‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 73 sur 320 · GOURGANDINE · texte numérisé non relu

GOURGANDINE

1° ANICROCHE est éci'it hanicroche par Rabelais qui le cite à côté de « vouges, hallebardes ». Ce terme désignait-il une sorte d'armes ? Nous y reconnaissons en tout cas notre adjectif « croche «, mais comment expliquer le dissyllabe initial ? Sur la remarque à nftus faite par M. Gauthiot que Hahii possède en allemand le double sens de « coq » et de « chien d'une arme à feu », nous avions d'abord pensé que le mot en question avait bien pu désigner une sorte de pistolet à chien très recourbé. Toutefois, n'oublions pas que hanicroche. se trouve cité à côté d'instruments n'oftVant pas un caractère guerrier.

D'ailleurs, ainsi que nous l'a fliit observer M. L. Duval, le savant ex-archiviste de l'Orne, Eustache Deschamps, contemporain de Charles VII (voy. édition Crapelet, p. 24), parle de « croches haiies pour retirer de dessus le feu les pots, les chaudrons ». Ces deux textes sont cités par Lacurne de Sainte- Pal aye ^Dictionnaire historique de t ancien Langage Français, Niort, L. Favre, 1875, ^- ^^^^ P- 74^ ii^M")-

On ne contestera pas que croche-hane soit simplement le mot employé par Rabelais, mais retourné.

En tout cas, la voitge ou gouge, outil de menuisier, ne saurait passer pour une arme et la hallebarde constitue surtout un instrument de parade. Aussi préférerons-nous voir dans ce Imne ou hani initial, une déformation de l'allemand Hand,

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a main », moyen-haut allemand Haut. Le mot entier aura donc le sens propre de « main crochue », objet recourbé en métal et destiné à manier les objets trop chauds pour qu'on les touche. Ce serait à peu près l'équivalent du latin forceps « pince, tenailles », de foniiiis, « chaud, brûlant ». De l'idée de chose crochue, on sera passé naturellement à celle d' « empêchement, obstacle ».

2" BARGUIGNER ne paraît pas avoir, quoi que nous ayons cru d'abord, grand chose à démêler au point de vue étymologique avec l'anglais lo bargain : « discuter le prix d'une chose, marchander ». Reconnaissons-y plutôt le vieux français « guigner, regarder en dessous, épier », accompagné du préfixe péjoratif Mr comme dans « barlong ».

3° BIELLE ne serait, a-t-on prétendu, que le nom propre de l'inventeur d'une sorte d'hélice employée dans les bateaux à vapeur. On a même cité, à ce propos, des termes tels que macadam, macfnrlane, qniuqiu't, gibus qui passèrent de l'inventeur à la chose inventée.

Toutefois, ce qui nous empêche de partager cette façon de voir, cest la présence en vieux français des mots bidelle, vinddle, bindeJle auxquels Roquetort attribue la valeur de « manche de chemise » ; cf. béarnais, bidelhc, « bas de vis d'une grosse tarrière » et en dialecte aspois, « boudin, ressort formé d'un lil de fer » ; italien benda, « bandeau, voile ». Les finales, elle, elbe sont, sans conteste, diminutives. Quand au d médial, il a disparu en français actuel. Ce phénomène linguistique se produit fréquemment, comme l'on sait, dans notre langue. Le sens primordial de bielle, bindelle a donc dû être celui de « petit lien ». Rattachons-les à l'allemand Bindeu, « lier». Band, « lien ». Ajoutons qu'en basque, bielle, bindelle se présente sous la forme gidail, a et désigne l'os de la jambe, le tibia.

4° CAFOURET n'a pas eu l'honneur de figurer au dictionnaire de l'Académie. Il le mériterait cependant, ne fût-ce qu'en raison de l'usage fréquent fait de ce mot par les mai-

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tresses de maison. Ce terme désigne un petit débarrassoir, un endroit obscur où l'on dépose les objets gênants. Cafouret est visiblement formé de ca préfixe péjoratif comme dans cahiiltc, litt. « méchante hutte », canins, litt. « vilain museau », de four et de la finale diminutive que Ton retrouve dans garçoniicl, baquet, « petit bac » ; tabouret, « petit tambour » ; sachet, « petit sac ». C'est, au pied de la lettre, le « mauvais petit four ».

5° CHAGRIN au sens de « peine, afiliction » n'est visiblement qu'un simple homophone du terme de reliure bien connu, lequel dérive du turc sagri, sagbri, « croupe de cheval, peau qui la recouvre », mais en diffère tout à fait au point de vue étymologique.

Le terme ici étudié et sur l'origine duquel les étymologistes hésitent encore nous apparaît formé du préfixe péjoratit cha que Ton retrouve dans chahut et le vieux français chamoisir. La partie, à la fois radicale et finale grin, est, sans doute cà rapprocher de l'allemand? Grlmni, « colère, fureur ». Cf. anglais o-r/m, « vilain, désagréable, odieux », d'où la locution the grim ferry niau, « le hideux nocher », c'est-à-dire Caron, le batelier infernal. Dans la forme chalgrin employée par Basselin, dans le cours du xv^ siècle, le / médial est visiblement euphonique tout comme dans gulbia, « gouge », employé par saint Isidore de Séville; dans les termes basques nl^eir, « acier », inoJdesi, « modestie ».

6° CRAPAUD n'a sans doute, malgré l'opinion contraire soutenue par quelques érudits, rien de commun avec l'anglosaxon crespen, « ramper », ou l'allemand Krampe, « crampon ». Par exemple, nous serions tout disposés à y reconnaître le bas-allemand Krappc usité chez les riverains de la mer du Nord et déformation incontestable de l'allemand Krabbe, « crabe », hollandais Krab. Ces termes sont apparentés au latin carabiis, « écrevisse de mer », peut-être pris lui-même au grec xapaS:; (même sens).

Sans doute, ce mot Krappe n'est signalé, d'après M. Kluge,

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qu'à partir du xvi^ siècle, mais son emploi peut être bien plus ancien. Ajoutez à cet élément radical, la finale despective aud {d. à ce propos nos termes, lourdaud, paiaud, rustaud). Le mot français serait synonyme de « vilain crabe ». La forme aplatie du crapaud, sa teinte brune lui donnent quelque ressemblance avec le crustacé dont il vient d'être parlé.

En tout cas, crapule n'est visiblement qu'une forme diminutive de crapaud.

7° GALVAUDER, du latin vaJidare. et du préfixe péjoratif ^a'/ que nous retrouvons p. ex. dans gaJ'unafrce, f^alimathias, nous montre l'importance de l'étude des préfixes et particules adventices, au point de vue étymologique.

8° GARÇON, en espagnol gar:(ori et gar~cme en italien, est encore un de ces termes sur l'origine duquel on a beaucoup discuté. Voyons-y, sans hésiter, un dérivé de garce, à rapprocher de l'espagnol gar::^a, qui répond à la fois à aigrelle et à héron. Plus tard, il est devenu spécialement synonyme de l'espèce appelée « héron aigrette ». On conçoit ce nom appliqué \ une jeune personne coquette et soigneuse de sa chevelure. Plus tard, le sens s'est étendu et en vieux français finit par devenir synonyme de « jeune fille ». En tout cas, l'espagnol «^rtr^rt' a, sans conteste, une origine germanique; cf. allemand IFar^e, « verrue, pustule », vieux haut-allemand lVar:{a. Le passage de l'idée de verrue à celle d'aigrette s'explique sans peine.

Ce n'est pas, d'ailleurs, le seul exemple que l'on puisse citer de noms d'animaux appliqués à des êtres humains. Citeronsnous, à ce propos, l'italien raga^^a, « jeune fille », litt. « pie » renforcé de ra ou re intensif et de gci\^a, « pie » ? On sait d'ailleurs la valeur métaphorique attribuée à certains noms d'oiseaux, tels que « serin, dinde, oie ».

Par un procédé inverse, certaines appellations propres à notre espèce semblent avoir été, plus tard, appliquées à des bêtes domestiques. Tel serait, sans doute, le cas pour le latin juvenca qui, outre sa valeur vraisemblablement primitive de

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« jeune fille » a enfin pris, par surcroît, celle de « génisse «. 9" GOGUETTE appartient à la même famille que le vieux français go^i^nic, « plaisanterie, raillerie, farce ». Aujourd'hui, encore, on dit dans le Perche d'un poulain qui s'agite, se trémousse, qu'il « gogue ». L'origine de tous ces mots paraît gauloise; cf. gallois «t'^'^rt// « satire, raillerie »; vieux basbreton gogitit, gogû, « fourberie, dérision » et gogiou, gogear, « moqueur, railleur ».

10'' GOURME a vainement été regardé comme une inversion de « morve », bien que les deux termes soient parfois synonymes. La gourme est, en définitive, une inflammation des fosses nasales chez le cheval. C'est ce qui nous permet de rattacher ce mot à l'irlandais gortn, « chaud, enflammé » et à un gaulois hypothétique, d'après M. Whitley-Siokes, gormos (même sens) ; d. vieux latin foniiits, d'où forceps « pince, tenailles, pincettes » pour formiccps, ainsi que grec Oip[J.z; « chaud » ; allemand JVann ; sanskrit ghaiina.

11° JOBARD ne semble qu'une sorte de doublet de gobciir. Le^ initial primitif devient volontiers; en français. Cf. « jambe » et l'italien gamba ; « javelle » et l'espagnol gavilla. Quant à la finale ard, généralement prise dans un sens méprisant, elle apparaît p. ex. dans pciidard, soiffard, paillard, roublard, etc. 12° JOLI que l'on a voulu, en désespoir de cause, rattacher au norrain biol, fête en l'honneur du soleil qui donnait lieu ù diverses sortes de réjouissances, se trouve parfois en vieux trançais, écrit jolis. C'est une sorte de vieux participe passé comme « taudis ». Reconnaissons-y un emprunt au béarnais golil::^, « rouge-gorge », litt. « muni d'un rabat^ d'un collet » ; cf. espagnol gola, « gosier, gorgerin, hausse-col, rabat. Un autre nom en béarnais, du même oiseau, est golarroiiy, correspondant exactement au terme français. L'on a bien donné aux termes « dinde, serin )> une acception défavorable, pourquoi n'aurait-on pas employé celui de « rougegorge » dans un sens opposé ?

13° MARAUD, d'où « maraude, marauder, maraudeur »,

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pourrait difficilement il notre avis être regardé comme un composé de mal et de rôder. Reconnaissons-y plutôt l'élément radical mar suivi de la finale déjà étudiée aiid. Ce umr, d'après Roquefort,, constituerait une abréviation de « à la malheure », d'où les locutions alas, fit-elle, uiar fui née « je suis née sous une malheureuse étoile » ; ja mar en doîiiere~, « ce serait déjà un tort que d'en douter ». Maraud se traduira donc litt. par « qui a de la malchance, malheureux ».

14° MARMOT paraît offrir le même élément initial que le précédent, mais accompagné du radical mot qui se retrouve p. ex. dans moutard et ne peut être que le latin iiiustum, « moût, vin qui n'a pas encore fermenté », d'où muslcus, « frais, nouveau ». Marmot serait donc l'équivalent de « méchant gamin, polisson, mauvais petit bout d'homme ». De là les dérivés marmotter, « bredouiller comme un en£int », et marmotte qui paraît avoir désigné tout d'abord un singe de petite espèce, tel que ceux rapportés d'Orient par les Croisés. Dans les Indes, abondent, au contraire, les quadrumanes de haute taille. De là le sanskrit Vaudra, « singe » : litt. « sicut vir, sicut homo ». On remarquera que notre terme mousse, c'est-à-dire « apprenti marin » se rattache, lui aussi à la même racine, mais il est venu par l'espagnol mo~o, « jeune garçon », où la sifflante s'est maintenue aux dépens du / qui suit.

15° NIGAUD nous semble dériver du moyen haut-allemand Nigeiî, « dodeliner, pencher la tête », d'où la forme moderne Neigen, « mais avec adjonction de la finale aud. Le nigaud serait donc celui qui fait des gestes ridicules, qui remue la tête mal à propos.

16° RAVAUDER cst pour uue forme basse-latine revalida re. Le e de la première syllabe est devenu a comme dans rafraîchir, anciennement refraischir. Cf. uier et marin ; sel et salin. V. égalcmQnt galvauder.

ij° REQUIN a dû exister en vieux français au sens de « dur, désagréable ». C'est ce que démontre l'ancien verbe réquigner.,

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d'où le français actuel rechigner ; cr. espagnol rechiiiar. En tout cas, l'adjectif rcchiii apparaît d'un usage courant dans notre langue du xi"" et xii" siècle. Foulques, comte d'Anjou, avait été surnommé le Récl.nii, en raison de sa mine rébarbative. En un mot, nos aïeux avaient, et pour cause, qualifié le poisson des mers d'Orient de « déplaisant, désagréable », de même que les Grecs modernes qualifient le cheval de àXc^cv », litt. « être déraisonnable ». Nos colons français n'appellent-ils pas paresseux, une sorte d'édenté des forêts du nouveau monde, remarquable par la lenteur de ses mouvements ? Le même animal est parfois par antiphrase aussi nommé « lori courreur ».

En tout cas, requin nous apparaît composé du préfixe de renforcement et du vieux haut-allemand Chinnan, Kinnan, « rire », spécialement « rire jaune » et primitivement « faire la grimace ».

18° REVÊCHE n'a pas encore, que nous sachions, été sutfisaniraent expliqué. Nous proposerons d'y voir, outre le préfixe re déjà examiné, le norrain besk, « aigre », et, plus spécialement encore, le vieil anglais bisk (même sens). Littré cite, à ce propos, le poitevin bisque, « aigre ». Ce mot aurait-il été porté en France pendant la guerre de Cent ans, de même que travekr « voyager » (de l'anglais lo Iravel) usité dans l'arrondissement d'Argentan. Ajoutons qu'un souvenir de l'occupation espagnole est resté à Cambrai dans le nom de Caracol désignant un colimaçon.

19° TARABiscoTER, c'est-à-dire pratiquer des creux entre les moulures, renferme visiblement le verbe biscotcr employé dans un sens quelque peu grivois par Rabelais et, en outre, un dissyllabe adventice tara dont nous reparlerons plus en détail à propos de tarabuster.

Maintenant, quelle origine attribuer à ce verbe biscotcr ? Serait-il apparenté à biscotte, biscuit ? Cela n'irait guère au point de vue de la sémantique. Sauf meilleur avis, nous proposerions de le considérer comme formé de bis, partois pris

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au sens péjoratif (cf. biscoi nu et, peut-être aussi, bistoiinier) et de l'anglais TM?, io eut, « tailler, couper ».

20" TARABUSTER est composé du dissyllabe initial péjoratif tara, peut-être altération de cara (cf. carabosse, iitt. « h, la vilaine bosse », et d'un élément radical bust. Ce dernier nous paraît identique à l'anglais bus tic, « bruit, fracas, agitation », d'où la locution A man of bustle, « un tapageur, un agité, un querelleur ». Nous avons en vieux français iabustcr, tarauster, « tourmenter, importuner, mettre en désordre » et en vieux provençal iabiis, labtist, talbnst, « querelle, vacarme, tapage, tourment », ainsi que tabiislar, taïubiissar, « chagriner, vexer, tracasser, quereller ».

La même racine, mais avec emploi d'un atfixe différent, reparaît dans le portugais eiiibuslc, « embûche ", l'espagnol embustero, « trompeur, imposteur ». Il est clair que ces termes d'origine anglaise ont pénétré dans les dialectes du sudouest par l'intermédiaire de la langue d'oil.

21° TRIGAUD a tout l'air d'être pris à l'allemand Tnigcii « tromper, attraper » et Trug « mensonge, illusion », peutêtre par l'intermédiaire de l'archaïque Triegen, a mentir, tromper». Cf. ci ce propos, l'ancien indo-européen Dbntgb, « tromper, nuire », sanskrit dnih, (même sens), vieux persan, draouga, « mensonge », zend, âraoga, « trompeur ».

22° ANGORiE se trouve employé par Eustache Deschamps comme synonyme d'AncoJie. C'est une forme quelque peu anormale, car dans la langue du moyen âge, la plante en question se nommait anquèlc, anquélic. On reconnaît dans ce dernier vocable, le latin aqitilegia, (même sens); c'est que le calice de cette plante est creux et, par suite, propre à recueillir l'eau de la pluie, N'a-t-on pas lieu de se demander si le vieil écrivain n'avait pu créer ce mot angoric à cause d'une certaine analogie purement phonétique d'ailleurs avec l'italien anguria, « concombre ». Celui-ci, par contre, paraît pris au grec (XYYOijpiov, (même sens), d'où le romaïque ou grec moderne 7.'(-;z'j^\, «concombre »et à'YYsup': ;uoâTov ou K8a-cv,

KTYMOLOGIÈS FRANÇAISES é$

<•( cornichon », litt. « concombre vinaigré », Rapprochons-en le russe o^urets, « concombre », polonais oi^ôirk, allemand Gurkc et anglais Ghcrkiii, « cornichon », litt. « petit concombre ». Tous ces mots ont visiblement une origine commune. Nous avions cru qu'elle n'était autre que le persan ejigoitr, « raisin, grappe ». Il aurait été communiqué à une époque plus ou moins reculée par les Iraniens aux populations du Nord et de l'Est de l'Europe. Peut-être serait-il, somme toute, plus admissible d'y reconnaître le nom de la ville d'Ancyre, l'Angora actuel ? Bien des noms d'animaux et de végétaux ont, en définitive, été pris de noms de pays ou de localités. Ne disonsnous pas, p. ex. un angora pour un chat appartenant à une race originaire de l'Asie mineure ? Rappelons-nous, à ce propos, le terme latin Astur désignant à la fois l'habitant des Asturies et un oiseau de proie qui se rencontre fréquemment dans le Nord de l'Espagne ? Même observation pour les noms de danois, de percheron donnés à des variétés de chiens et de chevaux. D'autre part, on n'oubliera pas le nom de la pêche, c'est-à-dire de fruit persan, venu en Europe par l'Iran, mais qui semble originaire de l'Extrême-Orient.

Concluons en rappelant que les régions de l'Asie moyenne constituent la partie par excellence des cucurbitacés. Enfin le persan anhhara « concombre », cité par M. Kluge comme l'origine de l'allemand Gurke, ne se rencontre dans aucun des dictionnaires que nous avons pu consulter.

23° GOURGANDINE désigne à la fois une pièce de vestiaire et une femnie d'allures légères. Quoi qu'on ait soutenu à cet égard, le mot en question n'a certainement rien à faire avec le boulevard de Gand. Cette voie de communication n'a été ouverte qu'à une époque relativement récente. L'étymologie par nous proposée de gorc gantoise, c'est-à-dire truie de Gand nous semble encore la plus acceptable. En effet, Gand passait au moyen âge pour la Corinthe des Flandres, une ville de plaisir et de dissipation. Il est vrai que la finale ine reste d'une explication assez obscure. Y aurait-il trop de témé-

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rite à admettre qu'elle est due ici à l'influence exercée par visitandine ? Nos aïeux ne détestaient pas la grosse plaisanterie et nous les voyons mêler volontiers le sacré au profane. N'appclaient-ils abbesses, les directrices d'établissements n'offrant, certes, aucun caractère religieux ?

0= DE Charencev.

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