‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 229 sur 320 · II · texte numérisé non relu

II

Dans le ms. c (le second de la Bibl. Rothschild), quelques huitains portent un numéro, les huitains qui se répondent portant le même numéro; or dans leur ensemble, ils se groupent en quatre séries : chaque série comprenant d'abord 3 huitains du poète, puis 3 huitains de la reine : les 24 huitains de R se succèdent ainsi dans c :

4.5.6. ^bis .<>)bis.6bis.— 'j.i.2. jhis . i bis . 2bis . — 3-8.9. 3/^/5. 8bis . ^bis . — 10. 11. 12. i obis . 1 1 bis . i ibis.

Donc, malgré une disposition en apparence différente dans c, les huitains se succèdent de la même façon dans abc : d'ailleurs il n'est pas facile de décider quel est l'ordre le meilleur, celui de R, ou celui de abc. — Il suffira de remarquer que dans les quatre mss. les mêmes huitains de la reine répondent aux mêmes huitains du poète.

Il convient ici de faire remarquer que le dernier huitain de la reine a déjà été publié par F. Génin dans la préface de son édition des Lettres de Marguerite d' Auooulémc, tome I, page 45 ; il donne pour référence le manuscrit « Saint-Germain |i 5 56, fol. 27 ». On pourrait donc croire qu'un cinquième manuscrit a reproduit ces huitains, ou du moins quelques-uns. Il n'en

est rien ; l'indication de Génin est erronée. Le ms. 1556 du fonds Saint-Germain porte aujourd'hui dans le catalogue général des manuscrits français de la Bibliothèque Nationale le numéro 17527 : or le huitain mentionné n'est ni au fol. 27 ni ailleurs. Si l'on remarque que Génin fait précéder ce huitain du titre « Huictain de la royne de Navarre respondant à M. de Lavaux » que l'on trouve précisément dans c et justement au fol. 27 indiqué par cet éditeur, on est amené à penser qu'il a confondu deux manuscrits et qu'en fait il a copié dans c le dernier huitain de Marguerite. Il est vrai que le texte transcrit par Génin, le G"" vers en particulier,

Quand vous serez par amour trespassé

diffère sensiblement du texte manuscrit, pourtant facile à lire. Mais on sait assez que l'édition des Lettres de Marguerite d'Aneonléme fourmille d'erreurs et d'inexactitudes graves.

Quel était ce poète qui se posait en amoureux transi de la reine Marguerite? Le manuscrit le désigne sous le nom de « monsieur de La Vaulx ». Il ne me paraît pas possible de l'identifier avec René de Silly qui vécut dans l'entourage de Marguerite, fut son échanson en 15 12, 15 17, 1524, son chambellan en 1524, son panetier en 1527 et ensuite bailli d'Alençon (voir A. Lefranc et L. Boulenger, Comptes de Louise de Savoie et Marguerite d'Angoulême, et Laferrière-Percy, Marguerite d'AiigouJéiiie ; consulter les tables). René de Silly était seigneur de Vaulx et non de La Vaulx : son titre n'est donc pas conforme, du moins exactement, à l'indication donnée par le ms. 1700.

Des collections d'archives récemment dépouillées nous font connaître un sieur ^6^ Lavau, qui fut un personnage important de la cour de François P^ Il paraîtra sans doute d'autant plus légitime de lui attribuer les huitains, malgré la différence d'orthographe, qu'aucun document de l'époque ne donne le nom « de La Vaulx » avec l'orthographe même du

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manuscrit : d'ailleurs à cette époque l'orthographe des noms de famille n'était pas établie. Notre personnage s'appelait Claude de Bombelles, seigneur de Lavau, seigneur de la Brosse (voir la table du Catalogue des actes de François I"^ ; Rott, La représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, tome I, p. 555 et la table; les mss. de la Bibliothèque Nationale, fonds français, 7853, f° 348 v°, et 7856, f° 939 r°). Il est ordinairement désigné sous le seul titre de seigneur de Lavau, d'une terre mouvante d'Amboise et située à Cour- Cheverny (aujourd'hui en Loir-et-Cher). D'après un document du 16 novembre 1528, le seigneur de Lavau était dès cette époque « notaire et secrétaire du roi et son valet de chambre ordinaire » ; il fut chargé à plusieurs reprises de missions importantes, entre autres d'une mission secrète auprès du roi de Navarre et de plusieurs ambassades extraordinaires en Suisse (1528, 153 1, 1536, 1548); en 1538, il avait été attaché au service du comte 'palatin Frédéric durant son séjour à Paris : il jouissait donc de l'estime et de la confiance du roi. On peut se demander si « la longue absence » dont se plaint l'auteur des huitains (voir le 10^) ne fait pas allusion à quelqu'une de ces missions dont le roi l'avait chargé. D'ailleurs de Lavau n'était pas de la cour même de Marguerite de Navarre, comme Victor Brodeau ou Clément Marot; mais il semble avoir été un personnage plus considérable que ces deux poètes ; et sa haute situation explique peut-être qu'il ait pu se permettre d'avouer à la sœur du roi une de ces passions en vers qui entre gens de cour étaient alors à la mode et sans conséquence.

En publiant ces huitains, je n'ai pas la prétention de tirer de l'oubli un poète inconnu ou d'ajouter un nom nouveau à la liste déjà longue des rimeurs ignorés et médiocres de cette époque. De même je reconnais sans peine que cette publication n'ajoutera rien à la renommée de Marguerite de Navarre. Mais, à défaut de mérite littéraire, ces huitains ne sont peutêtre pas dépourvus d'intérêt historique.

Ils nous offrent en effet un spécimen assez curieux et, je crois, le plus considérable d'un de ces divertissements poétiques qui étaient devenus sous François I" des jeux de société. Un poète composait une chanson, et ses amis ajoutaient chacun leur couplet. Ou bien c'était sur un sujet donné que les beaux esprits composaient à qui mieux mieux huitains ou dizains ; ou encore on échangeait une ou deux pièces de vers. Mais le plus curieux, ici ce n'est pas tant le nombre même des huitains échangés que l'insistance du poète — d'ailleurs conforme au rôle qu'il prend — et surtout la complaisance avec laquelle la reine se prête au jeu. Dans d'autres productions poétiques, on peut apprécier la gravité de sa pensée et la délicatesse frêle ou même précieuse de son style : ici elle laisse voir sa bonne grâce, pleine de malicieuse bonhomie.

Il serait intéressant de savoir si l'amour platonique du sieur de la Vaulx doit quelque chose à l'influence du platonisme alors en vogue, et jusqu'où cette influence avait pénétré. La question est difficile à éclaircir, d'autant plus que, depuis longtemps assurément, on savait parler d'amour dans les mêmes termes que de la Vaulx. Peut-être d'ailleurs n'avait-il pris ce style et ce ton que pour mieux plaire à Marguerite de Navarre; mais l'indice serait encore à recueillir. En tous cas certaines expressions, aussi bien dans les huitains de l'un que dans les « responces » de l'autre, semblent marquées de sentimentalité platonicienne.

Avec le texte du ms. Rothschild {K), j'ai donné, au bas de la page, les variantes des mss de la Bibliothèque Nationale Çab) et du deuxième ms. Rothschild (c), dont je parle plus haut. — Le numéro qui précède chaque couple de huitains n'est pas dans le manuscrit.

F. GOHIN.

400 F. GOHIN

Il s'en fault tant que je plaine les ans i° 24 r"

Q.a'en vous servant j'ay passes et perdus, Que s'ilz estoient advenus en prcsens, Ja ne seroient aultre part despenduz ; 5 Et sy mes pas me fussent tous rendus, Je leur feroys reprendre mesme santé ; Car mes labeurs et mes ans vous sont deubz, Et feussiez vous trop plus mescongnoissante. Response.

Quand vous comptez voz ans, voz pas, voz peines, 10 Qui sont perdus, ainsy que vous tennez

Les moys pour jours, et les ans pour sepmaines.

Et bien pour mal, comme je croy, prenez;

Doresnavant fault que vous apprenez

Voz pieds et pas a prendre aultre voyaige ; 15 Car je congnoys, sans que le m'apprenez,

Peu de travail cercher grand advantaio;e.

De plus heureux beaucoup que je ne suis Et que fortune a plus auctorisez,

En poursuyvant le bien que je poursuis, f° 24 v°

20 N'ont gueres mieulx esté favorisez,

Dont sy je veoy mes labeurs peu prisez, Je treuve bien compaignon de malheur ; Mais s'on les a comme moy mesprisez, Qu'en ay-je moins pour cela de douleur?

Responce.

25 Je n'ay veu nul, quand en bon lieu s'addresse, Q,ui malheureux en debvoit estre extimé ;

I. ]eyhc; plaigne fo. — 2. passes a passez /'passées c ; perduzJ — 3. a venir a /;; ou presens a; advenir ont présent c — 5. si... m'cstoient ahc; trestous ac — 6. leurs fl — 7. sont deuz a — 8. feussics... mescognoissante a — 9. Quant... comptes a ; voz ans omis c; et peines /' pcynes a — 10. perduz, ainsi a ; tenes a tenez b — 11. mois h septmaines a — 12. prenes a — 13. Doresenavant a ; aprenez h — 14. Vous pieds a Voz piedz, voz pas c; voiage ah — 15. cognois a — 16. chercher ac — 17. beaucop a ; suys a, suye b — 19. poursuys a — 21. si rt ; veois a voyb — 22. trouve Z» — 22 et 23 manquent dans c ; peu prisez ah — 24. cella — 25 . quant ah ; s'adresse ahc — 26. que malheureux doit csn^e estimé c; Que h; deust a deubst h ; estimé h.

Mais sy quelqung choisist une maistresse Et en aymant pensse estre bien aymé, Selle ne veult que son cueur enflamé 30 Soit de l'amour ou il se vient offrir, De trop aymer il doibt estre blasmé, Ou comme tous les malheureux souffrir.

Je ne veulx pas desadvouer que vous

Ne m'ayez bien quelque bien procuré ; 55 Mais extimez que le plus grand de tous

Commença tard et a bien peu duré,

Et m'a laissé un dueil desmesuré, f° 25 r°

Dont sy l'avoir pour quelque temps m'a pieu,

J'ay tant de mal pour le perdre enduré 40 Que je vouldroys jamais ne l'avoir eu.

Responce.

J'ay désiré, tant que j'ay peu, vous faire Honneur et bien, je dictz sans reprocher : Sy je n'ay peu comme voulu parfaire, Lavolunté debviez extimer cher :

45 Le dernier bien, ou voulez attacher

Vostre regrect, est aux aultres semblable ; Car ou j'ay peu sans m'en daigner cacher, Je vous ay faict tout plaisir honnorable.

Jusques icy par mes plains et mes cris 50 Je veoy que j'ay bien fort peu advancé;

27. si a; voy h; quelcung a quelquu h; choysit — 28. en l'aymant ab ; peusse R pence a peust b — 29. Celle R selle b; enflammé ah — 30. se veult ab — 34. m'aies a ; quelques biens ab — 35. extimes ab; que au plus a — 36. Commança b — 37. laysse a — 38. si ac ; le veoir R lavoir a;n'a R b (m'a me paraît s'imposer) — 40. vouldroys ne l'avoir jamais eu a — 42. l'avoir pour dix a; dis b; sans reproscher a — 43. Si ah; peu omis c; comme ay voulu ahc — 44. voulente a volonté b; debves a; estimer b — 45. Du dernier a le derrenier b — 46. regret — 47. sans non R sans m'en b; sans m'en vouloir ab (variante qui s' impose) sans mevoulloirc — 49. plaingtz a plainctz hc — 50. voys a voy b ; fort omis c.

402 F. GOHIN

Sy veulx je encorcs donner tours aux escriptz, Bien que le tout soit mal recompencé; Et sy vostre œil s'en tient pour offencé, ■ Souviegne vous que la raison commande 5 5 Que luy qui a le débat commencé '■" ^f^^25 v"

Soit condampné le premier a l'amende. "~

Responcc.

L'œil qui n'a point en vous veoyant péché N'estimera pénitence de lire Le triste escript, ou le cueur empesché éo Voulez monstrer vaincu dedueil et d'ire; Puis que mon œil n'est cause du martyre Ny n'a donné d'aymer ung seul attraict, Je liray tout ce qu'il vous plaist escripre Sans en faillir par pitié d'ung seul traict.

65 Je ne puis pas a votre oubly pour\'eoir,

Sy vous voulez tant de tort me tenir;

Mais je veulx bien tant me ramentevoir

Que de ma faulte il ne puisse venir

Que j'aye perdu vostre bon souvenir; 70 Sy n'aura poinct l'honneur vostre oubliance.

Quelque tourment qu'il m'en puisse advenir,

D'avoir vaincu ma grand perceverance.

Responce.

Or veoy je bien que quand au premier poinct 1° 26 r°

Vous me voulez accuser a grand tort 75 D'ung grand oubly duquel ne me sertz poinct

51. Si rtZ» ; encor /v ; cours aux esperitz /' — 53. si... offancé a — 54. Souviengne /^ ; Raison a — 55. que cil luy qui c; a le premier offencé a la noix commence /' — 56. condamné iih-^ en l'amende/^ — 57. oueil 1/ ; voiant voyant ^c — 58. M'estimera K N'estimera ac — 59. tristrc /^triste /' ;empeche ah — 60. Voulcs... vainquu de deueil ou rt — 61. Puys que mon oueil... martire a — 62. donner a — 63. lire/; — 65. puys a pourvoir c

— 66. Si h; voules a — 69. j'ay ac — 71. due R Quelque ]i\ torment ; venir c — 72. vainquu a — 73. voy ah; que omis f; quant ab — 74. voules rt

— 75. oubly du quoy b; sers point a.

Et, qui plus est, je le desprise fort ; Mais vous voulez f;iire tout vostre effort De hault louer vostre perceverance, Et ne trouvez meilleur moyen au fort 80 Que me donner le vice d'oublyance.

J'ay combattu malheur bien longuement.

En me cuydant de son effort deffendre ; Mais je m'y suis porté sy foyblement Qu'il m'a faillu a son vouloir dessendre. 85 II est bien vray que devant que me rendre J'ay avec luy faict une convenance, Qu'il ne pourra a ma foy riens prétendre Et qu'il n'aura dessus elle puissance.

Responce.

Au grand malheur de quoy vous vous plaignez, 90 II est a vous et a tous invinsible.

Ou ung malheur tout nouveau vous faignez, {° 26 \°

Lequel n'est pas a deffaire impossible.

Et vostre foy a qui tout est possible,

La mettez vous, faisant semblant de craindre, 95 Contre ung malheur qui vous est insencible?

C'est trop voulu vostre foy ferme faindre.

De tous les maulx qui d'amour excessive Peuvent venir, de désir trop ardens, D'une grand peur de jalousie active, 100 D'ung ris dehors ou le dueil est dedans, De se ruer en perilz evidens, D'un long regrect aprez ung despartir,

76. Et que a;Tpisb — 77. voules a — 79. meilheur a — 80. oubliance abc

— 81. combatu ac — 82. Et h — 8}. si ah; foiblement a — 84. Qui m'a fallu c; descendre ab — 87. Qui R Qu'il a ; rien ab — 88. Et qui R Et qu'il a ; puyssance a — 89. Du grand abc ; plaignes a — 90. invincible a — 91. faignes a — 93. Est R Et a b — 94. mectesa — 95. insaociblea insensible t

— 98. Peulvent a ; désirs & ; ardansa^ — 99. jalouziea — 100. D'un riz b — ICI. De soy ruer a — 102. regret.

404 F- GOHIN

J'en ay tasté maulgré moy et mes dentz ; Mais je ne scay que c'est de repentir.

Responce.

105 D'avoir senty tous les maulx que promect

Vostre beau dieu, je ne vous responds rien.

Car je scay bien que celuy qui se mect

Entre ses mains n'a jamais ungseul bien.

Mais quand a vous je croy, et le maintien, f" 27 r"

iio Que oncques d'aymer vous n'eustes repentence

Et que jamais de luy ne son lyen

Souffert n'avez douleur ny pénitence.

Souviegne vous qu'en mon plus grand tourment

Vous n'avez rien trouvé que fermeté ; 1 1 5 Souviegne vous qu'en mon contentement

Vous n'avez poinct veu de legiereté ;

Ny vostre accueil ny vostre estrangeté

Ne m'ont onc sceu recuUer n'advancer :

Je suis tousjours tout tel que j'ay esté, 120 Tel a la fin que fuz au commencer.

Responce .

Je ne vous ay jamais tant tourmenté Qu'il vous faillut ennuy ne courroux prendre, Encores moins sy très fort contenté Que vous deussiez riens d'auldace entreprendre; 125 Sy en la fin tel, me voulez aprendre,

Vous vous tenez comme au commencement,

Telle seray, je le vous foyz entendre, f° 27 v»

104. repantir a — 105. qui R que ac — 106. respondz a h; quonques b; repentance b — 107. celluy que a — 109. quant a — 110. Qiioncques — III. lien ab — 112. n'aves a — 115. Souvienne bc; tormcnt ab — 114. m'avesa — 116. n'aves a; point b — 117. estrangetté a — 118. m'ont peu onc a onq peu b — 120. feuz b ; commancer a commencement c

122. Qui R Qu'il a ; faillust a faillist b; ny a ou c — 123. Encore... si... contante a — 124. deubssiez a ; rien d'audace ab — 125. Si en la fin ne me vouliez apprendrez Si en la fia comme voulcs prétendre a — 126. tenes a — 127. Telle je seray c; fayz a (ahb.

Sans VOUS donner grand plaisir ny tourment.

Depuis que j'euz en mon penser conceu 130 Voz grandz vertuz, et qu'en amour les pris,

Vostre faveur et voz tourmentz n'ont sceu

Dymynuer ny augmenter le prix

Que j'en avoys emprainctz en mes espritz ;

Dont je ne suis, ce me semble, a reprendre ; 155 Car j'ay sy bien vostre valleur comprins

Que je ne puis rien oublier n'apprendre.

Responce.

Sy mes vertus de jour en jour n'augmentent. Vous les debvez estimer bien petittes ; Et les douleurs qui poinct ne vous tourmentent 140 Ne povez pas comptez pour grans mérites;

Mais pour mieulx estre au vray ce que vous dictes, Peine mectray d'estre tant vertueuse.

Fuyant amour, ses liens et ses limyttes, Que je n'auray tache d'estre amoureuse.

145 Durant le temps de ceste longue absence, fol. 28 r^

Qui m'est sy mal aysé a soustenir.

Amour m'avoit donné pour recompence

Ung bon espoir et ung long souvenir,

Qui me faisoit ma vie maintenir, 150 En promectant et en ramentevant,

128. torment a ; ou tourment c — 129. Despuys a ; j'en c — 130 grands b; vertus a — 132. Diminuer a — 133. emprix a ; esprix a ; esperitz b — 134. si me semble a — 135. si oh ; comprix a — 1 36. je nen ah — 137. Si abc ; vertuz b ; m'augmentent a augmentent b s'augmentent c — 138. Vous le c; debves a ; petites ah — 139. point ah — 140. pouves ah; grandz fl grands Z' — 141. estre mieulx a; vozdittesa — i42.Peynefl — 143. Fouyantfl;les siens Ra — 146. si mal aysee abc; soubstenir a — 147. Amour qui m'avoit c ; par recompence a — 148. beau espoir... beau souvenir a — 1 50. permectant R promectant ac promettant b (variante qui s'impose d'après le texte même de la « Responce »); remantevantrt.

406 F. GOHIN

L'ung le bonheur qui m'estoit advenir, L'aultre celuy qu'ay eu par cy devant.

Responce.

Sy vostre vie est sans aultre soustien

Que ung souvenir et l'espoir qu'ung menteur 155 Amour promect, scaichez qu'i ne tient rien;

Et sy n'est poinct ung plus grand prometeur,

D'ung sainct espoir il vous est inventeur ;

Et sy vous painct ung souvenir tresfaulx,

Ne croyez poinct ce meschant caqueteur, léo Qui pour ung bien donne dix mille maulx.

Mais cest espoir ne faict plus son office Et dict qu'il n'a pour luy nul fondement ; Le souvenir soustient bien l'ediffice fol. 28 v°

De son espoir, mais son soustenement 165 Ne le fera pas durer longuement,

Puisque sy fort le desespoir le myne ; Vous qui avez crainct son accroyssement. Contentez vous : il s'en va en ruyne.

Responce.

Je ne crainctz point que vostre amour soit grande 170 Et qu'elle dure avecques vostre vye.

Mais que raison sus le vouloir commande,

Comme je croy que vous avez envye :

Par desespoir ne sera donc ravye

L'affection prinse sur la vertu; 175 Sy fol espoir aultrement vous convye,

151. L'un/?. — 152. que i'ay eu (t'«r5 /flMAc) /? qua en a qu'ay eu /» — 153. Si ac; autre c; soubstien a — 154. Qung a qun b qun b; manteu a — 155. scaiches qu'il rtc scachez qu'il/'; — 156. si n'est point ung qui grand a ; prometteur b promccteur lî — 157. faingt ab fainct c — 158. s'il... plaingt

— 159. croyes point... quacqueteur « — 162. dist a — 165. soubstient a — 164. soubstenement a — 165. \c abc (omis par R) — 166. Puysque si... la myne a — 167. avescraingt rt ; accroissance a accroissement/? — 168. Contentes vous a Contentez leb; ruine a — 169. crains c ; ne omis a ; craiuds /'

— 170. aveques/?; avec c; vie a — 171. sur bc — 172. voy b ; aves a — 173. donq b — 174. prise bc — 175. Si b De a.

Rompu sera pour jamais le festu.

Or donc la mort m'est par vous advancee, Et vous voulez d'ung serviteur defïaire Qui n'eut jamais que loyalle pensée, 180 Sans luy donner le loysir de parfaire

Ce qu'il vouloit de service vous faire ; f" 29 r°

S'il ne vous a satisfaict en vivant.

Il vous veult bien par sa mort satisfaire

Et achever sa vye en vous servant.

Responce.

185 Vous estes loing, quoyque vostre escript die,

De ceste mort par trop d'affection ;

Car, dieu mercy, vous n'avez malladye

Monstrant ennuy, douleur, ou passion ;

Mais sy la mort souffrez par fiction, 190 Comme pour moy par amour trespassé,

Je vous en doy la lamentation

Et en la fin requiescant in pace.

177. Ou si h Or si la mort ac (si (Viine autre encre et dans l'interligne a) — 178. voules a — 179. loialle a — 182. Si ne fl — 184. vie b — 185 . dey ab — 187. malladie ab — ■ 189. si a; souffres lamentacion /'.

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