‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 11 sur 220 · I. « Cum honore Ephesi rediret, occurente ei universa · texte numérisé non relu

I. « Cum honore Ephesi rediret, occurente ei universa

subsister sur cette identification, il suffirait de rappeler d’autres fresques où la résurrection de Drusiana est représentée, telles notamment celles de Giotto dans la chapelle Peruzzi à Santa-Croce de Florence, ou celles de l’église Saint-Macaire, dans la Gironde'.

Le mur d’entrée, dont il nous reste maintenant à examiner les peintures, est le seul qui ne soit pas percé d’une fenêtre; c’est là par contre que s’ouvrait la porte en tiers-point qui, du consistoire, donnait accès dans la chapelle. Cette disposition laissait une plus grande surface libre pour la décoration. Aussi est-ce là que la scène principale, la Crucifixion, a été représentée. Elle occupe tout le registre supérieur. Malgré d’affreuses mutilations, on peut encore restituer la scène dans ses moindres détails et l’imaginer telle qu’elle était jadis, admirable morceau qu’au siècle dernier ont gâté des barbares.

Près de la croix qu’entourent les saintes femmes et que la Madeleine, aux cheveux d’or ruisselant sur les épaules, étreint d’un geste passionné, des anges légers et bleus volent dans un ciel sombre. A droite, saint Jean, imberbe, enveloppé d’un grand manteau rouge, s’avance vers le crucifié, les mains écartées; il

turba et dicente : « Benedictus qui venit in nomine Domini ! » [Légende dorée. De Sancto Johanne apostolo et evangelista, XVI).

I. Dans les fresques de l’église de Saint-Macaire, saint Jean imberbe sort d’une porte ménagée dans une tour carrée; c’est la porte d’Éphèse. Il bénit de la main droite et de la main gauche saisit les mains de Drusiana. Trois personnes assistent à la scène. — On retrouve la scène de la Résurrection de Drusiana dans les vitraux de Chartres, de Bourges, de la Sainte-Chapelle de Paris, etc. Cf. É. Mâle, L’art religieux au XIII’ siècle en France, p. Jqa-JqS; H. Stein, Le palais de justice et la Sainte-Chapelle de Paris, p. 218; Martin et Cahier, Vitraux peints de Saint-Étienne de Bourges, p. 278; S. Clément et A. Guitard, Vitraux de Bourges, p. 76, etc., etc.

Cliché des Monuments historiques.

La Résurrection de Drusiana par saint Je.an l’Évangéliste

(Fresque de la chapelle Saint-Jean au Palais d’Avignonj.

AU PALAIS DES PAPES d’aVIGNON. I I

semble recevoir la parole du maître. Derrière lui des soldats, casque en tête, armés de lances et porteurs de torches, sont séparés par un rocher d’un groupe de docteurs à grande barbe qui discutent en regardant le Christ. A gauche, les saintes femmes et la Vierge qui baisse la tête et joint les mains. Des soldats occupent le coin du tableau. Saint Jean n’est pas ici, comme on pourrait le supposer, un simple témoin. C’est sur sa figure que l’artiste a voulu concentrer l’attention ; il a reproduit au bas de la fresque les paroles par lesquelles Jésus, en cette heure suprême, confia sa mère à son disciple préféré : « Comme il était sur la croix, ayant vu sa mère, et, à côté d’elle, le disciple qu’il aimait, il dit à sa mère : Femme, voilà ton fils, puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès ce moment le disciple la prit chez lui ^ . »

Trois autres scènes, jadis, se déroulaient encore dans le registre inférieur du mur occidental. Celle de gauche a disparu sans laisser de trace. Les deux autres sont restées jusqu’à ce jour inexpliquées.

Dans celle du milieu, incomplète, on distingue encore deux hommes portant des vases ou des corbeilles. L’un tient encore son fardeau sur l’épaule; l’autre s’en est déchargé. Aucune inscription ne subsiste.

Denuelle, dans les relevés qu’il fit de ces fresques en 1849, indique, comme sujet de ce tableau, la combustion des os de saint Jean-Baptiste. Étant donné la place occupée par la fresque dans la décoration de la chapelle, nous y chercherons, au contraire, un épisode de la vie de saint Jean l’Évangéliste. N’est-ce pas à retracer sa légende que tout le mur, logiquement, devrait être consacré?

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