Voir Chauvin, /. /.,p
2. Pour la scène de la séparation des amants, B est d'accord avec D; mais le jardinier qui manque dans D, se trouve dans E comme dans B; de plus, « l'auberge » de E rappelle le « traiteur » de B.
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et celle de l'héroïne sont plus éloignées l'une de l'autre. A ce point de vue, D, où le héros est fils du comte de Provence et l'héroïne, fille du roi de Naples, reste dans les limites de la vraisemblance ; tandis que E, où Ottinello est fils du prince de Salerne et Giulia fille du prince de Capoue, princes voisins, est aussi invraisemblable que possible. D est donc indépendant àtE.
Nous arrivons à ce résultat que les versions B-E sont indépendantes l'une de l'autre, mais dérivent d'un original commun, différent de A, que nous appellerons X.
Quelles sont les relations entre ^ et X ? Au premier abord, X paraît plus simple, non surchargé de l'épisode surnaturel placé au début de A '. Mais, d'autre part, A possède sur X cette grande supériorité que nous avons déjà signalée : l'épisode du trésor, illogique et inutile dans X, est, dans A, logique et utile à l'action. Ceci est décisif: X dérive de A, peut-être par transmission orale '; le conte turc et le conte tataresont
1. L'c;iiinent arabisant Lane, dans sa traduction des Mille et une Xiiils (The Thousand and One Nights, Loudon, 1840, II, 231), suppose que.4 et D (Pierre de Provence) dérivent également d'un récit plus ancien. (Lane ne connaissait pas les autres versions du groupe B-E). Il faut remarquer que Lane a pu être influencé, à son insu, par sa théorie, aujourd'hui généralement abandonnée, d'après laquelle les Mille et une Nuits seraient un ouvrage très récent, non antérieur au xvie siècle.
2. Il n'est pas impossible que X ait subi, vers la iîn, l'influence d'un récit d'une autre famille. M. Rua a songé au roman d'Apollonius (voir d'Ancona, /. /., p. 400 note). Mais, dans Apollonius, qui d'ailleurs n'appartient pas aux littératures musulmanes, il n'est pas question d'un hôpital ou d'un établissement analogue. Je songerais plutôt au conte si répandu de la « femme chaste convoitée par son beau-frère ». Dans une version très éloignée de la forme primitive de ce thème, les Amants de Svrie ou l'héroïne (Mille et nue Xuils, édit. du « Païuhéon littéraire», p. 720), il est également 'question d'un caravansérail, que l'héroïne fait construire et qui amène le dénouement. Le désir d'écarter l'épisode obscène que A présente dans cette partie du récit, a pu être également une raison déterminante du changement; cependant l'exemple des traducteurs européens, antérieurs à Burton, montre qu'on pouvait laisser cet épisode de côté, sans modifier profondément la marche du récit. Cette raison ne suffit donc pas pour expliquer la modification dans B-E.
Note supplénu'utaire. — Dans un appendice aux Poenielti, M. d'Ancona