‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 250 sur 320 · HISTOIRE POLITIQUE DES PROVINCES ESPAGNOLES · texte numérisé non relu

HISTOIRE POLITIQUE DES PROVINCES ESPAGNOLES

inaliénables, il prit le titre religieux de dieu tutélaire de Rome « Conservator Urbis suae » '.

Ce titre, inscrit comme légende au revers des monnaies, et y entourant un temple à quatre ou à six colonnes, au milieu duquel est assise la déesse Rome, est en quelque sorte la signature de l'empereur de Rome.

C'est pourquoi cette légende et ce titre ne se trouvent pas au revers des monnaies des ateliers des Gaules; mais ils ont été reproduits sur la plupart des pièces de bronze émises à cette époque par l'atelier de Tarragone, comme par ceux d'Italie ^ L'Espagne appartenait donc à Maxence qui seul s'est déclaré à cette époque protecteur « Conservator » de Rome « Urbis Suae ».

Les ateliers des Gaules continuaient à inscrire sur les monnaies les dédicaces « Genio Populi Romani, Marti Propugnatori, — Conservatori », et le nom de Constantin Auguste, encore désigné comme « Princeps Juventutis », ou « Augustus ». On y célébrait l'alliance de Maximien Hercule ' et de Constantin « Concordia Perpétua Dominorum nostrorum ».

Maxence, qui recherchait à cette époque l'alliance de Constantin, fit émettre des monnaies au nom de cet empereur; mais Constantin qui ne se prêtait que par nécessité à cette alliance, ne laissa frapper qu'une pièce unique au nom de Maxence dans son atelier de Lyon •*.

Un fait caractéristique, au point de vue iconographique, vient confirmer l'attribution de l'atelier de Tarragone à Maxence.

J'ai expliqué ailleurs que les chancelleries n'échangeaient entre elles, au début du iv^ siècle les effigies ouïes images de

1. Num. Coiist., t. I. L'atelier de Rome, p. 182 sq. L'atelier d'Aquilée, p. ^05 sq. Cet atelier n'inscrivit cette légende sur ses monnaies que lorsqu'il tomba au pouvoir de Maxence. L'atelier de Carthage inscrivit la Icgtnde analogue « Conservator Karihaginis suae » ; voir t. I, p. 353.

2. Num. Ccnsi., t. II, l'atelier de Tarragone, pp. 225-227, sq.

3. Ihid., t. I, l'atelier de Trêves, pp. 385 à 391, et t. II, l'atelier de Londres, pp. 13 à 16, et l'atelier de Lyon, pp. 85 à 91 .

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