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Agathe, f. 105 v.-io6 v. ne se trouvent que dans ce ms. Et aucune d'elles n'a été publiée. Celle de sainte Lucie a été publiée par Auguste Beaugrand '. Celle de sainte Elisabeth de Hongrie se trouve également dans un ms. de la bibliothèque du duc de Portland à Welbeck (Nottinghamshire) et a été publiée par M. Ludwig Karl au tome XXXIV de la Zeitschrift fi'ir Roinanische Philologie, pages 295-314, d'après les deux manuscrits.

La langue de toutes ces légendes est bien la même que celle des vies de sainte Marie-Madeleine et de sainte Agnès ; il y a des analogies frappantes de versification et de style, si bien qu'on peut accepter comme très probable l'hypothèse que M. Paul Meyer a émise, à savoir que ces neuf vies de saintes sont fort vraisemblablement toutes dues à un seul et même auteur, celui qui s'est nommé à la fin des deux Fies qu'on vient de citer, Nicole Bozon ^ La langue et la versification de sainte Agathe ne peuvent être étudiées dans un article forcément aussi court que celui-ci : l'essentiel ne serait d'ailleurs qu'une répétition de ce que MM. Paul Meyer et Ludwig Karl ont établi pour la langue de Bozon ^ Qu'il suffise de signaler ici quelques rimes intéressantes au point de vue anglo-normand : guer, changer, muer, v. 33-5; /r^r, quer, v. 89-90; mite, apparut, V, 103-4 j '^"•^j dieus,\. 13 1-2 ; ///, neii, v. 157-8 ; murs, sengnours, v. 163-4; "^'^nkeu, feu, v. 175-6, sciignour, dur, V. 179-80 '^.

La source de cette Fie ne nous est pas parvenue. Ce devait être un résumé fait plus ou moins immédiatement d'après la

1 . Sainte Lucie, viercre et viartyre de Syracuse, sa fie, son martyre, ses reliques, son culte, Paris, 1882, 80, xiii-205-cxxxv pp. — Dans Les contes moralises de. Nicole Bo^on, on trouvera les 105 premiers vers de la « vie de sainte Angneys ». Soc. Ane. Textes français, 1889, p. xlviii-lii.

2. Cf. Thomas Wright, Biographia Britannica Literaria, Anglo-Norman Period, London, 1846, p. 331, et Paul Meyer, Les contes moralises de Nicole Bo^on, p. XLViii.

5. Meyer, op. cit., p. lviii-i.xvi ; Ludwig Karl, article cité, pages 298-

4. Il y a aux vers 33-35 une rime redoublée en er, et aux vers 108-110 une rime redoublée en eut.

vie latine anonyme {d. ActaSS. 5 février, t. IV, p. 621-4) • il devait être fort semblable à ceux que nous trouvons dans le Libelhis de fesiivitatibus SS. Apostohrum d'Adon de Vienne (édition dans Migne, PatroJogia, CXXIII, 198-200) ; dans le SpccitJitui Historiah de Vincent de Beauvais, XI, chap. 42-44 (édition de Douai, 1624); dans h Li\^ciida Aiirea de Jacques de Voragine, ch. 39' (édition Grosse, p. 170-3); mais il en différait par trop de points pour qu'on puisse reconnaître en l'un d'eux ou même en la combinaison des trois la source immédiate de la légende anglo- normande rimée. En effet celle-ci place après le supplice du chevalet l'épisode des coups dont Agathe fut frappée par ordre de Quintien ; les vies latine et grecque anonymes et tous les résumés donnent l'épisode des coups en premier lieu et le supplice du chevalet n'a lieu que le jour suivant. Le passage que Vincent de Beauvais et J. de Voragine résument d'après la vie latine, et qui met vivement en relief la résistance opposée par sainte Agathe à ceux qui l'exhortent à s'évader de sa prison quand l'occasion lui en est présentée, et sa volonté de se sacrifier à Dieu, est à peine ébauché dans notre version, où il revêt une forme par trop insignifiante (ci. v. 120-4)- • Les vers 199-202 nous mentionnent non seulement comme dans les autres rédactions, la disparition de V enfant qui était venu assister à l'enterrement d'Agathe, mais encore celle des cent autres qui l'avaient accompagné et sur le sort desquels les autres rédactions sont muettes. Aucun texte ne

1. Citons en outre les vies dues à saint Antonin, Pierre de' Natali et Jacques Foresti. Elles sont bien postérieures à Bozon, mais toutes les rédactions sont étroitement liées les unes aux autres.

2. Cum ergo tota nocte ex immense luniine territi custodes aufugerent et carcerem apertum relinquereut, rogabant eam quidam ut fugeret. At illa: Absit, inquit, utfugiam et coronani patientia;perdamet custodes meostribulationibus tradam. Ego enim, adjuta a Domino, perseverabo in eo qui me sanavit et confortavit (Spéculum bistoriale, XI, 43 Jin). Cum ergo cn immenso lumine custodes territi aufugissent et apertum carcerem reliquissent, rogabant eam quidam ut abiret. Absit, inquit, ut fugiam et coronam patientiae perdam et custodes meos tribulationibus tradam {Legenda aun-a. Édition Gnvsse, p. 172). Cf. Boll. JcUi SS., t. W, p. 623.

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nous donne le moindre équivalent pour les vers 94-96^; pour le vers 144, qui d'ailleurs a pu n'être ajouté que pour la rime; pour le vers 192, qu'on peut à vrai dire aussi considérer comme une cheville. Pour tout le reste il y a concordance, très souvent absolue, avec les trois résumés en question, comme on s'en rendra compte en se reportant aux éditions de Adon, Jacques de Voragine et Vincent de Beauvais mentionnées ci-dessus, et en les comparant au texte de la légende anglo-normande.

Pourcette dernière nous avons tenté de rétablir les vers octosyllabiques de l'original ; nous indiquons par des crochets ronds les suppressions ; par des crochets carrés les additions; par des italiques ce qui, tout en étant acceptable au point de vue anglo-normand, ne devrait pas compter dans la mesure de vers français; enfin par des caractères gras le début de chaque paragraphe marqué dans le ms. par un ^ bleu ou rouge-.

1 . Ce qui s'en rapproche le plus, cest l'explication donnée par saint Antouin : scilicet intellectum et voluntatem. Saint Antonin (i 589-1459) est bien postérieur à Bozon ; il se peut que les deux auteurs aient eu pour ce passage une source commune.

2. Les H^ sont alternativement rouges ou bleus. Il n'y a d'exception que pour les vers 115 et 125 où les deux ^ consécutifs sont rouges, et pour les vers 147 et 155 où les deux Ci consécutifs sont bleus. Ajoutons que l'initiale de chaque vers est teintée de rouge, ainsi que l'A et I'n allongée du dernier mot amen ; que la rubrique : La Fie Sein te J^'-ace vinri ne est écrite en rouge et que l'initiale du premier vers est rouge ei ornée à l'intérieur d'une feuille d'acanthe déformée teintée de bleu. Il va un point à la lin de chaque vers, sauf au v. 178, où l'on trouve le signe -r qui vient également après ^'/ï/;// viaterc, v. 192. Après Po^ de teie, v. 156, qI Nette, v. 193, il y a un point. Enfin presque tous les r sont surmontés d'un point. 11 va sans dire que nous distinguons / de / et u de v et que nous avons résolu toutes les abréviations.

MS. COTTON, DOMITIEN XI, fol. lO^V. b

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