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Musée d’Orléans'. Son origine est illustre, car elle provient du délicat amateur que fut Desfriches^. L’identité du personnage n’avait jamais été oubliée et les catalogues ont toujours nommé Miromesnil. Le plâtre est identique aux deux marbres déjà décrits, c’est bien le modèle original de lyyS, l’expression du visage se transforme à l’éclairage par les colorations différentes, mais il n’y a aucune variante avec les marbres.
Un troisième marbre du garde des sceaux fut encore entrepris par Houdon; celui-là ne portant pas d’inscription a été longtemps méconnu, c’est sous un nom d’emprunt qu’il figure aux catalogues du Musée de Montpellier. Il est entré dans les riches galeries du Musée Fabre avec la donation de la veuve du docteur Bouisson, morte en 1893. Le savant qui l’avait acquis avait transformé ce magistrat en ecclésiastique, en l’appelant « l’abbé Cochin ». Le rédacteur du catalogue a gardé pieusement cette attribution^. Le costume seul devait faire écarter une pareille hypothèse^. M. L. Gonse, dans son bel ouvrage sur Les chefs-d'œuvre des Musées de France^ en signalant l’erreur, proposait de reconnaître le buste de l’avocat
1. Voir le Catalogue du Musée d’Orléans, par Eudoxe Marcille, publié dans V Inventaire des richesses d'art de la France. Province. Monuments civils., t. I (Paris, 1878), p. i63.
2. Le buste fut donné en avril 1825 par de Limay, née Desfriches. Voir l’ouvrage de M. P. Ratouis de Limay sur l’amateur Orléanais (Paris, 1907).
3. Supplément au Catalogue du Musée Fabre. Collections Bouisson [par P. -J. Itier]. Montpellier, 1896, in-8", p. 22.
4. Un buste de l’abbé Cochin, commandé à Ch.-An. Bridan, qui l’exécuta en 1804, fut placé, par les soins du ministère de l’Intérieur, dans une des salles de l’hôpital qu’il avait fondé {Biographie Michaud, t. V, 1812, p. 58q, et Journal des Débats du 12 janvier 1804). M. L. Gonse l’a signalé {op. cit., p. 265).
Marquis de M iromesnil.
Marbre par Houdon.
(Musee de Montpellier.)
A. -Jérôme Bignon, prévôt des marchands de la ville de Paris, exposé par Houdon au Salon de 1771 K La comparaison avec le plâtre d’Orléans m’avait permis, dès 1901, de nommer le véritable personnage au conservateur d’alors; cependant, M. G. d’Albenas, dans son récent catalogue du Musée Fabre, a maintenu la fausse iconographie^.
Ce troisième Miromesnil de marbre, dont nous publions l’image, est semblable aux deux autres. Nous n’y distinguons qu’une différence : le personnage porte sur la poitrine le ruban d’un ordre de chevalerie auquel était jadis attaché une croix, on voit qu’elle a été grattée. C’était évidemment la croix du Saint-Esprit; Miromesnil fut nommé grand trésorier, commandeur des ordres du roi, le 10 février 1781. De même, sur le revers du vêtement, au côté gauche, devait se trouver la plaque brodée de l’ordre, on sent également que des coups de ciseau l’ont effacée. Le marbre ne porte aucune signature. Sa valeur, la finesse du modelé révèlent néanmoins la griffe du maître. Sans doute, nous sommes en présence d’un travail d’atelier, mais soigneusement revu parle créateur. Ce marbre, qui ne peut être antérieur à 1781, destiné à quelque emplacement officiel, aura été laissé à l’artiste, devenu sans emploi, peut-être après la chute du ministre (en 1787) ; nous proposons d’y reconnaître le marbre qui passait à la vente posthume de l’atelier de Houdon, en 1828, sous le n° 32.
1. Louis Gonse, Les chefs-d’œuvre des Musées de France. Sculpture. Paris, 1904, in-4°, p. 265-266 (planche).
2. Catalogue des peintures et sculptures du Musée Fabre. Montpellier, 1904, n* io58.