‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 120 sur 220 · Id., Ibid., Qb · texte numérisé non relu

Id., Ibid., Qb

LOUIS XIV ET l’imagerie SATIRIQUE. 2']S

Guillaume d’Orange, favorisa la coalition contre Louis XIV. Guillaume III en fut l’âme, car il était à la fois calviniste et chef d’une nation républicaine et en même temps roi constitutionnel, tandis que Louis XIV apparaissait comme le souverain absolu et défenseur du catholicisme. Dans cette lutte de la France contre l’Angleterre et la Hollande, l’imagerie satirique se donna libre carrière dans chaque pays et ses manifestations sont intéressantes pour la connaissance de l’état des esprits à la fin du xvii^ siècle. Si l’on étudie les pièces françaises et celles qui furent publiées en Angleterre et en Hollande, on peut se demander si elles ne méritent pas une place dans l’histoire de l’art et si elles n’ont pas joué un rôle dans l’histoire de la politique.

La plupart des gravures françaises sont anonymes, mais leurs auteurs témoignent d’une verve amusante. Dans le Gaigne-Petit\\e dessinateur évoque la fable du serpent et de la lime et montre les ligueurs aiguisant leurs épées sur des meules, tandis qu’Esope, c’est-à-dire la France, se rit de leurs coups. La Hollande banquière de la ligue d’ Augsbourg représente une femme assise à une table et distribuant de l’argent aux soldats de la coalition. C’est surtout Guillaume d’Orange qui est le plus attaqué dans ces images. U Issue funeste du prince de Nassau prédite par Nostradamus le montre assis tranquillement, tandis qu’au-dessus de sa tête un meuble est suspendu à une corde qu’une main va couper. Dans la Désolation du prince d’Orange, il est placé entre Calvin et de Bèze et porte sur la tête une horloge au lieu d’une couronne et le Temps la lui enlève. Son impo-

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