‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 137 sur 220 · Lettre à *** sur le Salon de iy · texte numérisé non relu

Lettre à *** sur le Salon de iy

g. Salon de iy63.

CONTRE LES PORTRAITISTES. BlQ

forcent d’atteindre « la beauté idéale », « la ligne vraie », et qui, pour cette raison, leur sont infiniment supérieurs ^ Le continuateur de Bachaumont, qui estime que « les portraits ne peuvent donner aucune gloire à la nation ni à l’artiste », se félicite, en 1777, qu’ « on ait retranché du Salon cette multitude de portraits , dont ce lieu autrefois était surchargé, indice de la stérilité des maîtres et du dépérissement de l’art » « Le Salon offre cette année moins de

portraits qu’à l’ordinaire », lit-on dans le Mercure de 1781, « mais il en contient encore beaucoup trop.» A propos du Folâtrait du comte Potocki à cheval^ exposé par David en 1783, le Journal de Paris observe que tout peintre d’histoire est nécessairement un bon portraitiste, mais que la réciproque n’est malheureusement pas vraie La faveur marquée qu’obtiennent auprès des « gens du monde », vers la fin du siècle, les œuvres de Vigée-Lebrun,

Labille-Guyard et Vallayer-Goster, n’est pas faite, tant s’en faut, pour rehausser le prestige du genre dans l’estime des critiques d’art. C’est un nouvel argument contre le Portrait : il tombe maintenant au rang des ouvrages de demoiselles M

La situation des portraitistes, dans cette seconde moitié du xviii^ siècle, est d’autant plus pénible qu’on leur fait, en somme, un odieux procès de tendance, qu’on les juge les yeux fermés, comme des hérétiques, au nom de la doctrine, et qu’il ne se trouve guère d’écrivains assez indépendants d’esprit pour prendre

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