‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 134 sur 220 · Édition de 1728, t. III, p · texte numérisé non relu

Édition de 1728, t. III, p

2. Sans compter Hyacinthe Rigaud, Tournières et Largillière, qui disparaissent avant 1750, les portraitistes les plus en faveur, au cours du xviir siècle, sont J.-M. Nattier (1683-1766), Louis Tocqué (1696-1772), Hubert Drouais (1699-1767), Aved (1702- 1766), La Tour (1704-1788), L.-M. Van Loo (1707-1771), Nonnotte (1708-1783), Valade (1709-1787), Loir (1712-1785), Perronneau (1715-1783), Roslin (1718-1793), Duplessis (1725-1802), François-Hubert Drouais (1727-1775), Ducreux (1735-1802), auxquels il faut ajouter, à la fin du siècle, M”®‘ Labille-Guyard, Vigéc-Lebrun et Vallayer-Coster.

3 12 LA LUTTE DES CRITIQUES d’aRT

peinture avec les idées de Félibien et de Roger de Piles, commençaient à manifester leur désappointement et leurs inquiétudes. Pouvait-on, décemment, laisser le Portrait détrôner la Peinture d’Histoire? Permettre une pareille atteinte aux principes, un tel bouleversement de la hiérarchie consacrée, n’était-ce pas précipiter la décadence de l’École française? L’heure des vaines lamentations était passée. Seule, pensait -on, une réaction vigoureuse des « gens de goût » pouvait endiguer le courant et remettre tout dans l’ordre. La lutte allait commencer.

Nous sommes en 1747. Année mémorable dans l’évolution de la peinture française, point de départ de ce mouvement d’idées complexe, profond, irrésistible, qui, au cours de la seconde moitié du siècle, va transformer l’école. Lenormant de Tournehem, le nouveau directeur général des Bâtiments, qui aspire à la gloire de Colbert, a juré de faire un grand effort pour restituer à l’Académie et au genre historique, qui en était la plus haute expression, leur prestige et leur rang. Seul, il eût sans doute reculé devant les difficultés de l’entreprise. Mais il est soutenu énergiquement par le groupe des gens de lettres, et notamment par La Font de Saint-Yenne, qui publie, justement cette année-là, ses sensationnelles Réflexions^ où il se révèle comme le premier fondateur de la « critique d’art ».

Ce fut Lenormant de Tournehem qui donna le signal de l’ouverture des hostilités contre les portrai-

I. Le titre complet de cette brochure est : Réflexions sur quelques causes de Vétat présent de la peinture en France^ avec un examen des principaux ouvrages exposés au Louvre le mois d’aoust i/pô.

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