I. Archives nationales, H
LES VISITES DU MONUMENT
presque toute la dorure des attributs est anéantie, qu’ainsi plusieurs parties qui avoient été dorées pour produire des effets nécessaires ne l’étant plus, il en résulte un préjudice notable et qu’il conviendroit redorer en entier ledit groupe, les ornemens et les parties des attributs qui l’ont été pour remettre le tout dans un état conforme à l’article 7 du contrat de donation et substitution susdaté; sur quoi, considérant que la dorure du groupe principal est moins endommagée que celle des parties accessoires, parce qu’elle est moins exposée au frottement, que d’ailleurs on peut mettre en considération l’inconvénient des nouveaux aprêts, par lesquels le travail de ce groupe pouvoir être altéré, tandis qu’un grand nombre d’artistes et de personnes de igoût préféreraient de laisser reprendre au bronze sa couleur naturelle par l’anéantissement des dorures, ce qui mettroit le travail du modèle et de la ciselure" dans un plus grand jour, et considérant aussi l’objet de la grande dépense qui seroit nécessaire pour le renouvellement entier de ces dorures, nous estimons, autant que la force des conditions dudit contrat peut le permettre, que la dorure du groupe peut être encore différée, mais qu’il conviendroit renouveller entièrement celle de tous les accessoires, attributs et ornements autour du piédestal.
On peut voir par l’avis que donnent ici les experts que nombre d’artistes, trouvant la dorure éclatante de la statue de mauvais goût, n’étaient pas éloignés de désirer que le bronze reprît sa couleur naturelle. En outre, la principale et l’on peut dire la véritable raison qui avait différé de jour en jour l’opération du renouvellement de la dorure, imposée aux héritiers du maréchal de la Feuillade par le contrat du 29 juin 1687, c’est que ce travail devait entraîner une dépense considérable que les héritiers ne se souciaient nullement de prendre à leur charge; aussi cherchèrent-ils à s’en faire exonérer; des lettres patentes obtenues en avril 1776 par le vicomte d’Aubusson, lettres enregistrées
au Parlement le 22 avril suivant, dispensèrent à tout jamais ce représentant de la famille et ceux qui seraient appelés à la substitution de l’obligation de faire redorer ce groupe, ses ornements et accessoires; conséquemment, lors de la visite du 29 juillet 1777 \ les experts Pierre-Louis Moreau et Louis Gorbet ne purent qu’en prendre acte et, tout en constatant que la dorure était fort terne et altérée sur plusieurs parties, déclarèrent que l’on devait seulement procéder à un nettoyage.
La visite suivante fut faite le 23 janvier 1783^ par les soins de Pierre-Louis Moreau, assisté de Gélestin- Joseph Happe, architecte désigné d’office. Ges experts reconnurent que les ouvrages dont la nécessité avait été exposée par les rapports précédents avaient été exécutés avec une solidité telle qu’ils se trouvaient encore en leur entier, mais que le nettoiement des sculptures et ornements n’avait pas été fait avec assez de soin et qu’il devait être enjoint d’y procéder, de même qu’il fallait se borner à laver et nettoyer le groupe, puisqu’il n’y avait plus obligation de le redorer. En dernier lieu, les mêmes architectes jugèrent à propos de faire observer que les marchandes de marrons et autres qui avaient leurs étalages autour de la grille faisaient du feu dont la fumée pouvait endommager les marbres, attributs et ornements.
La dernière visite du monument de la place des Victoires par l’Échevinage parisien eut lieu le 22 octobre 1788, à la veille de la Révolution. Gomme le groupe de Louis XIV couronné par la Victoire fut renversé à la suite du 10 août et envoyé à la fonte et qu’il ne