‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 226 sur 320 · I. Voir l'édition de 1750; vol. II, p · texte numérisé non relu

I. Voir l'édition de 1750; vol. II, p

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sens de tuîari. Diez, cela va sans dire, a bien vu les difficultés; il les explique de la manière suivante: « Tutari... neigt sich zur bedeutung abwehren, hemmen...; aus abwehren folgte unschadlich machen, lôschen, tôdten ». Il nous paraît évident que Diez a ici touché au but ; cependant son explication n'a pas convaincu tout le monde.

Littré résume l'évolution sémantique proposée par Diez de la manière suivante : « Diez. . . tire iner du lat. tutari, protéger^ recouvrir pour protéger, puis étouft'er : tuer le feu, qui serait l'emploi primitif, était, à l'origine le couvrir de cendres pour le maintenir ; d'où le sens d'étouffer qui s'est généralisé dans l'acception tuer. » Cette évolution n'a pas paru acceptable à Littré, qui objecte que tous les intermédiaires manquent pour appuyer un pareil écart de signification, et il ajoute que l'origine est le X^ûwtiiâitarc ou tuâare. Ici le grand lexicographe n'a pas eu la main heureuse ; les deux étymologies proposées sont également inacceptables, et je ne crois pas qu'il soit nécessaire de le démontrer en détail ; pour tudiiare, frapper, que Diez avait déjà écarté, il suffit de faire remarquer que ce verbe ne se rencontre que chez les plus vieux poètes latins (Ennius) et qu'il n'a jamais fait partie de la langue commune, pas plus que ambitare et autres formations analogues'.

G. AscoH a aussi protesté contre l'étymologie de Diez qu'il trouve invraisemblable pour la forme et pour le sens \

La critique du regretté maître italien nous paraît dans ce cas avoir frappé quelque peu à côté, et la nouvelle étymologie proposée par lui : tôtore (de iôtus), ne paraît pas jusqu'à présent avoir trouvé des partisans.

M. G. Kôrtingqui écarte à bon droit l'étymologie d'Ascolî, approuve sans hésitation celle de Diez. M. Antoine Thomas au contraire proteste dans le Dictionnaire général en remarquant : le latin tfitare {tutari^ conviendrait pour la forme mais

1 . Malgré son invraisemblance, l'étymologie de Littré trouve encore des défenseurs. (Voir Revue des liUioues romanes, LI, p. 64 ss.)

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