LiTTRÉ, Dictionnaire delà langue française, v-o Cotir
4. Carpentier, /oc. cit., t. I, col. II 74 et t. IV, col 171.
5 . Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIX^ siècle et Nouveau Larousse illustré, \'° Taler.
6. Carpentier, /()(-. (-//., t. II, col. iioi et t. IV, col. 397.
2é P. DORVEAUX
vante, datée de 1472 : « il n'y eut point de sang espandu, mais seulement macheiirc. » Machure, pour contusion, meurtrissure, est encore usité dans tout le Poitou.
Dans le chapitre de 1' « Anis » de VHorlus sanitatis translate de latin é'// /m«r(;/i( repartie, fol. xx /', Paris, vers 1500), l'expression lividité et noircciire remplace le mot pcrseiirc du Livre des simples médecines. De même, au chapitre du « Commln » (I, fol. Lxvii a\ on lit : « Quant il est masché et mis sur les noircei'ires de la fice ou du corps, il les nettoyé et oste ».
L'expression lividité et noireté se rencontre dans un manuscrit de la Bibliothèque de Metz, la Cyrnrgie de Brun de Long Bore (fol. 37 ^f)» ^^'^ '^^^ ^^ ^^^^ siècle. On y lit encore (fol. 15 ^) : « La concusiou de char est plus tart soudée que droite trancheùre. » Dans la Pratique de Bernard de Gordon (I, XI, Lyon, 1495), on trouve : noirsiire ou livenr. VArholayre dit (ch. De Cimino, fol. 71 ^) : « Contre noireté ou persure causée de cop ou de cheûte », et encore (ch. De Aniso, fol. 36^): « Contre lividitey venans du coups » (^/V).
Au xvr siècle, Jehan Canappe intitule deux chapitres du Guidon en françoys (Lyon, 1538, fol. 136 v°) : « De la concussion ou contusion de char sans playe d'elle », et « De la cure de contusion en Grec Ecchymosis ». On v lit que la concussion « engendre î^^j^/o'^^ et liveurs, et aucunes fois escorchemens ».
En 1549, Eloy Maignan, dans sa traduction française de YHystoire des plantes par Leonarth Fousch {sic), emploie le mot sugillation pour ecchymose : « Vieilles noix, dit-il (ch. cxLii), guérissent gangrenés, charbons et sugillations ».
Martin Mathee {Les six livres de Pedacion Dioscoride, Lyon, 1553, p. 201, ch. Du Comin sauvage) se sert du terme meurtrissure : « Mâché, dit-il, et puis appliqué avec miel et raisin cuict au soleil, [le Comin sauvage] enlevé les meurtrissures ». Quatre ans plus tard, Charles de l'Escluse, plus
SYNONYMES ANCIENS ET MODERNKS D « ECXHYMOSl- » 27
connu sous le nom de Clusiiis, renchérit sur Martin Alathee en introduisant dans sa traduction de Dodoens (^Histoire des plantes, Anvers, 1557, p. 175) des meurtrissures noires. Au chapitre du « Noyer ou Gauguier » (p. 5 13), il dit encore que les « vieilles noix effiicent contusions et taches noires » ; et au chapitre du « Laurier » (p. 483), queThuile de laurier « guérit toutes meurtrissures et contusions noires ».
Antoine du Pinet a donné dans sa traduction de Pline (^L'Histoire du monde, t. Il, p. 119, 124, 146, Lyon, 1562), quelques autres synonymes d'ecchymoses : taches ternies, taches ternies et meurtries, ternissures, etc.
Le mot meurtrissure se rencontre, en 1531, dans le Dictionarium seu Latinm Jinguœ Thésaurus de Robert Estienne (v° Livor) ; et les mots maschure et ternissure, dans l'édition du Dictionarium Latinogallicum ' publiée en 1546 par le môme auteur (v" Livor).
Enfin vers 1550, Ambroise Paré francise le mot grec ecchyniosis, et en tire ecchymose, qu'il emploie, conjointement avec ecchyniosis, dans les ouvrages suivants : « Livre des playes récentes et sanglantes en particulier » ; « Livre des contusions, combustions et grangrènes - » ; etc. Ce terme est le seul qui soit resté dans le langage médical. Plus tard paraissent les expressions « avoir des noirs », « avoir des bleus sur le corps », dont la première figure, en 1690, dans l'édition princeps du Dictionnaire universel de Furetière, et la seconde est bien postérieure. Elles sont encore employées de nos jours, mais surtout dans le langage populaire.
P. DORVEAUX.
1. Cf. H. Vaganay, Pour rijistoire du français viodenic. Je dois à l'aimable secrétaire des Mélanges M. Picot, René Sturel, cette indication, dont je le remercie de nouveau.
2. Ces « Livres « occupent les pages 298 et suiv., 395 et suiv., de l'édition princeps des Œuvres d'Ambroise Paré (Paris, 1575) ; mais ils avaient déjà été publiés antérieurement .