I. D'après rorthographc du xvni^ siccle : Batsdnyi
devint ensuite secrétaire du comte libéral Nicolas Forgdch, mais à peine était-il installé que la « Conjuration » de Martinovics fut découverte. Il fut arrêté pour avoir copié le Catéchisme républicain. Il put cependant prouver qu'il n'avait communiqué à personne la brochure et qu'il s'était toujours défié de Martinovics. Le tribunal l'acquitta, mais la Table septemvirale lui infligea un an de prison parce que, dans sa défense, il avait émis des principes dangereux. Il passa cette année à Kufstein et eut comme compagnon de captivité Maret, retenu par François II contre le droit des gens. Une fois sorti de prison, il s'établit à Vienne. Pour éviter tous les soupçons, il voulut vivre sous les yeux même de la police. Le préfet lui procura un modeste emploi à la banque de l'État. Il put fréquenter les cercles littéraires, fut bien accueilli dans la maison du directeur des archives de la Cour, Baumberg, dont la fille écrivait des vers d'un sentiment tendre et élevé. Bacsanyi sut gagner son cœur et l'épousa en 1805. Leur bonheur ne dura pas longtemps. Il fut brisé par l'entrée de Napoléon à Vienne.
Presque tous les historiens prétendent que lorsque Maret, duc de Bassano, voulut faire traduire en mag}'ar la proclamation de Napoléon, il se rappela que Bacsanyi avait été jadis son compagnon de captivité, il le fit appeler et obtint qu'il traduisît la pièce. L'écrivain hongrois, oubliant sa situation officielle, introduisit même certaines phrases pour frapper encore mieux l'imagination des Hongrois. Ce qui prête une certaine vraisemblance à cette assertion, c'est que Bacsanyi quitta Vienne avec les troupes françaises, s'installa à Paris où il obtint, en 181 1, une pension de 2.000 francs en qualité d'homme de lettres ; que les Autrichiens en entrant à Paris, s'emparèrent de sa personne et l'envoyèrent au Spielberg. Cependant aucun document officiel n'est venu corroborer cette hypothèse '. Bacsanyi et sa femme ont toujours nié ; les tribu-
I . Jusqu'ici on n'a rien trouvé de positif ni aux Arcliives nationales, ni aux Affaires étrangères. Les pièces relatives aux pensions du Ministre des finances ont brûlé pendant la Commune.
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naux autrichiens ont dû l'acquitter faute de preuves et Metternicii est intervenu lui-même, sous Louis XVIII, pour faire liquider la pension qu'il devait toucher jusqu'à sa mort '. M. Louis Horanszky, dans son remarquable ouvrage Jean Bacsanyi et son temps ^, a soumis à un examen attentif les pièces du procès et il est arrivé à ce résultat qu'un nommé Kermelics a fourni les données de cette fameuse proclamation ; que Joseph Mârton, professeur de hongrois à Vienne, l'a traduite et que Bacsânyi a simplement revu cette traduction, mais avec la permission du préfet de police de Vienne, Saurau.
Il est probable que Bacsânyi vint à Paris dans l'espoir d'améliorer sa situation. Il entra en relation avec plusieurs hommes de lettres et voulut faire connaître l'histoire, la langue et la littérature hongroises. Très noble ambition, mais qui fut arrêtée trop tôt. Ce premier essai fut vite oublié et même en Hongrie on ne sut rien pendant longtemps de cette tentative.
Dans son cycle de poésies intitulé : Le poète hongrois sur la terre étrangère, Bacsânyi stimule les jeunes écrivains à persévérer dans leur tâche.
Qu'ils sachent qu'on s'occupe déjà de nous ici (à Paris), qu'on loue notre belle langue, qu'on admire nos poésies lyriques et nos vers d'un rythme plus libre. On commence à connaître le génie magyar et ses meilleures productions, le grand mérite de nos anciens écrivains et les victoires de nos contemporains. Ainsi notre renommée arrivée jusqu'à la Seine blonde, pénétrera bientôt jusqu'aux colonnes d'Hercule et de là, dans le pays du grand
1. Voy. François Szinnyci : Bacsdnyi Jdnos. Budapest, 1904, p. 107. — Bacsânyi resta un an au Spielberg, puis il fut interné à Linz où il publia encore quelques brochures. Ce n'est qu'eu 1843 que l'Académie lui rendit un hommage bien tardif, en le nommant membre correspondant. Le vieillard aigri et désabusé, n'exprima même pas ses remerciements. Il s'éteignit en