Ibid., l'atelier de Lyon, p
leurs empereurs corégents, que si ces derniers étaient unis par l'adoption \ Cet échange des images impériales n'eut pas lieu entre les chancelleries de Constantin et de Maxence ^ ; de telle sorte que Maxence, lorsqu'il voulut frapper monnaie au nom de Constantin^ ne possédait pas son effigie dans ses ateliers. Les ateliers agissaient, en pareille occurrence, suivant les lois de la nécessité, et prêtaient à un empereur étranger une effigie qu'ils possédaient. C'est ce que firent ceux d'Italie et de Tarragone. Il en résulta une conséquence curieuse. Constantin qui, sur les monnaies de ses ateliers des Gaules et de Bretagne est imberbe, a un nez aquilin, de grands yeux, des traits réguliers, et, les tempes dégagées ' ; est représenté tout autrement sur les pièces des ateliers d'Italie et sur celles de Tarragone. Il s'y présente pourvu d'un grand collier de barbe, caractéristique, avec un front bas, le plus souvent avec les yeux rapprochés, une bouche tombante et bestiale et un menton qui avance; c'est le portrait de Maxence ^ ; dans d'autres cas, avec le nez court et relevé, un front ridé, des plis caractéristiques de chaque côté de la bouche, et un air rustique et sot ; c'est le portrait de Sévère IL Ce dernier avait possédé les mêmes ateliers que Maxence. Constantin ne fut jamais représenté ainsi dans ses états. Ces substitutions d'effigies sont une preuve de la domination de Sévère II, puis de Maxence, sur les ateliers d'Italie, d'Afrique et d'Espagne qui possédèrent leurs effigies et ne reçurent pas celle de Constantin.
Une confirmation très intéressante de cette dépendance de l'Espagne de l'empire de Maxence a été fournie par M. Mispoulet dans un travail récent K
1. Voir Num. Consi., t. I. L'Iconographie par les médailles des empereurs romains, pp. i à 17.