A la Sorbonne
3. Guizot avait quitté l'Instruction Publique le 10 novembre et l'avait presque aussitôt reprise.
4. On ne voit pas pourquoi il qualifie cette aflaire de malheureuse, puisque la Faculté l'avait présenté en première ligne par 8 voix sur 9 (3 nov.
1834. Arch. de la Faculté des Sciences).
5l8 CHARLES DEJOB
Je viens à la hâte vous parler d'une chose à laquelle j'attache la plus grande importance et qui intéresse vivement plusieurs membres de l'Institut.
M. Persoz, préparateur de chimie au Collège de France, connu de tous les savants par plusieurs travaux remarquables et notamment par les recherches qu'il a faites avec M. Biot sur la polarisation circulaire de la lumière considérée sous le rapport de ses applications à l'analyse des corps organisés, désire se mettre à même d'obtenir une chaire de chimie vacante à la Faculté des Sciences de Strasbourg.
Nul doute que sous le rapport scientifique M. Persoz ne doive obtenir cette chaire. Mais il reste les difficultés des règlements académiques'. Ayant un grand nombre d'examens à passer d'ici à la fin du mois, M. Persoz n'aura pas le temps nécessaire pour se préparer à l'examen du baccalauréat ès-lettres ^. M. Biot a écrit à M. le Ministre de l'Instruction Publique pour demander un examen secret pour M. Persoz. Mais il me semblerait plus convenable sous tous les rapports de demander d'être dispensé de cet examen. Cependant l'affaire presse, M. Biot est à la campagne et M. Villemain va présenter aujourd'hui au Conseil la demande de M. Persoz.
Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien faire pour ce jeune savant tout ce qui pourra lui être utile. M. Thénard pourra vous parler des talents de M. Persoz ? . Il les connaît et les apprécie à leur juste valeur. D'autres membres du Conseil appuyeront la demande dont j'ai l'honneur de vous parler; elle serait appuyée par l'Institut si on pouvait attendre la prochaine réunion de l'Académie des Sciences.
Je m'étais présenté chez vous deux fois pour vous remercier. Monsieur, de l'intérêt que vous m'avez témoigné et de l'appui que vous m'avez prêté dans l'affaire de ma naturalisation . Votre lettre a eu le plus heureux résultat. Depuis quelques jours je suis Français. Recevez en mes vifs remerciements, et agréez... Le 5 février 1833.
1. Persoz continua à justifier la faveur que Libri va demander pour lui. Il obtint la chaire de Strasbourg et professa plus tard au Conservatoire des Arts et Métiers. Il était né en Suisse de parents français, il avait eu des débuts difficiles (Nouvelle Biographie Générale).
2. Il fallait alors avoir le baccalauréat ès-Iettres pour se présenter au baccalauréat ès-sciences.
5. C'était à la chaire do Thénard que Persoz était attaché comme préparateur.