PRINCIPE GALEOTTO $0J
empruntée, telle quelle, au nom d'un personnage de roman français; mais puisque déjà Dante, en un vers de bonne heure célèbre, avait dit d'un livre qu'il était « Galeotto », quoi de plus naturel que de surnommer un autre livre « principe Galeotto» ? Cet emploi de -:< principe » n'a rien de surprenant : Dante écrit, au sens latin du mot, « i principi délia terra », pour dire les premiers citoyens de Florence ', et ailleurs il oppose les « principi e maestri » aux simples artisans et aux apprentis''. L'expression doit donc être traduite par « maître enjôleur », ou, si l'on préfère, par « maître suborneur », et non par « gibier de potence ». La différence est appréciable.
Les raisons de douter que le sous-titre puisse être de l'invention de Boccace sont plus sérieuses. On a justement remarqué que l'usage du sous-titre est inconnu à l'auteur du Filocolo et du Filostrato, de la Fiaiiiiiietla et de VAmeto; et l'on a fait finement observer que les mots qui contiennent le sous-titre du Décaméron ressemblent assez à une interpolation. Voici en effet le titre des meilleurs manuscrits :
Comincia illibrochiamatoDecameron cogtiominato principe Galeotto nel quale si contengono cento novelle in dieci di dette da sette donne eda tre giovani uomini 5.
Il est certain que les trois mots soulignés ne sont pas heureusement placés, puisqu'ils séparent l'expression Decameron de ce qui en constitue l'explication 4.