‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 101 sur 220 · I. Édition de · texte numérisé non relu

I. Édition de

SUR LE DESSIN DES JARDINS. 23q

veilles. Peut-être paraîtraient-elles aujourd’hui un peu surannées.

Si on rapproche de ces gravures de Le Bouteux les estampes de Pérelle, de Le Paultre, d’Israël Silvestre, montrant les parterres de broderie qui précèdent les châteaux historiques de l’époque, on reste frappé de l’identité de conception de ces divers jardins. Tous procèdent, tous, sans exception, des inventions de Boyceau. Il semble qu’il n’y ait que ce cadre régulier qui convienne aux nobles architectures des demeures seigneuriales du xvii® siècle. N’avait-il pas raison l’illustre jardinier de Versailles quand il reléguait les arbres touffus et les massifs denses à une certaine distance des habitations? De l’air, de l’espace autour des demeures princières, avec de larges perspectives se perdant à l’horizon, voilà son principe invariable, absolu. Il l’applique en toute circonstance, à Vaux et à Versailles, aux Tuileries et à Chantilly; il l’impose même en Angleterre. Cette règle inflexible n’imprime-t-elle pas aux parcs français du xviie siècle une noblesse, une grandeur qui ne se retrouvent pas ailleurs?

Michel Le Bouteux, le chef de la famille, cesse de paraître sur les états de 1688, et c’est seulement en 1697 porté comme chargé de l’entretien

de l’Orangerie des Tuileries. Il remplace, dans ces fonctions, la veuve et les filles de Simon Bouchard, le beau-frère de Le Nostre, dont la survivance avait été accordée après sa mort, survenue en i638, à sa femme et à ses enfants.

Les jardiniers du château de Saint-Germain, Louis et Jean-Baptiste de La Lande, semblent avoir eu un rôle quelque peu effacé. On sait que le roi n’ai-

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mait guère cette résidence; les jardins durent s’en ressentir.

A la même époque que l’illustre créateur du parc de Versailles vivait un homme dont la réputation égala presque celle de Le Nostre. La carrière de Jean de La Quintinie offre un exemple curieux de la force irrésistible de la vocation. Alors que son émule préludait à la décoration des parcs princiers par l’étude de la peinture et de l’architecture, La Quintinie débuta dans le barreau comme avocat au Parlement; mais une véritable passion l’entraînait vers l’étude des plantes et l’observation de la nature végétale. Il avait trente ans et plus quand ses aptitudes se révélèrent. La lecture des anciens auteurs, de Golumelle, de Varron, de Virgile, si on en croit Charles Perrault, lui aurait montré sa véritable voie.

Ses observations pratiques sur la végétation et la culture des arbres, renversant toutes les idées reçues jusqu’à cette époque, lui acquirent une vaste réputation. Le prince de Condé l’avait employé à Chantilly. Par deux fois, il passa la Manche, et le roi d’Angleterre tenta de le retenir en lui offrant des avantages considérables; mais il préféra rentrer en France. En 1671, il prenait, dans l’acte de naissance d’un de ses enfants, la double qualité d’avocat en Parlement et d’intendant des jardins du roi. Le brevet le chargeant du soin des « arbres fruitiers des maisons royales » porte la date du 12 mars 1670. Enfin, en 1687, à la veille de sa mort, il était promu directeur général des jardins fruitiers et potagers de toutes les maisons royales.

Sans doute, son rôle ne saurait se comparer à celui de Le Nostre. Il représente la science appliquée aux plantes et aux arbres utiles, alors que le dessina-

teur des parterres de Versailles offre la plus brillante expression de la logique jointe à l’imagination dans l’art de dessiner des jardins de plaisir, comme les appelait André Mollet.

Toutefois, comme on lui doit une sorte de révolution dans la disposition des jardins potagers, dans le traitement des arbres à fruits, il mérite, lui aussi, une place dans ce Panthéon des hommes éminents qui ont puissamment contribué à transformer l’aspect de nos parcs et de nos potagers, avec la préoccupation de les accommoder au style du temps et d’en faire un cadre bien adapté à l’architecture fançaise.

La Quintinie paraît avoir été en particulière faveur auprès de Charles Perrault, et ce n’est certes pas là une médiocre recommandation. L’ancien commis de Colbert célébra ses mérites dans une longue pièce de vers qu’on ne lit guère, sans doute, bien qu’elle soit imprimée en tête de l’Instruction pour les jardins fruitiers, à la suite d’une petite poésie latine signée Santolius Victorinus. N’oublions pas la réflexion de Perrault au début de la notice consacrée à La Quintinie dans ses Hommes illustres : « Il arrive souvent, dit le biographe, que, lorsque des hommes d’un génie extraordinaire, et que leur naissance destinait à quelque chose de plus élevé, se trouvent comme entraînez par leur inclination naturelle à des professions au-dessous d’eux, ils y font un progrès bien plus considérable, tant il est vray que la vocation de la Nature, si cela se peut dire, vaut encore mieux que celle de la naissance et de la destination des parens. »

Que si l’on voulait présenter une galerie complète 1913 16

TRAITÉS DU XVII^ SIECLE

des hommes distingués, ayant collaboré aux magnificences grandioses de Versailles, il conviendrait de ne pas oublier les ingénieurs chargés des fontaines et des conduites d’eau, d’insister sur ces Francini ou Francine, dont les générations successives installèrent les cascades, les grottes, les bassins, les jets d’eau de Versailles, de Saint-Germain, de Fontainebleau, du Louvre, collaborateurs attitrés des Le Nostre, des Mollet, des Desgots. Peut-être serait-il équitable aussi de ne pas oublier ce Pierre Denis constamment cité dans les comptes de Versailles avec le titre modeste de fontainier, et aussi ce Jean Bette, créateur d’un réservoir encore existant, qui a conservé le nom de son auteur sous une forme corrompue.

Dans cette trop sommaire analyse, nous n’avions pas la prétention d’assigner à chacun de ces collaborateurs du grand Le Nostre la place qui lui est due; mais il nous a paru opportun, au moment où la décoration des jardins préoccupe d’une manière toute spéciale les hommes de goût et de science, d’attirer l’attention des amateurs sur quelques bons ouvriers de la terre à qui sont dues les merveilles qu’on admire encore à Vaux, à Chantilly, à Fontainebleau et à Versailles.

Pour compléter les notes qui précèdent sur les jardiniers du xvii^ siècle, il semble utile de présenter un essai de bibliographie de ce sujet. Rien ne saurait mieux montrer la passion des contemporains de Louis XIII et de Louis XIV pour l’art des jardins. Bien que le Théâtre d'agriculture d’Olivier de Serres, paru en 1600 (i vol. in-fol.) et réimprimé maintes fois au cours du xvii® siècle, ainsi que les Royales Œconomies d’ Estât ^ de Sully, publiées

pour la première fois en i638 (2 vol. in-fol.), aient eu une influence certaine sur le développement du goût public pour les fleurs et la culture des plantes utiles et des arbres, nous ne les citerons ici que pour mémoire et comme les premiers initiateurs de cette littérature spéciale dont nous réunissons ici les témoignages moins connus. Voici donc les auteurs qui ont écrit au xvii^ siècle sur les jardins :

1. Boyceau (Jacques), Traité du jardinage selon les raisons de la nature et de Vart divisé en trois livres, ensemble divers desseins de parterres, pelouses, bosquets et autres ornements servans à l’embellissement des jardins, par Jacques Boyceau, sieur de la Barauderie, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi et intendant de ses jardins. i638, in-fol. , avec frontispice gravé formant titre, signé : Michel van Lochom fecit et excudit. Planches de parterres de broderie.

Autres éditions en 1640 (Paris, in-foL,pl.), 1688 (in-fol., pl.), 1689 (iu-i2, i52p.), 1707 (in-12), 1708 (in-fol.).

2. De La Brosse, De la nature, vertu et utilité des plantes. Paris, 1628, in-80.

3. De La Brosse, Description du jardin des plantes médicinales. Paris, i636, in-40, plan gravé.

4. De La Brosse, L’ouverture du jardin royal de Paris. Paris, 1640, in-80.

5. Bonnefons (Nicolas de). Le jardinier françois qui enseigne à cultiver les arbres et herbes potagères, avec la manière de conserver les fruits et faire toutes sortes de confitures, conserves et massepans (dédié aux dames). Paris, des Hayes, i65i, in-12, pl.

De tous les traités sur les jardins, aucun n’a été aussi souvent réimprimé et remanié que celui de Nicolas de Bonnefons; mais il est assez difficile d’en dresser la liste chronologique, comme le montre la nomenclature suivante des éditions publiées après i65i : i653 (in-12, pl.), i653 (Amsterdam, in-8®, 287 p.), i653 (in-12, y éd.), 1654

TRAITÉS DU XVIie SIECLE

(Paris, in-i2, 848 p.), lôSp (in-12, 7e éd.), i665 (Paris, in-12), 1666 (8e éd., 390 p., pl.), 1679 (Paris, in-12, i83 p.), 1684 (Paris, in-12, loe éd., 3i i p.), 1692 (Paris, in-12, 889 p.), 1701 (Rouen, in-12), 1728 (Lyon, in-12).

En 1678, le Jardinier français de Bonnefons paraît dans le même volume que la Manière de cultiver les arbres fruitiers ^ par le s^ Le Gendre (Paris, in-12, 187 p., pl.).

En i655, du même auteur. Les délices de la campagne, suite du Jardinier français (Amsterdam, i655, in-12, 2^ éd., 884 p.), 1662 (Paris, in-12, 3eéd.,288 p.), i665 (Paris, Brunet, in-12, 5e éd., 288 p.), i665 (Paris, de Beaujeu, 5e éd., 288 p.), 1679 (Paris, in-12, 807 p.), 1684 (Paris, in-12, 828 p., pl.).

En 1684, Les délices de la campagne, réunis au Jardinier français, forment le Traité du jardinage (2 vol.), 1741 (Paris, in-12, 841 p., pl.).

6. Mollet (André), Le jardin de plaisir cantenant plusieurs desseins de jardinage, tant parterres en braderie, campartunens de ga^^an, que basquets et aultres, avec un abbrégé de l’agriculture tauchant ce qui peut estre le plus utile et nécessaire à la canstructian et accampagnement dudict jardin de plaisir, campasé et divisé en am^e chapitres, par André Mallet, maistre des jardins de la sérénissime reine de Suède. A Stockholm, chez Henri Kayser, M DG LI, avec trente planches de parterres, labyrinthes, broderies de l’invention d’André Mollet.

En tête de ce volume est placé le portrait de « Claude Mollet, premier jardinier du Roi », père d’André, mort avant la publication de l’ouvrage.

7. Mollet (Claude), Théâtre des plants et jardinages. Paris, i652, in-40 [ouvrage posthume].

Réimpressions en i663, 1670 (in-12) et 1678 (in-i2)L

8. Legendre (abbé) [quelquefois attribué à Arnauld d’Andilly], La manière de cultiver les arbres fruitiers. Paris, i652, in-80.

I. Nous ne mentionnons que les éditions que nous avons vues signalées sur les catalogues de nos bibliothèques.

Réimpressions en i653 (2e éd.), i655 (3e éd.), i658, 1662, i663 (Paris), 1664 (Rouen, Vaultier, autre éd. chez Maillard), i665 (Paris), 1671, 1676, 1684, 1701 (Rouen), 1703 (traduction allemande, à Hannover).

En 1671 et 1684, réimpression de l’ouvrage de l’abbé I.egendre est accompagnée de V Instruction pour les arbres fruitiers de Triquet indiquée ci-après.

9. Triquet ou Triquel (d’après le Privilège), Instruction pour les arbres fruitiers. Paris, i653, in-12.

Réimprimé en i655 (in-12), i658 (Paris, in-12, 3e éd.), i65g (Rouen), 1664 (Paris, 3e éd. [sic]), 1671 (avec l’abbé Legendre), 1676 (Paris, in-12), 1684 (avec l’abbé Legendre).

10. Morin (Pierre), Remarques nécessaires pour la culture des fleurs. Paris, i658, in-80.

Nouvelles éditions en i665 (Rouen, in-12), 1667 (Paris, in-12), 1672 (Rouen), 1674 (Paris, in-12), 1677 (Lyon, in-12), 1694, 1698.

11. Morin (Pierre), Catalogue de quelques plantes à fleurs. ... Paris, i65i.

Réimprimé en i655.

12. Morin (Pierre), Nouveau traité pour la culture des fleurs, 1674. Paris, in-12, 1678, 1682, 1694.

13. L[aurent] (J.), notaire de Laon, Abrégé pour les arbres nains et autres. Paris, 1675, in-12. Dédicace à La Quintinie. Autre éd. en i683.

14. Le jardinier royal qui enseigne la manière de planter, cultiver et dresser toutes sortes d’arbres. Paris, 1677, in-12.

15. Le Bouteux fils (Jean-Michel), Plans et dessins nouveaux de jardinages. Dédicace au marquis de Louvois sur un titre gravé (s. 1. n. d.), in-40.

Ce volume fournit des détails précis sur les jardins des hôtels de l’aristocratie à Paris et sur les parterres des domaines provinciaux. Bien renseigné sur l’œuvre d’André Le Nostre, dont il était le petit-neveu par sa mère, fille de Françoise Le Nostre, Jean-Michel Le Bouteux a

TRAITÉS DU XVII^^ SIECLE

dressé une liste des travaux les plus importants de son grand-père à Paris et dans les environs.

Nous complétons ici la liste déjà signalée ci-dessus des jardins dont les propriétaires et les créateurs sont nommés dans le livre de Le Douteux : Château d’eau et parterre de Villacerf; — Jardin et parterres de Louvois; — Hôtels de la place Royale; — Parterre de l’hôtel de Grandmont; — Jardin de la Norville; — Plan du jardin des Tuileries par Le Nautre; — Parterre neuf de Saint-Germain-en-Laye, du dessein de M. Le Nautre;

— Parterre de la grotte de Meudon, idem; — Jardin devant les Incurables, idem; — Parterre de M. le Premier Président; — Parterre du Palais-Royal; — Parterres de broderie du dessin du sieur Bouticourt et du sieur Le Blond; — Parterres de l’hôtel de Marsan et de l’hôtel de Bouillon, du dessin du sieur Le Nautre; — Parterre du fer à cheval de Versailles, du dessin du sieur Le Nautre;

— Parterre découpé à Issy, à Sceaux, du même; — Parterre de broderie qui est devant la grotte de Meudon, du dessein du même; — Parterre du petit jardin de l’hôtel de Condé, par le même; — Jardin de la maison de M. de Saint-Pouange, rue des Petits-Champs, de l’invention de M. Le Nautre; — Parterres de l’hôtel de Louvois et de l’hôtel de Boucherat, du dessin du sieur Le Nautre; — Berceaux de treillage du jardin et du petit bois de Sceaux, du dessein de M. Le Nautre; — Décoration de treillage dans le grand jardin de Saint-Cloud, du même; — Treillages et berceaux des jardins de M. de Montigni, de l’hôtel de Condé, de Chantilli, de Silvie, de M. Benserade, à Arcueil, de Chaville, du président Nicolaï; de M. de Monstein à Montrouge, de Presle, du petit bois de Sceaux; — Plan des escaliers du jardin des Tuileries, du dessin de M. Le Nautre.

16. Aristote, jardinier de Puteaux, Instructions pour le jardin potager. Paris, 1678, in-12. 2e éd. en 1697.

17. La Quintinie (Jean de). Instruction pour les jardins fruitiers et potagers avec un traité des orangers^ suivy de quelques Réflexions sur Vagriculture, par feu M. de

la Quintinie, directeur de tous les jardins fruitiers et potagers du Roi. Paris, 1690, in-40, 2 vol.

[Après une pièce de vers latins de Santolius Victorinus, le volume débute par un poème français de 7 pages, de Charles Perrault, en l’honneur de La Quintinie.]

2e éd. en 1697, ^ in-40, fig.

Autres éditions en 1700 (2 vol. in-40), 1715 (Paris et Rouen), 1716, 1739, 1756. — Traductions anglaises en 1699 (Londres, 2e éd.), 1701 (3^ éd.). — Traduction italienne.

LES

TAPISSERIES DE COLBERT

Par M. G. Maçon.

La bibliothèque du Musée Coudé conserve un gros registre intitulé Inventaire fait après le déceds de Monseigneur Colbert^ 1 4 septembre i683. Ce volume contient la liste complète de tous les meubles et objets d’art qui garnissaient l’hôtel de la rue Neuve-des- Petits-Champs et le château de Sceaux, à l’exception des médailles, des manuscrits et des livres, dont l’évaluation devait exiger un long travail et qui ne sont indiqués que par masses. Près de la moitié du registre est occupée par l’inventaire des papiers trouvés dans le cabinet de Colbert. De ce gros volume, j’extrais la liste des tapisseries d’art; celles de l’hôtel de Paris se trouvaient toutes dans le garde-meuble ; elles avaient été retirées des appartements, qui restèrent tendus d’étoffes de deuil tout le temps que dura la confection de l’inventaire.

Tapisseries de haute lisse.

Une tenture de tapisserie, fabrique des Gobelins, rehaussée d’or, représentant des chasses et les mois de l’année, vulgairement appelée la belle chasse de l’hôtel de Guise, contenant douze pièces, faisant quarente-trois aunes de cours sur trois aunes trois quarts de haut, desquelles

LES TAPISSERIES DE COLBERT

douze pièces il y en a trois garnies en plein de toile verte, prisée la somme de vingt-quatre mille livres,

cy xxiiiimft

Une autre tenture de tapisserie, fabrique des Gobelins, représentant les douze mois, copie de celle des douze mois de la Couronne, et quatre entre-fenêtres de la suite de la même tenture, contenant ensemble quarente-cinq aunes un quart de cours sur deux aunes trois quarts de haut, doublée de toile verte, prisée la somme de sept

mille livres, cy vii»"tt

Une autre tenture de tapisserie, fabrique de Bruxelles, représentant VHistoire de Scipion, contenant six pièces, faisant dix-huit aunes de cours sur deux aunes deux tiers de haut, prisée la somme de quinze cens livres,

cy xvcft

Une autre tenture de tapisserie, fabrique ancienne du Louvre, représentant le Pastor Jido, contenant six pièces ayant dix-huit aunes de cours ou environ sur trois aunes de haut, garnie de toile blanche, prisée la somme de

mille livres, cy Mit

Une autre tenture de tapisserie de Bruxelles représentant des bestions, contenant onze pièces ayant vingt-cinq à vingt-six aunes de cours sur trois aunes de haut, garnie de toile, prisée la somme de sept cens livres,

cy viicft

Une autre tenture de tapisserie, fabrique d’Anvers, représentant VHistoire d'Esther, contenant huit pièces ayant vingt-cinq aunes de cours ou environ sur trois aunes de haut, garnie de toile, prisée la somme de sept

cens livres, cy vii^it

Une autre tenture de tapisserie, fabrique de Flandre, verdure, ayant dix-huit aunes de cours sur deux aunes deux tiers de haut, en six pièces, prisée la somme de

cinq cens cinquante livres, cy vclü

Une autre tenture de tapisserie, fabrique de Bruxelles, représentant VHistoire de Psyché, ayant onze pièces de trente-quatre aunes et demie de cours sur trois aunes et demie de haut, doublée de toile verte, prisée la somme de

trois mille livres, cy iiimtt

Une autre tenture de tapisserie de verdure, façon de

LES TAPISSERIES DE COLBERT

Beauvais, aux armes dudit seigneur (Colbert), contenant neuf pièces de dix-neuf aunes ou environ de cours sur trois aunes de haut, prisée la somme de neuf cens livres,

cy ixc ft

Une autre tenture de tapisserie rehaussée d’or, fabrique des Gobelins, représentant les Muses, armoriée desdites armes, contenant cinq pièces de quinze aunes de cours sur trois aunes de haut, prisée la somme de deux mille

deux cens livres, cy iimncft

Une autre tenture de tapisserie de verdure de Flandres, de trente-quatre aunes de cours sur trois aunes de haut, garnie de toile, en douze pièces, prisée la somme de

cinq cens livres vcit

Une autre tenture de tapisserie de Bruxelles à petits personnages, contenant huit pièces de vingt-cinq aunes de cours sur deux aunes trois quarts de haut, garnie de toile, prisée la somme de douze cens livres, cy. . xiicit Une autre tenture de tapisserie de Bruxelles à verdure, contenant six pièces de dix-neuf aunes de cours ou environ sur deux aunes deux tiers de haut, prisée la somme de

douze cens cinquante livres xiic Lit

Une tenture de tapisserie de haute-lisse d’Angleterre représentant V Histoire d’Absalon, contenant douze pièces faisant quarante-sept aunes ou environ de cours sur trois aunes et demie de haut, garnie par bandes de toile, prisée

la somme de huit mille livres, cy viiim*

Une pièce de tapisserie de VHistoire d’Assuérus et Esther, de cinq aunes de cours sur trois aunes et demie de haut, prisée la somme de deux cens cinquante livres,

cy iiCLit

Une autre tenture de tapisserie de VHistoire de Gédéon, fabrique de Bruxelles, en cinq pièces de dix-neuf aunes de cours sur trois aunes de haut, le tout ou environ garni de toile, prisée la somme de quatorze cens livres, cy . xiiiicft Une autre tenture de tapisserie de VHistoire de Thobie, fabrique de Bruxelles, en neuf pièces de trente-quatre aunes de cours sur trois aunes de haut, le tout ou environ garni de toile, prisée la somme de trois mille livres,

cy Ilimft

Une pièce de VHistoire de V Enfant prodigue, façon de

LES TAPISSERIES DE COLBERT

Bruxelles, contenant trois aunes un tiers de cours sur trois aunes de haut ou environ, garnie de toile, prisée la

somme de cent livres, cy cit

Une tenture de tapisserie, façon de Bruxelles, à grotesques, fond jaune, contenant sept pièces, ayant seize aunes et demie de cours sur une aune trois quarts et demi de haut, prisée la somme de trois cens soixante livres, cy , Lxit

Tapisseries de brocart, damas et autres étoffes.

Une tenture de tapisserie de brocart à fleurs d’or, fond rouge cramoisi, et de brocart à fleurs aussi d’or, fond de satin vert, avec une grande campanne et un molet d’or faux au haut, ayant dix-huit aunes de cours sur deux aunes deux tiers de haut, en cinq pièces, prisées la somme

de sept cens livres, cy vue*

Une autre tenture de tapisserie de gros de Tours vert à une raye et brocard à fleurs d’or, fond cramoisi, contenant sept pièces de vingt aunes et demie de cours sur deux aunes deux tiers de haut, prisée la somme de six cens

cinquante livres, cy vicpit

Une autre tenture de tapisserie de satin de Bruges vert, qui sert à la galerie, contenant douze pièces ayant trentesix aunes et demie de cours sur trois aunes de haut, prisée trente livres, cy xxxit

Cinq pièces de damas rouge cramoisi, bordées d’une brocatelle de Venise, faisant quinze aunes de cours sur trois aunes de haut, prisées la somme de quatre cens cinquante livres, cy une Lit

Cinq pièces de damas vert ayant quinze aunes de cours sur trois aunes de haut, garnies d’un petit molet d’or faux, prisées la somme de deux cens livres, cy . . . . iicit

Une tenture de tapisserie de brocatelle de Venise en neuf pièces, ayant vingt aunes de cours sur trois aunes ou environ de haut, prisée la somme de trois cens livres,

cy iiicft

Quinze aunes de tapisserie d’étoffe de laine et fil verte et blanche, en sept pièces de trois aunes de haut, prisées vingt livres, cy • . . . . xxit

LES TAPISSERIES DE COLBERT

Tapis.

Deux tapis de Turquie à fonds d’or, de deux aunes de long ou environ sur une aune un sixième de large chacun, prisés ensemble la somme de deux cens livres,

cy iicft

Un tapis de la Savonnerie de sept aunes de long sur trois aunes et demie de large, prisé la somme de quatre

cens livres, cy iiiicit

Un tapis persien fin de six aunes de long sur deux aunes deux tiers de large, prisé la somme de cent cinquante livres, cy CLit

Deux grands tapis de Turquie de six aunes un quart de long et trois aunes de large chacun, prisés ensemble cent

livres, cy en

Un tapis de Turquie d’une aune et demie de long, prisé

six livres, cy viit

Deux tapis persiens d’une aune trois quarts et demi de long sur une aune demi-tiers de large chacun, prisés ensemble la somme de deux cens livres, cy . . . . iicft

Deux tapis de serge de Saint-Lô verte garnis d’une

frange de soie de mesme couleur xxtt

Un grand tapis de moquette à fond vert. . . xxxviit

Vingt-huit tapis de Perse à fonds d’or, bordure fond d’argent, à fleurs de plusieurs couleurs, doublés de satin incarnat à bordure de satin rayé aurore, vert et blanc, de deux aunes de long et d’une aune trois quarts de large, prisés ensemble la somme de deux mil huit cens livres, cy nmviiicft

Ces tapisseries et tapis se trouvaient dans le gardemeuble de l’hôtel de Paris ; il y en avait d’autres dans les appartements du château de Sceaux; en voici la liste :

Cinq pièces de tapisserie de verdure à petits bestions, fabrique de Bruxelles, de dix-sept aunes de cours sur deux aunes deux tiers de haut, prisées la somme de onze cens livres, cy xi^tt

LES TAPISSERIES DE COLBERT

Une tenture de tapisserie de haute-lisse en sept pièces, faisant vingt-deux aunes de cours sur deux aunes trois quarts de haut, prisée la somme de douze cens livres,

cy xiicR

Neuf pièces de tapisserie de bacchanales de basse-lisse, fabrique des Gobelins, contenant quinze aunes de cours I sur deux aunes et un tiers de haut, prisées la somme de

i deux mille livres, cy iimit

Six pièces de tapisserie, façon des Gobelins, aux armes ■ dudit défunt seigneur, contenant chacune deux aunes et demie de haut sur une aune trois quarts de large, ladite tapisserie rehaussée d’or, prisée la somme de quatorze

i' cens livres, cy xiiiicit

; Une tenture de tapisserie contenant huit pièces, de

li vingt-quatre à vingt-cinq aunes de cours sur trois aunes

jl de haut, fabrique des Gobelins, prisée la somme de dix-

j; huit cens livres, cy xviiicit

I Une tenture de tapisserie, fabrique d’Anvers, en six

I pièces de dix-huit à dix-neuf aunes de cours sur deux aunes deux tiers de haut, prisée la somme de six cens

livres, cy vicft

Une tenture de tapisserie de Flandres à personnages représentant VHistoire de Gombaud et Macé, contenant sept pièces de vingt-une à vingt-deux aunes de cours et I trois aunes de haut, prisée la somme de cinq cens cinquante livres, cy V'^Ltt

Une tenture de tapisserie de haute-lisse à personnages ' représentant des bergers, en huit pièces de vingt-deux aunes ou environ de cours sur trois aunes de haut, prisée la somme de huit cens livres, cy viiicit

Une tenture de tapisserie de Bruxelles, fonds rouges I avec ovales dans les milieux, représentant les Arts libéraux, en sept pièces de vingt-une à vingt-deux aunes de cours sur deux aunes trois quarts de haut, prisée la

! somme de onze cens livres, cy xicit

|i Une tenture de tapisserie verdure des Gobelins, conte-

|, nant sept pièces de vingt-deux aunes de cours sur trois

i| aunes ou environ de haut, prisée la somme de mille

\ livres, cy

{ Une tenture de tapisserie d’Oudenarde, en six pièces

254 TAPISSERIES DE COLBERT

de dix-huit aunes de cours sur deux aunes deux tiers de haut, prisée la somme de six cens livres, cy . . . vicft

Une tenture de tapisserie de Bruxelles de verdure en huit pièces de vingt-quatre aunes de cours sur deux aunes deux tiers de haut, prisée la somme de dix-huit

cens livres, cy xviiicr

Une tapisserie représentant les Bûcherons, en cinq pièces de vingt aunes et demie de cours sur trois aunes de haut, prisée la somme de douze cens livres, cy. xiicft Une tapisserie à petits personnages en quatre pièces de dix-sept aunes de cours sur une aune et demie, prisée la somme de huit cens cinquante livres, cy. . . vccccLit

Une tapisserie de la fable de Mercure, dessin de Jules Romain, en six pièces de dix-neuf aunes de cours sur une aune et demie de haut, prisée la somme de deux mille

livres, cy ii™tt

Une tenture de tapisserie de verdure de Beauvais contenant sept pièces, prisée huit cens livres, cy . . viiicit

Une tenture de tapisserie de V Histoire de Roland contenant sept pièces, qui font vingt aunes et demie de cours sur deux et demie de haut, prisée onze cens livres, cy xic ft

Je ne mentionne pas les tentures d’ameublement, garnitures de lits, de sièges, etc.; l’inventaire révèle des splendeurs en ce genre. Peut-être ce court extrait inspirera-t-il à quelque érudit le désir de consulter le registre du Musée Condé; il y trouverait les éléments d’un très intéressant travail. Je n’ai eu ici d’autre but que de participer à l’hommage rendu à M. Henry Lemonnier; je le fais de grand cœur, le priant d’agréer la modeste offrande de ma sympathie et de mon dévouement.

LE

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