Op. cit., p. 40, 610, 899, 253 et
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ne voulut rien entendre '. A en croire Peiresc, cette obstination aurait privé la France d'une édition des poésies des troubadours et cela près de deux cents ans avant Rochegude et Raynouard - !
Il est donc vraisemblable que le manuscrit resta à Toulouse jusqu'au jour où il entra dans les splendides collections de Mazarin ; on aimerait à connaître l'intelligent pourvoyeur à qui elles durent cette aubaine, et la date précise où fut faite l'acquisition. Si celle-ci est antérieure à la Fronde, le vénérable recueil, qui paraissait désormais à l'abri des orages, allait au contraire courir les plus grands périls : on sait, grâce à L. Delisle', comment un arrêt du Parlement ordonna, en 165 1, la vente à l'encan de ces collections, dont les pièces les plus précieuses furent, du reste, rachetées par des amis ou des aflidésde l'habile cardinal 4,
Quand fut réglée la succession de celui-ci, on fit de ses livres deux parts : les uns furent attribués au collège qu'il avait fondé et doté ; les autres (les plus précieux) vinrent enrichir la Bibliothèque du Roi > : parmi ceux-ci se trouva naturellement le « grand tome » de Catel. Il figure au catalogue qui fut rédigé
1. Vov. la lettre à M. d'Abatia, avocat au Parlement de Toulouse, octobre 1631 (éd. Tamizey, VIII, 10). Les « honnêtes offres » de l'un des crudits ne sont guère plus vraisemblables que le refus de l'autre; il est probable que Peiresc entendait s'en servir comme d'un argument dans ses négociations avec Puymisson.
2. Je ne crois pas, à la vérité, qu'il faille prendre ces projets d'édition beaucoup plus au sérieux que ceux que le célèbre Bembo prétendait avoir formés de son côté longtemps auparavant (voy. S. Debeuedetti, Gli sttidi proveu:(ali in Italla, 1910, p. 29 et 120).
3. Le Cabinet des tnanuscrils delà Bihliotlicque ivipcrialc, I, p. 280.
4. Selon L. Delisle Qoc. cit., p. 280, n. 2), le ms. lat. 11926 de la Bibl. nat. contient, au folio 354, un état de la bibliothèque de Mazarin, dressé par Gabriel Naudé. Ce n'est pas un état, à proprement parler, mais une éniimération très sommaire des principales richesses de cette bibliothèque, intercalée dans un récit très dramatique de la saisie qui fut faite, le 14 février 1651, du palais du cardinal et de « tout ce qui cstoit dedans )>.
5. Voyez l'arrêt du Conseil d'Etat, en date du 12 janvier 1668, cité par L. Delisle (loc. cit., p. 281).
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à cette occasion, sous le n" 38 et le titre: Chansons provençales el gasconnes, sur vélin, in-folio \ Cette même mention se lit, en tête du premier feuillet, d'une écriture très effacée, qui paraît antérieure au milieu du xvii'^ siècle ; les rédacteurs du catalogue se seront bornés à la reproduire.
Ce trésor est donc garanti, depuis plus de deux cents ans, contre la plupart des chances de perte ou de destruction (nous l'espérons du moins, en dépit du cruel avertissement donné naguère par une disparition sensationnelle); mais il ne l'est pas contre l'usure qu'entraîne la ferveur de plus en plus intense avec laquelle sont cultivées les études provençales : le vénérable volume commence à être vraiment très fatigué. Il serait temps d'en faire exécuter une bonne reproduction photographique, qui dispenserait de consulter aussi souvent l'original : celui-ci mérite certainement cet honneur, de même qu'il vaut cette dépense.
A. Jean ROY.
I. Bibl.Nat., nouv. acq. fr. 110=5763, fol. 144. Paulin Paris (Les manuscrits français, VII, 18) connaissait déjà la cote du ms. d uis la Bibliothèque de Mazarin, sans doute d'après ce document même. La Bibl. Nat. possède deux autres registres concernant la bibliothèque de Mazarin, dont je dois la connaissance à l'obligeance de M. L. Dorez (même fonds, 11055764-5); je n'y ai rencontré aucune trace du ms. 856.