I. Le Cabinet des manuscrits^ t. I (1868), p. 35o-35i
DE CLAUDE BOUCOT.
bibliothèque plus de 1 8,000 volumes. Quant à son cabinet d’estampes, il comprenait plus de 70,000 pièces, parmi lesquelles environ 17,000 portraits. Ces chiffres sont considérables pour l’époque, extraordinaires même. Mais il ne faudrait pas croire que le nombre fût le seul mérite de la collection. Le choix des estampes et des livres contribuait à en faire l’un des cabinets les plus précieux qu’il y eût alors à Paris.
Qu’était donc ce Boucot qui avait pu rassembler tant d’objets de grande valeur? Claude Boucot était conseiller secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses finances et garde des rôles des offices de France. Les gardes des rôles des offices faisaient partie de la grande chancellerie. Au nombre de quatre, ils étaient chargés, par trimestre, de veiller à la tenue et à la conservation des registres de collation et mutation des offices de toute nature. Vers la fin de sa vie, Claude Boucot habitait rue Saint-Jacques : il avait alors pour collègues, de Préval, Hénin et Aubourg. Son fils aîné, François Boucot, qui demeura d’abord rue de la Harpe, vis-à-vis la Croix-de-Fer, lui succéda dans sa charge. Claude Boucot mourut en 1699; il avait épousé Françoise Picard qui lui survécut. Celle-ci décéda dans sa soixante-dixième année, le 2 décembre 1715. On conserve dans l’église de Bagneux (Seine) une curieuse pierre chargée d’une longue inscription qui constate diverses fondations pieuses faites dans cette église par la veuve de Claude Boucot, du consentement de François Boucot, son fils aîné. C’est, du reste, ce dernier qui fit graver l’inscription sur la pierre ^
I. M. de Guilhermy a reproduit in extenso cette inscription dans ses Inscriptions de la France^ t. III (1877), P* 571-573.