‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 70 sur 320 · MICHEL SERVET · texte numérisé non relu

MICHEL SERVET

Vincent sera parachevée sur peine de confiscation de leurs volumes, amendes arbitraires, despens, dommages et interest;^ s'il n'est de la permission et consentement dudict Vincent. Faict en parlement le pénultième de Juillet lan mil cinq cent quarante cinq. »

Ces trois privilèges, reproduits in extenso au verso du litre de chacun des six volumes dé cette Bible, prouvent l'importance qu'attachaient, à la propriété de cette œuvre, les membres de la Compagnie des libraires de Lyon, car pareilles précautions ne sont pas communes.

Le premier volume porte le titre suivant :

BiBLiA II SACRA II cvM GLOSSis, INTER- 1 1 liueari & ordinaria, Nicolai Lyrani || Postilhe & moralitatibus Burgen- || sis Additionibus et Tho- 1| ringi Replicis. || tomvs primvs || Continei Pentateuchum. Il ... Il omnia ad Hebn\:orum et Gra^corum tidem iam pri-||mum suo nitori restituta, Se variis scholiis illustrata. || lvgdvni, anno || m.d.xlv. || Cum privilegio Régis. Sept volumes in-fol. à 2 col., volumineux commentaires entourant le texte, manchettes, ligures de la suite d'Molbein, lettres ornées et figurées. Le septième volume, renfermant l'index seul, ne porte pas les privilèges, par contre il est précédé de deux avis au lecteur non signés, l'un du correcteur Michel de Villeneuve, et l'autre de l'éditeur, A. Vincent. Il porte, en outre, à la fin la souscription : lvgdvni, || Ex officina Gaspari Trechsel || m.d.xlv.

Vraisemblablement cette Bible, peu connue, à défaut d'une identification exacte, semble avoir été, pour partie, imprimée à Vienne, et les prévisions de ce labeur ne sont peutêtre point étrangères au transfert de l'un des ateliers lyonnais en cette ville. Ce long et important travail méritait bien la rémunération consentie au correcteur qui, pendant plus de quatre ans, lui avait consacré sa science et son application. Au surplus il avait rencontré sa voie, quelque insuffisante qu'elle fût cependant à lui procurer l'argent nécessaire à la satisfaction de ses goûts, non pas de luxe mais de confort.

50 JULIEX BAUDRIER

S'il eût été prudent et sage, M. de Villeneuve eût pu, vers ces temps-là, jouir enfin du calme et du bien-être, auprès de l'archevêque de Vienne, Pierre Palmier. Ce prélat lettré et bienveillant l'attira en cette ville et l'établit dans son palais où il put consacrer ses loisirs à des travaux d'érudition, tout en départant ses soins médicaux à une clientèle sérieuse et reconnaissante qui lui permit de vivre largement et même d'économiser 4.000 écus pendant son séjour.

En conséquence de la grève de 1539, terminée par l'édit de 1541, les imprimeurs lyonnais Macé Bonhomme et Gaspard Trechsel divisèrent leurs ateliers et en transportèrent une partie à Vienne, à la demande de Pierre Palmier ; Michel de Villeneuve en devint naturellement le correcteur. Bonhomme n'usa pas longtemps de ses services car, s'étant aperçu rapidement que deux ateliers d'imprimerie ne pouvaient subsister à Vienne, il se transporta, dès 1542, à Avignon, d'où, après avoir fondé un dépôt à la tête duquel il mit son frère Barthélémy, il s'empressa de revenir à Lyon, reprendre la direction de sa principale maison. Trechsel continua à travailler à Vienne jusqu'à fin de 1543, faisant la navette entre les deux villes. Comme œuvre de début, il imprima, en 1541, la seconde édition du Ptolémée de Pirckeymher, annotée par M. de Y'ûleneuve, mais soigneusement expurgée, pour plaire à Pierre Palmier, précédée d'une épitre curieuse, adressée à cet archevêque auquel, dit-il, François I'^' avait ofi'ert difl^rentes ambassades.

Cette seconde édition expurgée est, en réalité, moins intéressante que celle de 1535, elle ne renferme aucun des ornements tirés des frontispices de difierents ateliers d'imprimerie lyonnais qui rendent la première si curieuse pour l'histoire de la gravure sur bois. Cette seconde édition fut publiée aux frais de Hugues de la Porte.

En 1542, Michel de Villeneuve corrige deux Bibles latines éditées aux frais de Hugues de la Porte. La première, imprimée à Vienne par Gaspard Trechsel, ne porte aucune épitre du

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