellement, perdu cette même valeur. En outre, telles explications fondées sur « le génie de la langue » ou « l'euphonie ' » pouvaient satisfaire le lecteur des années quarante : elles nous font sourire aujourd'hui ; et, d'autre part, nous ne croyons guère à la vertu symbolique qu'aurait la voyelle -a-, d'après Pavskij (suivi d'ailleurs par Katkov) -, d'exprimer essentiellement la durée d'une action verbale.

S'inspirant de la troisième partie des Observations philologiques, Aksakov, en 1855, reprenait à son compte le mot de cTencHL, dont il ne comprenait point, à ce qu'il semble, la portée morphologique, et il exposait en cinquante pages, avec verve et ingéniosité, la théorie la plus paradoxale qu'on puisse imaginer. C'est ainsi que, se fondant tant sur les emplois du présent-futur en valeur de présent « historique » que sur le

1. Q. par exemple, op. cil., p. 24. De telles explications surprennent d'autant plus qu'elles se rencontrent à côté de remarques très fines et d'observations très pénétrantes (voir par exemple p. 27 la différenciation établie entre les -11- de hocutl et de Bbi-iiamiiBaTb, le premier valant simplement -H- et le second -/"-).

2. Cf. Pavskij, op. cit., p. 53 : « OTjiiitiiiTe.iibHaa OyKBa -a- ni. namiixi. r.iaro.iax-b ii3oûi)a}KaeTT> oOiuiipHOCTL BpoMeHii ii npocTpancTBa. . . »; — cf. Katkov, OôIj B.R'MenTaxT. 11 topsiaxt c.iaBfluo-pycc-Karo HSLiKa (Moscou, 1845), p. 203 : « Jlnn BbipasKenia 0T/ia;ienH0CTii ii.iii flaBnocxii A'feiîcTBifl, asbiKi. npiiôÈraeTt ki> xapaKTepy -a- (-ae-), caMOiay cnjibuony... » Katkov entend par xapaKTep-b -a- (-ae-) : suffixe -a- -f- thème -je- des verbes de la classe III.

364 ANDRÉ MAZON

caractère adjectif du prétérit russe, il affirmait, entre autres choses, que le russe ne possédait pas de formes verbales temporelles '.

La première édition de la Grammaire historique de Buslajev fournit un exposé clair de la théorie de l'aspect telle qu'elle est généralement comprise et enseignée jusqu'à présent par les grammairiens russes ^. Cette théorie procède en droite ligne des idées de Pavskij ; elle en reflète même les lacunes et les imperfections : c'est ainsi que les itératifs y sont considérés comme formant une catégorie sémantique à part ' et que le type HocHTb y est défini comme un type duratif, mais restant imperfectif malgré l'apposition d'un préverbe "*. Quant à la terminologie qui recouvre ce système, elle a été rapprochée avec raison par Buslajev de la terminologie traditionnelle, et les innovations plus ou moins heureuses de Pavskij n'ont pas été adoptées: les perfectifs sont dénommés coBepuienHue et o/iiioKpaTHi>ie (ce dernier terme étant propre aux verbes d'unité d'action de la classe II), les duratifs npo/tojiHtenHHe (traduction du latin dnrativa), les itératifs MHoroicpaTHHe (cf. latin iterativa), et le mot de BHAt a été rétabli K II convient toutefois de remarquer que la dénomination d'oAnoRpaxiiue, employée concurremment à celle de coBcpiiiennMc et ne désignant qu'une espèce particulière de pertectifs, a le tort d'in-

1. K. AncaKOBi), O pyccKiixt rjiaro.Taxi.. WocKBa, 1855. — Cf. p. Il : « II Tant MLi aoJiîKiibi npiiiiTii Kl. 3aKJlK^^omv<, mo iiii <i/ina i .larcuiLiiaji .|.opMa btj HauieMTj fl3biid> BpeMeini ne oisna'iaeT'b ».

2. 0. Byc.iacBij, Oni,in. iicTopTi'iecicori rpaMMaiiiini, 'i. I 11 II, Mncnna, 1858. — Quant aux aspects, cf. pp. 87-88, 181-184 de la I^e partie, et pp. 156- 139 de la Ile partie.

3. Cette erreur ressort du passage suivant où il est constaté qu'un graiiil nombre de présents itératifs (il eût fallu dire : tous) est susceptible de n'exprimer que la durée de l'action verbale : « Bi. naiiicMi. juibiut. :!iia«iiiTf'.iii,Hoe KOjiii'iecTBO MiioroKpariiLixL rjiaro.ioiib, cjiojiccinihix'b cb iipp;i.!oraMii, yno- Tpe6.nfleT«i b-l CMbici'È npoAO.UKeiniaro Bii^a, iiaiip. : ruasbiBarb... » {Op. cit., p. 183 de la Ire partie : passage maintenu intact dans les éditions suivantes).

4. Op. cit., p. 183 de la I^^ partie : passage non corrigé dans les éditions suivantes.

Page 1