‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 300 sur 320 · Ancien · texte numérisé non relu

Ancien

Il est communément connu, depuis Bartsch (Grundriss dcr prov. Lîteratiir, 1872, p. 27) sous le sigle C.

2. II était primitivement orné, comme tant d'autres chansonniers, de vignettes et d'initiales enluminées, qui ont été enlevées à coups de ciseaux. On ne sait à quelle époque remonte cet acte de vandalisme, d'autant plus déplorable qu'il nous a privé de certains passages de pièces uniques. Le manuscrit a en outre perdu, à la fin, un nombre de feuillets qu'il est impossible de déterminer. Pour une description détaillée et la recherche de ses sources, voy. Grœber, Die Liedersaiiiinlungen der Troubadours, dans Romanische Studien, II, 574 et 644.

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comme les illustres bibliophiles dont je vais avoir à rappeler les noms, voué aux livres un culte si éclairé, si désintéressé, si profitable à la science.

. Sur la date de ce manuscrit, le doute n'est guère possible : il a certainement été exécuté dans les vingt ou trente premières années du xiV siècle \ Userait bien intéressant de savoir aussi de quelle région il est originaire : son caractère paléographique ne nous apprend guère qu'une chose, c'est qu'il n'est pas, comme tant de recueils similaires, d'une main italienne. Son berceau ne peut donc être cherché, vraisemblablement, en dehors du Midi de la France^; mais ce sont là des limites bien vagues, et il faudrait, pour les resserrer, se livrer à un examen minutieux de ses particularités graphiques et en poursuivre la trace dans les anciens documents dialectaux. Ce sont là des recherches que je n'ai pas le loisir d'entreprendre. Je signalerai toutefois deux de ces particularités: 1° le maintien constant de /;( final, notamment aux 2'"" personnes du pluriel, qui nous oriente vers le Quercy ou le Haut-Languedoc, approximativement entre Cahors, Rodez et Béziers, cette finale étant dès lors réduite à s dans presque tout le reste du domaine ; 2° la notation étrange, peut-être particulière à ce manuscrit, de / finale correspondant à / double latine, par le groupe //; {an::^elh, casidli), qui est, à partir du xiii'^ siècle, le signe ordinaire du mouillement de / 5, Ce mouillement est,

1. Le Catalogue des manuscrits français (Paris, 1868, I, 129) et Bartsch, (Grumlriss, p. 27) l'attribuent au xive siècle; P. Paris {Les manuscrits français, VII, 18) et M. P, Meyer (Romania, XIX, 34), au commencement de ce siècle. La plus récente pièce qu'il contienne est datée de 1292 (Grœber, loc. cit., p. 574).

2. Dans la Provence ou le Languedoc, d'après M. Grœber, qui se fonde uniquement sur la patrie des poètes les plus récents représentés dans le recueil; dans «la partie occidentale» du domaine d'oc, selon M. Meyer. M. Grœber (Joe. cit.) promettait de rendre « vraisemblable » que le compilateur du ms. n'était autre que Matfré Ermengau ; mais tout ce qu'il a pu démontrer, c'est que l'auteur du Breviari avait puisé aux mêmes sources que le compilateur du ms. et de ses tables.

5. Cette graphie a été adoptée à tort dans certains ouvrages relatifs à

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