‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 231 sur 320 · I . R. de Maulde, Histoire de Louis XII, t. I, p · texte numérisé non relu

I . R. de Maulde, Histoire de Louis XII, t. I, p

Mais il faut reconnaître aussi que la vogue des poésies de Charles d'Orléans avait été réelle. Dès 1745 le judicieux abbé Goujet avait pressenti ce point de vue des érudits modernes. Il écrivait: « Cette finesse et cette naïveté charmante qui caractérisent les poésies du duc d'Orléans, ont tellement plû aux poètes qui ont écrit dans le même siècle, ou au commencement du suivant,que plusieurs se sont cru permis, tantôt de s'approprier ses pensées, ses réflexions, les tours qu'il a employés, les fictions qu'il a imaginées, tantôt de copier entièrement plusieurs de ses pièces, de les donner sous leur nom, et de les mêler avec leurs foibles, et souvent leurs insipides productions. La lecture que j'ai faite de ces vieux poètes m'a fait découvrir plusieurs de ces larcins, et peut-être en découvriroit-on beaucoup d'autres... » (Bibliothèque Françoise, t. IX, p. 274).

Il était réservé à M. Emile Picot ' de nous foire connaître les emprunts faits par les compilateurs d'anthologies du début du xvi^ siècle à des poètes du xv^ Et sans doute il n'apparaissent rares que par la rareté même de tels documents.

On se propose ici : 1° de marquer sommairement les étapes du succès de l'œuvre de Charles d'Orléans, 2° de produire les imitations de ses poésies que contient le ms. du British Muséum, Lansdowne, 380.

Un fait curieux, et qui ne saurait être mis aujourd'hui en doute, c'est que certaines compositions de Charles d'Orléans furent connues des Anglais durant sa captivité. Nous en avons la preuve par deux chansons du duc conservées parmi les poésies de Chaucer et de Lydgate dans le ms. du British Muséum Harley 7333, fol. 36 v°, morceaux qui ne se rencontrent dans aucun autre ms. des poésies du duc :

Balade (sic) niade by ye diicof Orlience Mon cuer chante joyeuxsement Quant il luy sovient de la belle ;

I. Koiiia?iia, 1876, p. 390-3. [Compte rendu des Cent quarante-cinq rondeaux d'amours, éd. E. M. Bancel]; Ibid., 1893, p. 254. [Une supercherie d'Antoine Vérard.]

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