LES BUSTES DES TROIS GABRIEL
mémoire de nos architectes classiques dans sa magistrale publication des P?'ocès-verbaux de l’Académie d’architecture.
Dans son Musée de portraits d'artistes paru en 1888, Henry Jouin ne citait, pour représenter le plus connu des Gabriel, Ange-Jacques Gabriel, le créateur de la place de la Concorde, que le portrait en tapisserie moderne de la galerie d’Apollon exécuté par Grimperelle d’après Hofer et une statue en pierre de la façade de l’Hôtel-de-Ville de Paris. Pour son père Jacques Gabriel, il ne connaissait que la peinture anonyme du Musée de Versailles.
Cependant, Courajod avait dès i885 fait entrer au Louvre le Gabriel de J. -B. Lemoyne sur lequel nous reviendrons tout à l’heure, et cette même année 1888 où paraissait le répertoire de Jouin, les deux autres Gabriel étaient exposés sous les n^s y3 et 82 à V Exposition de l’art français sous Louis XIV et sous Louis XV.
Il est vrai que le catalogue de l’exposition les désignait simplement comme Gabriel le père et Gabriel le fils et, pour comble de malheur, il se trompait encore sur la signature de l’un deux en attribuant à J. -B. Lemoyne le buste signé de son père Jean-Louis.
Les deux bustes appartenaient alors à un marchand d’antiquités parisien, M. Perdreau L Ils furent achetés quelque temps après par le grand amateur et financier que fut Édouard André et servirent à l’ornement de ses somptueux salons du boulevard Haussmann. Exposés à contre-jour entre des fenêtres, les bustes
I. Celui-ci les avait acquis d’un courtier l’année précédente et n’avait pas conservé la trace de la famille dont ils pouvaient provenir.
Jacques Gabriel (-[- 1686).
Buste par Goyzevox, 1711.
(Musée Jacquemart-André.)
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étaient sans doute surtout considérés pour leur valeur décorative et personne ne s’avisait guère d’aller lire les inscriptions et signatures qu’ils portaient au revers, si bien que Lady Dilke, qui en avait eu connaissance, signalé l’un d’eux dans ses Architectes et sculpteurs français au XVIII^ siècle (1900)’ comme un buste de J acques-Ange Gabriel. Quant à Courajod, qui avait de bonnes raisons pour savoir que celui-ci était au Louvre, il n’a jamais, à ma connaissance, soufflé mot des deux bustes qu’il avait pourtant certainement vus dans l’hôtel Edouard André. Il est vrai que personne alors dans la maison ne prêtait plus guère d’attention à autre chose qu’à la Renaissance italienne : on avait éliminé une admirable série de paysages de i83o et les bustes français ne comptaient que comme décor. L’occasion me fut donnée cependant d’examiner ceux-ci de près dans la dernière année de la vie de Édouard André. Mais diverses circonstances m’amenèrent à garder par-devers moi les notes prises au cours de cet examen. Les collections étant devenues ou allant devenir publiques aujourd’hui, je suis heureux de pouvoir donner ici, d’accord avec mon excellent ami Émile Bertaux, que l’Institut, héritier de André, a chargé de veiller sur ce nouveau Musée, l’identification exacte, ainsi que la reproduction fidèle de ces deux bustes auxquels se relie intimement et fait suite celui du Louvre.
Le plus ancien, qui est signé sous l’épaule gauche Coy:{evox F. 77/7 porte sous l’épaule droite parmi plusieurs mots effacés cette inscription :