Légende dorée. De Nativitate Johannis Baptiste, LXXXVI
3. Une chapelle de la cathédrale d’Albi consacrée aux deux saints Jean nous montre, d’un côté, la vie et la mort du précurseur, de l’autre, saint Jean l’Évangéliste dans la chaudière. Cf. H. Crozes, Monographie de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, 1873, p. 92.
Zacharie de la naissance de son fils^ la Nativité de saint Jean-Baptiste^ sa Mort et le banquet d'Hérode; de l’autre, la Vision de saint Jean l’Évangéliste à Patmos^ la Résurrection de Drusiana^ l’Ascension de saint Jean^. Nous retrouvons le même parallélisme à Sienne, dans une chapelle de l’église Santa-Maria dei Servi, construite en i334^. Drusiana assiste à la disparition de saint Jean l’Évangéliste dans un tableau qui fait face à la mort de saint Jean-Baptiste.
Ainsi, par leur sujet, les fresques de la chapelle du consistoire rappellent l’art émouvant de Giotto; il semble qu’elles se rattachent à une même tradition iconographique.
On a voulu jadis les attribuer à ce peintre. La plus élémentaire chronologie empêche qu’on s’arrête, même un instant, à discuter semblable attribution. Le séjour de Giotto en Avignon n’est que légende^. Les peintres d’Avignon sont loin du maître florentin non seulement dans le temps, mais par le talent. Ils
1. Voir A. Venturi, Storia delV arte italiana, t. V, fig. 348 à 353, et André Michel, Histoire de VArt, t. II, 2, fig., p. 817.
2. Guidino d’Accursio légua du moins en i334 la somme de quatre cents florins pour la construction de la chapelle où se trouvent ces fresques attribuées à Ambrogio Lorenzetti. Cf. Venturi, op. cit., t. V, p. 695, 722, note ; voir : Milanesi, Documenti per la Storia delV arte senese^ t. I, p. ig5; E. von Mayenburg, Ambrogio Loren:^etti, ein Beitrag ^pir Geschichte der sienesiclicn Malerei im XIV Jaht'h., Zurich, igo3. — Entre les peintures de Santa-Croce de Florence et celles de Santa-Maria dei Servi de Sienne, la parenté est étroite au point de vue iconographique. Celles-ci dérivent de celles-là. Un détail suffira à l’indiquer ; un joueur de viole qui figure dans la scène du banquet d’Hérode se retrouve ici et là, dans le coin gauche du tableau, avec le même costume et la même attitude.
3. Sur ce prétendu séjour, cf. Bayet, Giotto, p. g; A. Pératé, dans Histoire de VArt, t. II, 2, p. 817; Venturi, t. V, p. 619; Crowe et Cavalcaselle, t, III, p. 92.
AU PALAIS DES PAPES d’aVIGNON. i5
n’ont point ce grand art ample et vigoureux qui sait ordonner les scènes et animer les visages. Sauf dans les scènes de la Crucifixion et de la Décollation de saint Jean-Baptiste^ ils nous offrent des compositions entassées et décousues où semblent manquer l’air et l’espace. C’est avec moins d’invraisemblance qu’on les a attribuées à Simone Martini^, dont le voyage en Avignon semble certain Il y fut amené sans doute par le cardinal Stefaneschi^; une de ses œuvres subsiste à Notre-Dame-des-Doms^
Mais au palais des papes nous n’avons rien de lui. Il mourut vers la fin du mois de juillet et les
fresques de la chapelle Saint-Jean sont probablement postérieures à cette date®. Au surplus, elles sont inférieures à l’œuvre du maître de Sienne.
1. Crowe et Cavalcaselle , Stovia délia pittura in Italia, t. III, p. go; E. Müntz, dans Ga:{ette archéologique, 1886, p. 202, 208; et, en sens cory;raire, Comptes-rendus de l’Acad. des inscr., 1902, p. 237.
2. Venturi, t. V, p. 62g, — Crowe et Cavalcaselle, t. III, p. 90; A. Pératé, dans Histoire de VArt, t. II, 2, p, 853; Milanesi, Documenti, t. I, p. 217-218.
3. Milanesi, t. I, p. 25o; De Niccola, L’affresco di Simone Martini ad Avignone, dans l’Arte, igo6, p. 343.